Hittorff, Jacques Ignace [Editor]
Les Antiquités inédites de l'Attique: contenant les restes d'architecture d'Éleusis, de Rhamnus, de Sunium et de Thoricus — Paris, 1832

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CHAPITRE V.

il

m

TEMPLE DE DIANE PROPYLÉE.

1

Jlausanias, dont nous avons déjà cité l'autorité, nous apprend qu'il y avait à Eleusis un
temple dédié à Diane Propylée. Comme le surnom des divinités du paganisme leur était
souvent donné à raison de la situation locale de leurs chapelles et de leurs temples0', il
doit nous être permis d'en conclure que le temple placé immédiatement en avant des propy-
lées était celui que le voyageur grec a dénommé ainsi. Pour preuve, nous nous référons à sa
position au centre d'une plate-forme très-étendue, construite en face de cet édifice, position
d'après laquelle il paraît devoir être compris parmi les dépendances du grand temple.

Cette connexion et le motif pour lequel ce temple pouvait avoir formé une partie de la
disposition générale, s'expliquent par la circonstance que les Grecs regardaient Diane
comme la fille de Cérès, et non comme la fille de Latone(2).

Ce temple est un des plus intéressants, en ce sens qu'il est la seule variante décrite jusqu'à
présent de cette espèce de temples que les Grecs appelaient, selon Vitruve, vaàç Iv itapa<rrac7iv,
c'est-à-dire, présentant sur la façade deux colonnes placées entre deux antes qui terminaient
les murs latéraux de la cella<3).

C'était la plus simple des formes appropriées aux temples pritnitifs de la Grèce. Le tragique
grec fait allusion à une semblable construction dans le dialogue entre Pylade et Oreste, où ce
dernier est informé par quel moyen il pourra obtenir accès dans le sanctuaire et emporter la
statue de la déesse ; on lui indique de descendre dans l'intérieur par l'endroit où les ouvertures
entre les triglyphes offraient ce passage.

Opa 3É y d'ffw Tp^Xucpcov , ê'iroi îtsvov
Aé[*aç xaÔEÏwt.

(Eurip. Ipbig. inTaar. u3.)

(1) C'est ainsi que le Mercure placé près des propy-
lées de l'acropole d'Athènes était surnommé Propyleus ,
Paus. I, 32; et celui qu'on voyait près de la porte du
marché ou agora, Agorœus , ib. I, i5 ; I, II, 9, 7.

(2) Paus. VIII, 37 ; Hérod. II, i56.

(3) Vit. liv. III, ch. 1. « In antis erit œdes, cum habe-
bitinfronte antas parietum qui cellam circumcludunt ?
etinterantas inmedio columnas duas... » Ces paroles font
voir que le temple à antes avait sur la façade deux antes
aux murs qui entouraient la cella, et au milieu entre
ces antes, deux colonnes. La variante dont parle l'au-
teur anglais consiste donc dans la double façade à antes

du temple de Diane Propylée, variante qui peut se com-
parer à celle que présentent entre eux les temples pros-
tyle et amphiprostyle. Le temple d'Esculape à Agri-
gente, qui doit faire partie du tome II de XArch. ont.
de la Sicile, et qui est aussi à antes à la façade princi-
pale, est décoré, à la façade postérieure, de deux antes
et de deux colonnes engagées : c'est donc une autre
variété intermédiaire entre Y œdes in antis de Vitruve et
le temple de Diane à Eleusis, dont celui de Thémis à
Rhamnus , ch. vu, pi. 1, offre un exemple dans toute
sa simplicité. (H.)
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