Jéquier, Gustave ; Ägypten / Maṣlaḥat al-Āṯār [Editor]
Le monument funéraire de Pepi II (Band 2): Le temple — Le Caire, 1938

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LE MONUMENT FUNÉRAIRE DE PEPIII.

A
L'époque à laquelle nous reporte le monument de Pepi 11 est une des plus tragiques de l'bis-
toire d'Egypte, celle d'une civilisation millénaire en train de s'écrouler, parvenue au bord de
l'abîme où elle croupira jusqu'à ce qu'une famille énergique la tire de l'anarchie et lui rende
son ancien éclat. En cette Un de dynastie, l'art est également, à juste raison, considéré comme en
pleine décadence, aussi est-ce une véritable surprise de rencontrer dans les bas-reliefs du temple
de Pepi une série considérable et parfaitement homogène de morceaux de sculpture qui peuvent
aller de pair avec les meilleurs tableaux de la dynastie : dans les ateliers royaux tout au
moins, la tradition artistique s'était maintenue, intacte et vigoureuse.
Le premier volume de cette publication donne la description du tombeau royal avec les
inscriptions nouvelles qui y ont été découvertes, le troisième sera consacré aux approches du
temple, portique, avenue et parvis; ce volume-ci contient le relevé et l'étude de tout ce qui est
renfermé dans l'enceinte sacrée, et particulièrement du temple et de sa décoration murale. En ce
qui concerne l'architecture, je me borne à une description générale et aux indications indispen-
sables pour la compréhension de l'ensemble et des restitutions, laissant à M. J. Ph. Lauer, qui
a prouvé sa compétence en cette matière par ses remarquables reconstitutions des monuments
de Djeser, le soin d'approfondir, dans une étude comparée, tous les problèmes techniques que
soulèvent les ruines du monument funéraire de Pepi IL
Les fouilles et déblaiements du temple et de ses abords, entrepris en avril 1926, ont été
poursuivis au cours des saisons suivantes û), conjointement avec d'autres travaux dans la région,
sous la direction habile et expérimentée du reïs Keraïrn Ilamdan, assisté d'une équipe bien
entraînée d'ouvriers de Qouft faisant fonction de contremaîtres. Les travaux de réfection, de
consolidation et de protection ont été exécutés au fur et à mesure, travaux qui sont sans doute
parfois regrettables au point de vue pittoresque, mais qui n'en étaient pas moins indispensables
pour la conservation d'un site antique très éprouvé par le temps. Il s'agissait en effet pour nous,
non de recueillir quelques pièces de choix pour un musée et d'abandonner ensuite l'édifice en
ruines et les morceaux secondaires après en avoir fait le relevé, mais bien de conserver sur
place et de rendre accessibles tous les éléments d'un monument qui peut être considéré comme
unique en son genre puisque tous les temples similaires de l'Ancien Empire, tels que ceux
d'Abousir, sont aujourd'hui privés de toute leur ornementation murale, disséminée dans les
musées.
L'abondance des documents recueillis nécessitant le concours d'un dessinateur de méfier, la
Direction du Service des Antiquités m'adjoignit Ahmed Effendi à oussef qui se mit à la tache dès
l'hiver 1927 à 1928 et fut dès lors pour moi un fidèle collaborateur, s'appliquant non seulement
à la copie servile des reliefs, mais m'apportant son aide de la façon la plus active et la plus effi-
cace dans la recherche des raccords et des reconstitutions. Cette étude laborieuse de fragments
innombrables, de toutes dimensions et disséminés sur une aire de plus d'un hectare, étude pour
laquelle il fallait tenir compte non seulement des sculptures, mais aussi des pierres qui les
portaient, de leur grain, de leur taille, de leurs cassures, cette étude dura plusieurs saisons et
finit par donner des résultats si satisfaisants que nous pûmes enfin entreprendre la reconstitution
^ Pour l'histoire des travaux de fouilles, je renvoie le lecteur à mes rapports annuels, publiés dans les & &?--
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