Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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stui e.

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LES FABL.ES.

làoùlerenardmenc le premier bransse. Car Æsope en laplus part de ses ar-.
gumens &subje£ts,vsc du ministerede ce cauc &C ruzé beitiaI,tout ainsi que
la Comedie fait dc Dauus.

ANNOTATION.

Fhthonivs Ie Sophiste, en ses progymnasmates ou rudimens, tout au com-
mencement'd’iccux, ditde lafable cequi s’ensuit. Lafableefl'pnrai. rtm.ntvem'é
des Poetes mais ellc s’cjlj/uis apres commmiquéc aux Orateurs & Rhetoricïens ,pource qu’on
lanjoyoii «ssreproprc à itssruirelaieuhejje. Grcest'vn comÿte sa:£tàplaissr, sermnt comme
d’ojnc iwage àriprefenterce quiefl'vcntable: estant appcllec Sybaritique, Cilicienne, ér Cy~
prioiteipcur auoir rcceu cette dtjjerencc de ricms des ïmcnteurs Jicelle. Maispource qu Eflope a plus naïsue^
mentquenulausre eflcrit lesfiennes, elleaaujiiobtenud'eftrepluftoftditteEfeopique. Aurefteelleeftde trois
Jortesi Rationelle, Morale, & Mejlée. L a Rationelle eft celie-la eu l’onseint quelque chofe efetre faitteparles
^perfeonnes : La Moràle, qui mie lcs manieres de saire des animaux non sufceptibies dc la ratfon:'JMeflée,qui
participe dc toutes les dcuxi kJçauoïrdcs bftesbrutes.&creaiuresrassonnablcs. £>uesi l’admoneftement eù
exhortation va deuant pour laquc llt la sahle eftdrefeée, vom la pomez» nommer Auant-sable. Et fevous U
mettescapres, ccjèra vne Arneressable.

O r 1 ogt e l compte &estime faisoient îes fagesanciens d^Æsopé&desesfabîes, Platoa
nous lc donne astez à cognoistre tout au commencement deson Phedon ; en ce que Socrates
vn peu auant sa mort, s’occupa à mettre en vers quelques-vnes d’icelles ; pouste à celade cer-
tains admonestemens en soliges ^d’appliquer de là enauantsonesprità la poësie& musiques
premierque de s"en aller de ce monde. Mais Philostrate en ia vie d’Appollonius liure cin-
quiesme, s’est fort elegamment dilaté làdestuso
D e l a (dit-il ) Us vindrentà Cathane, ou ils euyrentleshabitans que le geantTyphœus eftoit empri~
feonnélà aupres : Et que cesso it d’oùprouenoit ie scu qui brusloit ainfila montagne d’Aetna. Au moycn dcquoy
chcïchans de ccla les caujesplus apparentes & comcnables aux Philofephes flc mirentà en demJer.Àpoliomm
prenant là defefm la parok, interrogea Jes compagnonsen cettefeorte : Le dtjcours &proposflabuleux votes jem-
ble-ileftre quclque chofe? Ouy de rvray)rcJ]?ond Menippm : Car les, Poetes l’apprenncnt)& enfeùuent. Et d’Ae-
Jope,qu’eft-ce qiïilvottsen fèmbk ?Vn Poete (ce rcfeond l’autre) cntierementsabukux.Et defessahles> n’ett

da Apollomm) quelles vous Jcmblent les narrations ? Desgrcnoutlks, dit Mcnippusftes afaes>& autres telles
badineries>qu on doit rac opteraux vieilles &petits ensans. Mais au contraireyepliqua ApollorimsJ eftime les
sablesde cettuy-cy yftreplusproprespourla fapïence quedcpas vn detous les autres. Carcelles qrii àritesle for~
gées des Heroes, defquels despehd tout lefubjeci dcs Poetcs>ne sontque âesbaucher les oreilies des cjcoutansc
leurposantles illiaîc s amours de cesgens-la ; commeles mariages des freres auec leurs sceurs; des calomnies
emiers les Dieuxt auoir mangé jes ensanspropress des trahifens vilaines & indignes ; & des querelles à tous
propos les vns contre les autres. Car tout cecy venant à eftre allcguedes Poetespourchofe vraye & qrit aiteftê
autresois, iï mduit les ho?nmes à l’Amour, & à conuoiûjc des richejfees> & domination cnepenfeans pointcom-
mettre aucunesaute,fien ce saijànt ils imitent les Dieux. Là où ^Aesope pour s’accofter de la sapience>enpre-
mier lù u ria point voulu enfuiure ccux quiparlent de cettc feorte'mais a trouué vne voye àpart foy. Etlà defsusy
aujü bienque quelqrivnqui traiiieroit auecde bonnes & exquifs viandcs, tres-bicn appresiéesy ccux qriil
auroitinmtez à vn banquet>auec de sortpetïtes chofessait comprendre iene (cay quoy degrand. Et vous ayant
proposéd’enire ccrtainspropos sabuleux, monftreparlà ceqritl saut satre.ou nes urepas. ^Au moyendequoy tl
atteint (ce me femblc) pius prés dt la venté que tous les autres Pcetes : Itsquels commepar sorce veùlentsiaire
croire, que ce qriils dient eft veritable. Et cettuy-cy mettant en auant vn difcours Jequel (comme de vray iieji)
chacundepnme sace cognoiftbienestreseint & controuuêpar luy> donne à cognoifre ie ne flay quoy deveri-
table auoir cfte dit jôttbs le manteau & couuerture des chofes qui ne fontpoint. Les Poetes dauantage, apres
auoir racomptê leur fable aux cfcoutans, lcur laijfent à examiner >fe elle eftvraye>ou non : & l’autre racom-
ptant vne choje faujfee, & rccueillant de cela certains enfetignemens&preceptes pourles mænrs, monftre k
feens de ce saux langage fe deuoir appliqnerà quelqneprosit&vîïlite. Cecy csioutre-plusfortplaisant en Aejo-
pe, qu’il vous introduit des chofêsparlantes, qui n’ont aucun v 'age deparole:faifàns entre elles le mesme, que
lesperftonnes doiuent saire àbonefectent. Tellement que dés nosire ensance, eftans accouftumez, àcela ,* voire
nourris dés le berceau, nous venons tout depleme arriuée à conceuoir de là vne opinion dc chaque animal: qriil
y en a parmy eux de royaux, ks autres sots & htbctcz, lesautres ftns & maltcieux, les autresftmples &ai-
fecz, à tromper. En apres quand les Poetes ont dit qu’ily auoitplufeeurs fiortes de demons, ou ie ne flay quoyde
femhlabk, fàns plus auants’expliquer fà dejfeus j ils en ont laifeé Pintelligence mparfmcïe : là oùÀesipeap-

propruwt
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