Cagnat, René
Musée de Lambèse: promenades archéologiques en Algérie et en Tunisie — Paris, 1895

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I.

LE MUSÉE DE LAMBÈSE

En 1844, le gouverneur général de l'Algérie, comprenant la néces-
sité d'établir un poste militaire à l'extrémité occidentale de l'Aurès,
pour garder la route du Sahara de ce côté, décida la création du camp
de Batna. Cette mesure stratégique eut une conséquence archéologique
à laquelle on n'avait point songé; elle rendit possible l'étude des ruines
de Lambèse. A la vérité, pendant les premières années, les officiers
de la garnison de Batna ne pouvaient guère sans imprudence s'éloi-
gner au delà de quelques kilomètres des retranchements ; rarement
ils poussèrent jusqu'à Lambèse ; ceux qui le tentèrent ne restèrent
que bien peu d'heures au milieu des ruinesMais bientôt, le
pays devenant plus sûr, on résolut de bâtir, à Lambèse même, un
pénitencier : la construction en fut confiée à l'autorité militaire, qui
la fit exécuter par le génie et par la légion étrangère; un détachement
considérable campa sur l'emplacement de la ville antique. Dès lors,
il devenait facile d'explorer les restes imposants qui en subsistaient,
et même d'y faire des fouilles.

L. Renier n'eut garde de laisser échapper une telle occasion;
chargé d'une mission scientifique par le gouvernement, il vint s'établir
à côté des soldats; et, grâce à l'appui qu'il obtint de leurs officiers, et
en particulier du colonel Carbuccia, dont il aimait à rappeler le nom,

(1) Exploration du commandant Delamare, en 1844, et du docteur Guyon, en 1847.
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