Revue égyptologique — 12.1907

Page: 213
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/revue_egyptologique1907/0223
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
Les oies de Meidoum.

213

nichent surtout dans le voisinage des eaux douces. Elles se nourrissent principalement d'herbes et de
graines qu'elles recherchent dans les prairies et les champs ensemencés.

Les bernaches, c'est-à-dire les Anséridés du genre Branta, ont le bec beaucoup plus court que la
tête, les saillies latérales des lamelles transverses sont recouvertes entièrement par le bord de la mandibule
supérieure. Elles recherchent également le voisinage des eaux, mais ce sont des espèces plutôt marines
qui se nourrissent de graines ou d'herbes ainsi que d'insectes, de mollusques et de vers. Elles sont bien
moins craintives que la plupart des oies sauvages et se laissent prendre aux pièges beaucoup plus facile-
ment. En automne les bernaches quittent les régions froides et viennent hiverner sur les côtes d'Europe.
A la fin d'octobre ou au commencement de novembre, c'est par milliers qu'on les voit sur les plages de
la mer du Nord, de la Baltique et de la Caspienne. En février ou mars, elles regagnent le nord des
continents asiatique et européen. En Sibérie, Middendorf a trouvé, vers le milieu de juin, de jeunes ber-
naches qui venaient d'éclore.

D'après l'avis de M. le professeur V. Loret, il nous a paru intéressant de résumer la morphologie
générale des Anséridés du panneau de Meidoum et de donner en même temps les renseignements qu'on
possède sur l'habitat et les migrations de chacun. Nous examinerons d'abord les trois espèces du genre
Anser: Anser albifrons, Anser cinereus, Anse?- sylvestris, puis Branta ritficoïlis.

Anser albifrons, Scopoli.

Anas septentrionalis sylvestris, Brisson, Ornithologie VI, p. 269 (1760).
Branta albifrons, Scopoli, Ann. I. Hist. mit., p. 69 (1769).

Anser albifrons, Gouxd, Birds of Europe, pl. 349 (1837). — Shelley, Birds of Egypt, p. 280 (1872). — Salva-
dori, Cat. of the Brit. Mus., vol. XXVII, p. 92 (1895). — Fatio, Faune des vertébrés de la
Suisse, Oiseaux II, 1279 (1904).

L'oie à front blanc ou oie rieuse était bien connue des anciens Egyptiens. Elle a été déjà remarquée
par M. le professeur Lortet \ au nombre des offrandes alimentaires trouvées dans les tombes de Améno-
thès II et Thotmès III à Biban-el-Molouk, ainsi que dans celle de Maher-Pra (XVIIIe dynastie) à Thèbes.
L'une de ces offrandes, remarquablement conservée, était renfermée dans un petit sarcophage en bois,
catalogué au Musée du Caire sous le n° 24052. Les tombeaux d'Aménothès II et Thotmès III contenaient
plus de deux cents quartiers de viande de boucherie provenant d'un bœuf de petite taille, avec un certain
nombre d'os et de muscles fragmentés se rapportant à l'oie à front blanc, Anser albifrons, dont les particu-
larités spécifiques, très bien indiquées sur le panneau de Meidoum, peuvent se résumer ainsi :

Partie antérieure de la tête et front blancs, avec bordure brune ou noire en arrière de la tache
blanche. Tête et cou brun cendré, légèrement roussâtre. Dos et couvertures des ailes brun cendré, plumes
bordées de blanc ou de roux clair. Partie postérieure du dos et croupion noirâtre. Faces inférieures du
corps et de la queue blanches ou gris cendré très clair, avec de larges taches brunes ou noires sur la
poitrine principalement. Bec entièrement jaune. Pieds jaune orangé ou jaune plus ou moins pâle, suivant
l'âge et le sexe. Iris brun. Longueur du tarse 0m063 millimètres suivant Salvador:; de 0m062 à 0m065 milli-
mètres d'après Fatio. Doigt médian avec ongle de 0m068 à 0m074 millimètres.

La femelle est un peu plus petite que le mâle mais son plumage est le même, la tache blanche du
front est seulement un peu moins étendue. Les jeunes ont le corps de couleur plus foncée, avec de légères
taches blanches sur le front. Bec jaunâtre. Pieds jaune pâle.

Anser albifrons habite l'été toute la partie septentrionale de la région paléarctique, de l'Islande à la
Sibérie et au Groenland. En octobre ou novembre elle émigré vers le sud, sur les côtes de la méditerranée
et de la mer Caspienne, dans le nord de l'Inde, en Chine et au Japon.

Son passage a été remarqué, dans l'Europe centrale, vers la fin de février ou au commencement de
mars. A ce moment elle retourne dans les régions du nord où elle construira son nid en mai.

Suivant Shelley, l'oie à front blanc est la plus abondante de l'Egypte actuelle, on la rencontre par
volées souvent nombreuses, mais elle ne demeure pas dans la vallée du Nil au-delà de mars.

1 Lortet et Gaillard; La faune, momifiée de l'ancienne Êgtjpte, 2e partie, p. 297, 1905 (in Archives du Muséum de Lyon t. IX).
loading ...