Cagnat, René
Musée de Lambèse: promenades archéologiques en Algérie et en Tunisie — Paris, 1895

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c6 LE MUSÉE DE LAMBÈSE

un ex-voto à Jupiter Optimus Maximus Dolichenus, dont un temple
existait à Lambèse, tout à fait contre le mur postérieur de la
maison centrale. On a retrouvé là, il y a environ cinq ans, plusieurs
dédicaces consacrées à cette divinité par des officiers de la légion
Il me paraît probable que ce piédestal provient aussi de cet endroit.

Les dessins gravés sur la face supérieure sont tout à fait inté-
ressants. Ils offrent, réunis et mélangés, les principaux attributs
dont l'art antique accompagnait les figures de Jupiter Dolichenus(2).
Les quelques monuments que nous possédons nous montrent géné-
ralement ce dieu debout sur un taureau, tenant à la main droite
une bipenne ou une masse, à la main gauche un foudre. Sur les
bas-reliefs(3) on voit à côté de lui: i° un aigle, 2° la Victoire avec
une palme qui vient le couronner; 30 le Soleil et la Lune, sous la
forme d'un jeune homme à la tête radiée et d'une jeune fille coiffée
d'un croissant ou portant une torche ; 40 une étoile qui est là, dit
M. Hettner, pour marquer nettement le caractère sidéral de cette
divinité, pour rappeler qu'elle n'est autre que le soleil « sol praestan-
tissimus », ainsi qu'elle est nommée sur une inscription de Rome(4).
Quelquefois aussi on rencontre, sur les monuments du culte de Do-
lichenus, le bélier; ainsi, un ex-voto du musée de Vienne nous
fait voir le taureau qui sert de monture à Jupiter, le sabot droit
posé sur une tête de bélier(5).

Tout cela ou à peu près se retrouve sur la pierre de Lambèse.
On reconnaît très distinctement le foudre dans les trois lignes en
zig-zag, se coupant en leur milieu, qui occupent le centre du sujet.
Perpendiculairement est tracée une ligne droite, accostée de chaque
côté à son extrémité de deux petits cercles inégaux ; on dirait d'un

(1) C. I. L., VIII, 1S222-1S224; cf. Bull,
arch. du Comité, 1890, p. 455.

(2) Cf. SeidI, Ueber den Dolicbenuskult dans
les Sit%ungsberichle dcr Ahademie der Wissens-
chaften de Vienne, 1854, P- 4 et suiw., et
1855, p. 233; Hettner, De Jove Dolicheno
(Bonn, 1877); cf. Overbeck, Griesch. Kunst-

mythol., II, p. 271 et suiv.

(3) Voir surtout deux bas-reliefs du musée
de Pesth (Desjardins, Monumentsépigraphiques
du musée national hongrois, pl. V et VI).

(4) Op. cit., p. 4.

(5) Seidl, op. cit., pl. I; cf. pl. VI, 3.
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