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L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,2.1899

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https://doi.org/10.11588/diglit.34202#0259

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-^^TL'ART DÉCORATIF<^^-

Eniin, un homme intelligent et artiste, M.
le Comte Sparre, directeur de la Société «Iris»
à Borga (Finiande), s'assura ia coilaboration
de Finch et le chargea de fonder et de diriger
les ateiiers de cëramique qu'ii adjoignait à ses
autres instailations d'art industriei.
Dans la fabrication ordinaire de Borga, Finch
obtient par la simple disposition des pièces
dans ie four et la même composition d'émaux,
deux séries bien différentes: l'une, aux coio-
rations vives, à i'émail iuisant; l'autre, d'aspect
mat, parfois rugueux et rappelant la contexture
du grès: ce sont celles préférées par l'artiste
dont la préoccupation du moment est de
réaiiser dans i'art du potier toutes ia combi-
naisons qu'autorisent ies tecbniques des tempé-
ratures moyennes. Dans les essais qu'ii nous
a été donné de voir s'accuse toujours davan-
tage ia nette et rare personnaiité de A.-W.
Fincb. G. LEMMEN

ORNEMËNT FLORAL,
ORNEMENT LINÉAIRE.
n peut dire, — et c'est un
bonbeur — que les tbëories,
qui conduisirent ia peinture
et la scuipture à trop sou-
vent se transfornrer en une
vaine iittérature au iieu de
se contenter d'être une joie
de la vie, n'ont pas eu de prise sur i'art
appliqué; ou du moins, qu'elies n'ont pas sur
iui i'inbuence qui, dans chaque Salon de pein-
ture, se révèle par de si tristes productions.
Une seule question soulève dans i'art appiiqué
des quereiles cbaque jour plus aigues, qui rne-
nacent de diviser ies artistes en deux camps
enemis. Eiie a trait au caractère, ou mieux,
aux éléments de i'ornement. Les uns prëtendent
que ces èlèments ne peuvent ètre pris que dans
ia nature visibie, que ia fiore et la faune suiîisent
à eiles seuies à toutes les conditions à rempiir
par i'ornement de surface, pourvu qu'elies soient
stylisèes par une main experte. Les autres ne
veuient pas entendre parier de la nature; iis
aifirment qu'ii faut èviter tout ce qui rappeiie
ia piante ou d'autres crèations natureiies, et
que ie saiut ne se trouve que dans ia ligne
abstraite. La dispute est sortie des œuvres
des artistes belges, à ieur tête M. Van de
Veide, dont ie système ornementai provoque
d'un côté l'enthousiasme, de l'autre des con-
tradictions vioientes, et dont on a iait le re-
prèsentant, ie bouc ëmissaire de i'ornement

abstrait; à tort, car ce n'a jamais ètè i'intention
de cet artiste de provoquer un dèbat de ce genre.
Quoi qu'il en soit, ii faut s'attendre à ce que,
de même que la peinture vit naguère le com-
bat des rèalistes et des idèaiistes, l'art appiiqué
devienne le champ de bataiiie des «Aoralistes»
et des «Ünèaristes».
11 n'est pas besoin de dèmontrer que cette
nouveiie distinction n'est pas rnoins vaine que
ia première. Au fond, la raison qui sèpare les
deux camps reste la même. Aujourd'hui comme
aiors, c'est sur le choix du sujet de l'œuvre
d'art que porte ia contestation. Jadis, le
peintre ètait bon ou mauvais suivant qu'ii
peignait ou ne peignait pas ia nature telie
qu'eiie est, qu'il montrait en elie ceci ou celà,
qu'il en en faisait voir ceux des aspects qui
piaisaient à l'un ou dèplaisaient à l'autre. Tandis
qu'il n'aurait dû s'agir que du «comment?»;
c'est-à-dire, si la peinture est bonne ou mau-
vaise, et non du sujet dont l'artiste a fait choix
pour le peindre.
Comme nous sommes tous enfants d'une
seule et mëme nature, il serait impossible d'ima-
giner quoi que ce soit qui ne dérive pas d'une
forme naturelle; d'inventer quelque chose qui
n'aie pas son origine dans les extériorités que
nous percevons par nos sens. 11 n'y a donc
pas, il ne peut y avoir d'ornement abstrait dans
le sens absoiu du mot. Tout ornement dërive
nècessairement d'une forme concrète. La plus
bardie des fantaisies du plus bardi des fantaisistes
ne pourrait rien engendrer qui soit compiètement
en-dehors de la nature. On a pu enfanter
le fabuleux, le merveiiieux, en crèant des
formes qui ne se rencontrent pas dans la rèaiitè;
mais la fantaisie qui crèa ces formes a toujours
pris pour embryon des iormes que l'œii avait,
consciemment ou inconsciemment, vues dans
la réalité. L'animal fabuleux des vieilles
lègendes, par exemple, n'existait pas dans le
monde rèel; chacun de ses membres, sa tête de
lion, son corps de serpent, ses griifes de croco-
dile fut emprunté à des aninraux existants. Celà,
c'ètait la fantaisie — qui n'avait pas besoin
d'être de l'art, — un procèdè que les prêtres
des religions antiques employèrent d'abord pour
tenir les peuples en respect, et qui servit plus
tard à d'autres buts. L'art, au contraire, c'est
l'œuvre du sauvage habile, gravant sur ses
arnres, dans ses heures de repos, des ornements
qui lui rèjouissaient l'œil; ce sont aussi ses
eiforts à si bien perfectionner cette arme,
qu'elie frappàt sûrement son adversaire à rnort.
Puis, ce sont les murs de la butte qu'il fallut
orner; on peignit ou l'on sculpta dessus quelque
reprèsentation de ce que les yeux voyaient.
Mais comme la surface qu'on ornait ètait
 
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