Texier, Charles
Description de l'Asie Mineure: faite par ordre du gouvernement français en 1833 - 1837 ; beaux-arts, monuments historiques, plans et topographie des cités antiques (Band 3) — Paris, 1849

Page: 138
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/texier1849bd3/0139
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
.38 ;

à Iassus plusieurs grands édifices complètement adossés aux murailles, de sorte qu'on
avait négligé de ménager un pomérium ou chemin de ronde : cela tenait sans doute à la
position isolée de la ville. Dans quelques endroits il y a des casemates pour mettre les
soldats à couvert des machines. Il ne reste aucune trace des créneaux.

Les tours sont massives jusqu'au tiers de leur hauteur; on y arrivait par des escaliers
extérieurs appliqués contre la muraille. L'épaisseur du mur varie de deux à quatre mè-
tres; elle est moindre du côté du port. Les quais de la ville sont construits en grands
blocs de marbre blanc; mais les fourrés de broussailles sont tels, qu'on ne peut les
parcourir dans toute leur longueur. Aujourd'hui l'île de Iassus est jointe au continent
par une langue de terre fort étroite, au milieu de laquelle on voit des constructions
qui ont peut-être appartenu à un pont. Cependant l'île fut toujours séparée de la terre
ferme par un canal. Elle a, à l'est, la petite anse dans laquelle la Mésange a mouillé, et à
gauche l'ancien port. Il est formé naturellement par l'île et la terre ferme ; à l'entrée ont
été établis deux môles : l'un est aujourd'hui sous l'eau, et celui de l'est est encore complet.
Sa longueur est de cent mètres, et à sa pointe s'élève une grosse tour carrée, ouvrage
du moyen âge. La passe entre les deux môles est de 5o mètres. Sur la rive du port,
du côté de la terre ferme, sont de nombreux tombeaux faisant partie de la nécro-
pole.

INTÉRIEUR DE LA VILLE.

Le théâtre est l'édifice le plus ancien et le mieux conservé qui existe «à Iassus. Le
pourtour de la cavéa est bâti en grandes pierres détaille à bossage et sans mortier; la
porte qui conduit en haut de la préeinction est bâtie en pierres appareillées dans le genre
de celles d'Assos. Tous les gradins sont en marbre blanc et décorés de griffes de lion. Le
mur en pente des gradins est oblique à l'axe du théâtre. Les gradins sont encore presque
tous en place; on compte vingt et'un rangs de sièges. Le mur de gauche n'est pas sem-
blable à celui de droite; ce dernier est fait de gros quartiers de pierre a bossages. Un
bandeau lisse, placé à la hauteur du quatrième gradin, contient l'inscription suivante:



ZnnATPO5EniKPATOYXOPHrH5A5KAIArnNO0ETH

SA5KAI5TEcDANHOOPrH2]A2TOANAAHMMAKAITHNEnAY

TOYKEPKIAAKAITOBHMAAIONYSniKAITfllAHMfll

ZwivaTpoî ÈTtixpaxou ^opviyvfcaç xai àywvoÔST/i'caç x,ai <7Te<pavYiçop[7i<ï]aç to àvaXvi(J(.[Aa xai tyiv iiz aÙToO Mfkioa, xoù

to [Ifjua Aiovuco) nal tu o-nfjjuo.

Zopatros fils d'Épicrate, ayant été chorége, et agonothète, et stéphanophore, a dédié à Bacchus et
au peuple cette muraille (appelée analemme), les groupes de gradins (en latin cunei) et la scène.

Si j'ai bien compris les trois mots techniques de cette inscription, ils m'expliquent
la singularité de construction que j'ai signalée (voyez Planche 144J)-> c'est-à-dire que la
partie du mur de soutènement qui porte l'inscription, s étant écroulée, a été réparée
par le magistrat chargé pour l'année de présider aux jeux de la scène.

Les murs de la scène existent encore en partie, mais s'élèvent peu au-dessus du sol.
loading ...