Hittorff, Jacques Ignace [Editor]
Les Antiquités inédites de l'Attique: contenant les restes d'architecture d'Éleusis, de Rhamnus, de Sunium et de Thoricus — Paris, 1832

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CHAPITRE VIII.

Il n'a été trouvé aucun fragment de l'entablement au-dessus de l'architrave; mais en
fouillant tout à l'entour et en dedans, sur l'aire de l'édifice, on a découvert plusieurs frag-
ments de moulures qui avaient été brisées, et qu'on avait ensuite enfouis dans la vue de
ravir à des voyageurs moins investigateurs les détails qui pouvaient les aider à restaurer
complètement l'édifice. La fraîcheur des cassures montrait que cet indigne outrage avait
été commis à une époque peu éloignée. La corniche de l'édifice a probablement subi le
même sort, et se retrouverait peut-être dans de plus grandes fouilles. Les murs du péribole
qui entourait le temple étaient extérieurement revêtus de marbre blanc, et la surface du sol
compris dans leur circuit était couverte d'une pierre tendre, de même nature que celle dont
les fondations des propylées sont construites. Elle peut avoir été extraite dans le voisinage
du temple, le long du bord de l'éminence sur laquelle il est élevé et en descendant vers le
rivage.

Planche I.

Fig. i. Plan des propylées.

A. Ligne de la fondation en pierre au-dessous des marches de la façade du nord.

B. Murs du péribole.

C.C. Bancs en marbre élevés le long de l'intérieur du portique ; celui du côté de l'est

s'est conservé en entier; il a quatorze pieds neuf pouces de longueur'1'.

Fig. il. Élévation de la façade, côté du sud{ï\

Les colonnes diminuaient en lignes parfaitement droites à partir du sol jusqu'en haut. Les
métopes au-dessus de l'espacement du milieu sont remarquablement moins larges que les
autres. Ce moyen paraît avoir été employé afin de resserrer dans de certaines limites cet
entre-colonnement qui comprend deux triglyphes et trois métopes, et de rendre par consé-
quent moins apparente l'inégalité qui existe entre cet espacement et les autres.

Planche II.

Fig. i et il. L'ordre en grand.

Les colonnes ont vingt cannelures, séparées chacune par un étroit listel(3>.

(i) Nous pensons que les lignes a.a sont l'indication
d'un mur transversal, supposé par les artistes de la mis-
sion avoir été élevé dans cet endroit ; et quoique le
texte n'en fasse pas mention , il est hors de doute qu'un
mur avec des portes susceptibles d'offrir une clôture
nécessaire, devait exister taux propylées de Sunium ,
comme il existait aux propylées d'Eleusis et d'Athènes.
Il est probable que ce mur se trouve placé là où il est in-
diqué, c'est-à-dire, à l'endroit où se terminaient les bancs
encore existants. ( Voyez la restauration, ch. i, pi. vu.)
Il n'est pas dit non plus, dans le texte, si la marche
sous le portique que l'on voit dans l'élévation, fig. n,
se trouve sur une des lignes a.a, ou sur la ligne b, éga-
lement tracée clans le plan original. Comme le plan
n'offre également aucune indication de l'existence de

colonnes intermédiaires entre les murs latéraux, et
qu'aucun vestige de poutres et de caissons en pierre
ou en marbre n'a été découvert parmi les ruines, il est
permis d'en conclure qu'ici la charpente de l'édifice
était en bois. (H.)

(2) La frise, la corniche et le fronton sont restaurés
par conjecture. (H.)

(3) Les cannelures des temples de Cérès, de Némésis
et de Thémis , précédemment décrits , sont aussi sépa-
rées par d'étroits listels ; mais ces listels, qui seraient
imperceptibles à la moindre distance , ne peuvent
être autre chose, dans les colonnes en marbre, que le
résultat de la corrosion de la matière ou de l'inachè-
vement de l'édifice ; et dans les colonnes en pierre, que
l'on sait avoir toutes été revêtues de stucs, que le des-
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