Zahn, Wilhelm
Die schönsten Ornamente und merkwürdigsten Gemälde aus Pompeji, Herculanum und Stabiae: nach einigen Grundrissen und Ansichten nach den an Ort und Stelle gemachten Originalzeichnungen (Band 2) — Berlin, 1842/​1844

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VIII. Cahier.

71. MWe la Casa di Castore e Polluce à Pompéi, découvert en 1828. Un guerrier au repos, de la grandeur de l'original, peint sur un fond jaune, tient dans sa main droite une lance renversée,
garnie d'une pointe de 1er: dans sa gauche, un glaive dans le fourreau. Sa petite draperie, jetée sur l'épaule gauche, et qui pend par derrière sur le bras gauche, est violette. Cette figure
est extrêmement bien peinte; le coloris en est si puissant, qu'on pourrait la placer à côté des plus belles peintures du Titien.

72. De la Casa di Castore e Polluce, découvert en 1828. Un guerrier se défendant, de la grandeur de l'original; de sa main gauche il couvre sa tête de son bouclier: de l'autre il tient son
glaive nu, et se dispose à l'attaque. Comme son pendant de la planche 71, il est peint sur fond jaune; il porte une draperie et un bonnet bleus. Ces deux figures sont placées sur le mur
du péristyle medial (avec la piscine} en arrivant de l'Atrium toscan, immédiatement à droite et à gauche de l'entrée.

73. Paroi de la Casa de'Capitelli colorati à Pompéi, découverte en 1833. En arrivant de la Strada délia Fortuna (Strada délia Porta di Nola), on trouve, à main droite du premier Tablinuni.
cette paroi peinte sur un fond blanc, avec un lambris rougeviolet foncé. Les principaux ornements, comme les candélabres, sont jaunes, quelques-uns cependant sont rouges; plusieurs
colonnes et charpentes sont d'un gris rougeàtre; il s'en trouve aussi de violettes et de bleues-claires; le feuillage est le plus souvent vert: les petits paysages et les chevaux marins au
dessus du lambris sont peints dans leur couleur naturelle: les petits tableaux du haut, avec leurs portes, comme les Diptyques, ainsi (pie les escaliers, les balcons et ainsi de suite, donnent
toujours plus de lumières sur l'arrangement des maisons d'habitation des anciens. Sur cette paroi, la plupart des lignes perspectives se réunissent toutes en un point, daprès les règles
mathématiques de la perspective. Il nous est par là toujours de plus en plus prouvé que les anciens avaient très-bien compris la perspective, fait dailleurs mentionné par Vitruve, Pline et
autres écrivains de l'antiquité. Vitruve rapporte, dans la Préface de son VIIe Livre, que tandis qu'Eschyle fesait représenter ses tragédies à Athènes, Agatarchus en peignait les décorations,
et composa à la suite de ce travail, un traité sur la Perspective. C'est daprès ce traité que Democrite et Anaxagoras ont fait plus tard un second ouvrage sur la Perspective appliquée à la
peinture scénique.

74. Paroi de la Casa del Centauro à Pompéi, découverte en 1829. Cette paroi à fond noir, de la couleur de l'original, d'un caractère simple, mais pleine de goût, pourrait être imitée facilement
et à peu de frais dans l'usage pratique. Elle se trouve dans la chambre à droite du petit péristyle. Cette partie de la maison était probablement destinée aux femmes.

75. De la Casa di Castore e Polluce, à Pompéi découvert en 1828. Ornements de la grandeur et de la couleur des originaux. Les deux ornements d'en haut, sur un fond bleu et rouge, se
trouvent dans le Tablinum, sur la riche paroi dont le tableau principal représente Achille découvert par Ulysse parmi les filles de Lycomède. J'ai donné en entier la paroi à la planche 23.

