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L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,2.1899

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https://doi.org/10.11588/diglit.34202#0053

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LF COACOUD^ DL DACADD^
DL Z/1 V/ZZD DL PAD/^
Les résultats du concours de façades ouvert par
la viHe de Paris, sont aujourd'hui connus. Six mé-
dailles d'or ont cté attribuées aux architectes dont
les noms suivent
M. Guimard, pour sa maison, 16, rue Lafon-
taine.
M. Marquet, 2oq, rue de Grenelle.
MM. Bunel et Dupuis, avenue d'Antin.
M. Breffendilhe, i8,rueCroix-des-Petits-Champs.
M. Debrie, 24, rue du Roi-de-Sicile.
M. Rabier, 8^, boulevard de ia Villette.
Voilà donc gagnée la grande bataiiie iivrée au
vieil art par M. Hector Guimard dans ie Castel-
Béranger.
Un jury de conseillers municipaux et d'architectes
ofhciels peut aujourd'hui distinguer une œuvre si
neuve, d'une pensée si hardie, sans crainte de pas-
ser pour trop révoiutionnaire. Allons, tout vabien.
Encore queiques années, et nous verrons Paris se
couvrir de constructions qui seront tout au moius
de notre temps !
Nous ne parlerons pas à cette place de 1a maison
de M. Guimard, qui vient de faire au salon du
une exposition surlaquelle on trouveraplus
loin un article. Elle est d'ailleurs aujourd'hui con-
nue de tous ceux qui nous lisent.
Nous avons été voir les autres façades primées.
Ce sont des constructions quelconques, telles qu'Il
s'en est ëlevé des centaines dans Paris depuis qua-
tre ou cinq ans. Si toutes celles prësentëes au con-
cours étaientde cet ordre, — ce que nous ignorons
— le jury a dû se trouver assez embarrassé de
choisir ; le parti le plus sage eût peut-être été de
se rappeler 1e <K Barbe-Bleue ^ de MM.Ludovic Ha-
lévy et Meilhac, décidant que 1e prix de vertu à
décerner entre ses vassales sera tiré au sort. La
façade de M. Breffendilhe, qui a fait quelque bruit
ces derniers temps dans les cénacles plus ou moins
ofhciels d'architectes, n'est qu'un méli-mélo rou-
blard des plus récents progrès dela constructionet
des lieux-communs les plus rabattus de 1a décora-
tion ; l'art dontelle relève est surtout celui d'accom-
moder les restes. Dans celles de M. Rabier et de
M. Marquet, moins prétentieuses, 1e bon et même
habile groupement d'ensemble est gâté par la dé-
plorable banalitë de 1a sculpture ; et avec ceile de
MM. Bunel et Dupuis, on tombe dans l'indigence
classique de l'architecture de compagnie d'assu-
rànces.
Le Castel-Bëranger mis à part, Ia seule des fa-
çades primëes qui nous paraisse se distinguer réel-
lement par des qualités à signaler au public est 1a
plus modeste en apparence de toutes, celle de
M. Debrie, rue du Roi-de-Sicile. Elle ne prëtend
certes pas au rang d'œuvre de novateur ; mais du
moins, presque tout y est rëglé par un goût sûr et
un sens juste des convenances. Avec son fond
de pierre blanche résolument uni, duquel saillent
seulement quelques balcons bien répartis sur la

surface, cette façade possède dans sa simplicitë,
autant de relief que d'autres dans leur compli-
cation. Dans la sculpture, concentrée sur les
consoles portantes et deux ou trois autres points,
M. Debrie a eu 1e bon goût d'éviter sauf deux
ou trois cartouches malencontreuxdontla présence
surprend dans cet ensemble —- ce matériel suranné
de feuillures et d'attributs dont nos yeux sontrepus
jusqu'à l'ëcœurement ; on y voit un effort vers un
modelé plus simple, mais moins vulgaire et donnant
plus fortement l'impression. La ferronnerie desbal-
cons, agréablement dessinée, relève bien l'ensem-
ble. Bref, lafaçadede la rue du Roi-de-Sicile est
bien celle qui convient à l'immeuble d'un quartier
sinon pauvre, du moins très modestement habité :
parfaitement simple,sans prétentions hors de place,
mais sans nudité et quant mème pittoresque. Les
propriétaires qui ont à faire construire dans de tels
quartiers feront bien d'aller la voir : elle sera pour
tous une leçon de goùt — et de bon sens pour
qnelques-uns.

DADOY/7/OlV DD M. D*. GD/MADD
M. Hector Guimard, l'architecte du Castel-Bé-
ranger, a ouvert le 4 avril au salon du une
exposition qui durera un mois.
M.Guimard y aréuni des fragments ennature de
la feronnerie, de 1a serrurerie, de 1a menuiserie, de
laverrerie, etc., imaginées pour la maison de la
rue La Ifontaine ; des meubles, des tapis, des vases
et des bibelots faits d'après ses dessins, bref, une
foule d'objets propres à'donner l'idée de ce qu'est,
dans sa conception, une maison répondant aux be-
soins et aux idées de notre époque. Les murs du
salon sont revêtus des feuilles du luxueux album
dans lequel M. Guimard a fait représenter jus-
qu'aux moindres dëtails de son œuvre.
La maison de M. Hector Guimard, qui vient
d'être primée au concours de façades ouvert par la
ville de Paris, n'avait pas besoin d'être distinguée
par le jury pour être connue de tout ce qui s'inté-
resse à l'art non seulement à Paris, mais dans la
France entière et même ailleurs ; c'étaitdëjà chose
faite. 11 n'y aura néanmoins qu'une voix pour ap-
prouver cette consécration ; car quelle que soit
i'opinionqu'on se fasse de cette œuvre suivant
ses convictions et ses goûts, l'on ne peut pas n'y
point voir l'expression d'une pensée forte, haute
et sincère, d'une probité artistique se refusant à
tout compromis, d'une volontépersévërante à cher-
cher non une renommée éphëmère dans quelques
nouveautës propres à hatter 1e goût des masses ou
le snobisme, mais la formule d'art qui convient à
son temps.
Un fait donnant la mesure de l'ensemble peu
comtnun des qualités déployées par l'auteur du
Castel-Bëranger est que cet immeuble de rapport
ort tout est neuf, fait pour la première fois, depuis
le gros-ceuvre des murs jusqu'au dernier piton de
tapis d'escalier, où pas un seul modèle courant
d'aucune industrie n'est employë, où l'appareilleur,
 
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