76. Paroi de la Casa di Apollo à Pompéi, découverte en 1839, dans la Strada di Mercurio, vis-à-vis de la Casa di Meleagro. Les colonnes qui se trouvent sur cette gracieuse petite paroi,
où l'on remarque trois divinités assises sur des trônes, portant des auréoles bleues, sont jaunes, ainsi que leurs piédestaux et leurs entablements; le socle inférieur du piédestal et la frise des
entablements sont violets; les parois intermédiaires en façon de portes, sont de couleur-bois; les panneaux plus grands (échappées de vue) sont bleus, et les petits panneaux intermédiaires,
verts; quelques autres sont rouge-cinabre, le plancher et son socle verts; les trois trônes sont couleur d'ivoire. J'ai donné, à la planche 40, dans la grandeur de l'original, la figure à gauche
qui porte un vêtement violet. La figure du milieu, qui porte un sceptre d'or dans sa main droite, est assise sur un coussin jaune; le vêtement qui couvre les jambes est rouge; celui de
derrière est rouge-laque foncé, et celui qui est déployé sur le dossier du trône, dont un bout pend a gauche est violet; le coussin sur lequel posent les pieds est jaune. La figure de femme
assise à droite, porte une draperie verte, bordée de violet; le coussin du siège est violet; le collier, le bracelet et l'anneau du pied sont en or. Les deux figures d'homme ont des cheveux
bruns; la figure de femme les a d'un brun roussâtre. Plusieurs auréoles bleues, outre celles quon connaissait déjà, ont été découvertes à Pompéi, dans les dix-huit dernières années.
L'auréole bleue se trouve aussi dans les anciennes peintures chrétiennes aux catacombes, ainsi que dans les plus anciennes miniatures chrétiennes.

77. Aase en verre, trouvé dans un tombeau, près de la Casa délie quattro Colonne a Musaico, dans la rue des tombeaux, à Pompéi, le 29 décembre 1837. Ce vase de verre bien, qui renfermait
encore les cendres du mort, est orné de basreliefs blancs, et se trouve présentement au musée royal de Naples. Il est représenté en haut en petit, dans la couleur de l'original; en bas il
est dessiné au trait dans la grandeur de l'original; il consiste en un fluor bleu foncé, transparent, et en un autre blartc et opaque qui le recouvre; ce dernier est ciselé. Ce vase peut
bien être regardé comme le plus beau morceau de ce genre qui nous vienne de l'antiquité, même sans en excepter le vase Barberini, trouve dans l'urne funéraire d'Alexandre Sévère,

- aujourdhui vase Portland au musée britannique, et nous donne une idée de la grande perfection qu^avaient atteinte les anciens dans les ouvrages en verre, Pline XXXVI. 15. 25. D'un côté
sont quatre petits enfants (des génies bachiques), dont l'un cueille des raisins, l'autre porte des raisins dans un vaisseau sur sa tète, le troisième, assis sur un lit de repos, fait claquer les
doigts de sa main droite, et tient dans sa main gauche une petite coupe, tandisque le quatrième, assis auprès de lui, joue de la lyre. De l'autre côté sont également représentés quatre petits
génies, dont l'un verse des grappes de raisin dans un pressoir, tandisque le second pressure avec ses pieds et avec un bâton à fouler, qu'il lève de sa main gauche, en tenant dans sa
droite un petit gobelet, peutètre pour goûter le jus nouveau du raisin; à gauche, sur un piédestal, est assis le troisième enfant, qui joue de la double flûte (tibiae), pendant qu'à droite, sur
l'autre piédestal, est assis le quatrième, qui s'apprête à poser sous ses lèvres la flûte pastorale (syrinx). Les masques des deux côtés, ainsi que les pampres, les guirlandes de fruits et
les oiseaux sont d'un travail extrêmement beau. La partie inférieure du vase est entourée d'une frise contournante avec des chèvres et des brebis sous les arbres d'un pâturage. Lors de la
fouille, la base primitive, qui probablement était en forme d'anneau et en or, et sur laquelle le vase a du être posé, n'existait plus; il paraissait même que ce métal précieux avait déjà été

. enlevé par les anciens, car à sa place quelques briques brisées entouraient le pied du vase, qui lors de la découverte était debout; l'entrée de ce tombeau avait aussi été murée dans
l'antiquité. Ma supposition, que*ce beau vase a eu primitivement une base d'or en forme d'anneau, s appuie sur les observations que j'ai faites dans plusieurs autres tombeaux antiques, ainsi
les petits vases en verre de couleur, trouvés, il y a plusieurs années, dans les tombeaux antiques de Ruvo, et qui se terminaient aussi en pointe, ont été trouvés sur des bases d'or en forme
d'anneau, lesquelles sont conservées présentement au musée royal de Naples. Avant la niche du milieu, vis-à-vis de l'entrée, niche dans laquelle était ce vase, il y avait un petit escalier
sur lequel treize petites statues de dieux, avec deux animaux et un masque de terre cuite, d'une valeur artiale très-inférieure, avaient été placées.

78. De la Casa di Castore e Polluce à Pompéi, découvert en 1828. Dans une chambre à gauche de l'atrium corinthien fut découvert ce tableau, qui est reproduit ici dans la grandeur de l'original,
et qui est d'une extrême beauté. Peutètre représente-1-il Diane et Endymion, ou Vénus et Adonis, ou plus vraisemblablement encore l'Aurore apparaissant à Céphale sur le mont Hymette,
tandisque ce dernier est épié par son épouse Procris. Ce tableau est le pendant du Narcisse se mirant dans l'eau, et se trouve aujourdhui au musée royal de Naples. Le fond du tableau
entier, de l'air aussi bien que des rochers, a un ton froid et bleuâtre, qui tient le milieu entre le clair de lune et l'aube. lia déesse qui descend des airs a les cheveux d'un brun rougeàtre
et porte des bracelets et des boucles d'oreille d'or; elle est vêtue d'une tunique blanche transparente et dun manteau violet bordé de bleu, qui est aussi bleu intérieurement. Le chasseur
assis a les cheveux bruns; ses jambes sont couvertes d'une draperie verte, garnie d'une étroite bordure dun rouge rose; son petit manteau, qui est attaché sur le côté droit de la poitrine
par une fibule d'or, est rouge-laque foncé; les sandales bleues avec des semelles de cuir; les bas sont rouge- laque, et les deux lances sont garnies de pointes de fer. Les deux femmes
aux aguets dans le buisson, dont l'une sera probablement la jalouse Procris, et l'autre celle qui la amenée pour être spectatrice de cette scène, portent des vêtements grisviolets. Le chien
jaune-foncé est peutètre le Laelaps que Procris avait reçu de Minos, et qu'elle avait donne a Cephale. Sur le devant du tableau le sol est vert, et en plusieurs endroits jaunâtre. J'ai
restauré ici le morceau, légèrement indiqué en haut à droite au dessus de l'Aurore, qui manque dans 1 original.

79. Planchers en mosaïque, découverts à Pompéi, et présentement au musée royal de Naples, où la mosaïque supérieure est placée dans la salle des médailles, et la mosaïque inférieure dans
l'avantdernière salle des vases. Ces ouvrages en mosaïque ne consistent qu'en petits morceaux de marbre de couleur (non de verre coloré); ils sont rendus ici très - fidèlement, de sorte que
daprès ce modèle, on pourrait facilement les exécuter dans la grandeur originale.

80. Plans de différentes maisons découvertes à Pompéi de 1833 à 1837. Casa de' Bronzi, découverte en 1833. Casa délia Caccia (di Dedalo et Pasifae), découverte en 1834. Casa délia
Toeletta dell' Ermafrodito (di Venere et di Adone), découverte de 1835 à 1836. Casa del Gran-Duca 3Iichele di Russia, découverte de 1835 à 1837. Casa délie quattro Colonne a Musaico,
au faubourg, dans la rue des tombeaux, découverte en 1837. Sur ces plans sont fidèlement indiquées les places où ont été découverts en ma présence un grand nombre des objets publiés
jusqu'à-présent dans ces huit cahiers, soit les parois entières, soit des tableaux isolés et autres objets. Dans la plupart des maisons l'espace inférieur qui donnait sur la rue était consacré
à des boutiques. On a très - rarement trouvé à Pompéi des étages supérieurs en état de conservation, car la charpente des toits et les autres charpentes sont pourries; cependant, durant
les fouilles, en recherchant avec exactitude, j'ai pu reconnaître beaucoup de restes des parties inférieures des chambres des étages supérieurs. Des fragments de meubles et d'autres ustensiles
de tout genre, qui nous font connaître toujours davantage la vie domestique des anciens, ont été trouves en grand nombre dans chaque maison. On découvre à Pompéi presque dans chaque
maison des squelettes d'anciens habitants. Les anciens avaient consacré un soin tout particulier à l'eau, car presque dans chaque maison il y en a de trois espèces différentes. 1° Véritable
eau de source de puits; 2° l'eau amenée par des conduits de plomb des hauteurs du Vésuve ou des environs de Sarno, et qui servait en même teins à former des jets-d'eau; 3° eau de
pluie, qui se réunissait dans la citerne sous l'impluve, et qu'on y conservait. Il y a des puits à Pompéi, d^une profondeur à peu près de 100 pieds, qui étant couverts pendant l'éruption,
contiennent encore maintenant la meilleure eau potable; j'y ai moi-même, chaque jour, pendant plusieurs années, bu l'eau d'un puits antique, dont la nature était quelque peu ferrugineuse.

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II.
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