Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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d’appcller nul des Dieuxfigdurmand : ie ?nen deporte, carquelque mal-heur ne faut d’amuer hienfouuen*
aux mefdisians. Et de faics,sipas vnfeulde tous les mortels fut oncques honorédes Dieux concicrges de l’o-
lympe, certes ça efté ce Tantale : mais ilnepeutdigercrson bon-heur ; ains pour en eftre trop siaoul, receut vn
tres-grand dctnment, cn ce que Iupiter lepere de tous, luy a fiustendu vne grojsie pierre, laquelle cuidant di-
uertïr de deftsts fta tefte, il'faut toustours deparuenir à cequ’il deftre. Il sonjfre doncques vn teltourment mifè-
rable, saijànt le quatriesme auecques trois autres ,sinsy pouuoir trouuerremede ; pource quayant deftrobê

quoy les immortels renuoyerent derechcfftonsils icy bas, au genre humain desipeu de durée. Cettui-cy ensscur
d'aage, quelepoil-folde sapnme-barbe commençoitàluyhorder le menton noircisiant,sèpourperifavnma-
riagctoutprest;d’auoirà semrne l’illuftreHippodamie,la demandant en mariage à ftonperele Roy de Vifte;

(jr là dejfus, quilft promenoit toutjèuletle longde la chemiè marine, à wuoquerlc porte-trident Neptune > d
comparutaufiitoftàftavoix,toutprochedeluy. Silesdouxossiroys deVenus (ce luyditPelops) tereuïennent
à gré, deftournc la lance d'Oenomaus ,* & me tranftnets Jùrtes vistes chariots en l’Elide, m’aduançantla vi-
Ûoire. Car cettui-cy qui a mis à mort treiz>cpoursuiuans de sasille ,prolonge encores fes nopces. Legrandperil
ne s’heberge pus volontiers en cœurlafthe. Etpuls quepar necesiitè aufii bien conuient-il mourir,à quelpropos
voudroit quelqu’vn pajser inutilement sa vieillejfe en tenebres, dejlituéde tout honncur ? Parquoy ie me ha-
z>arderay à cetteaduanture,ilesten toy dem’en donner vneijsuèagreable. Il dit cela ; &Jèspneres nesnrent
pointsans cjfeff : car ce Dieu l’equippant, luy donna vn tres-beau char dorè, çf des cheuaux infatigables à la
courfe isi bien qu’il acconceut Voutrageux Oenomaé, & ejjousta lapncelle, dont il eutsigrands Capitaines,foi-
gneuxde toutes fortesde vertus.

N e p t v n e ramene le chauderon & Clotho. Toutc PAntiquité a feint estre trois Parqucs ou
Destinées, dontdepend le coursentierde laviehumaine; Clotho, Lachesis,Atropos: appel-
léesParquesparvne antiphraseou locution contraire,pourcequelles nepardonnentàpcr-
sonne : oubien selon Varro,de cemotLatin P^m^c’est àdire enfantement. Carcommedit
Fulgentius en son Mythologique xAaQd, qui signifie euocation, esi: celle qui tire ôc appelle la
creature hors du ventre de la mcre, làoùsoudain qui est le sort ou aduenture,la reçoic,

3c luy file 3c dispose le cours de sa vie,toutainsi qu’il se doit pasieri à la sin duquel,quand l 5heu-
re est vcmicsirep™>Ç cn couppe à vn instant le filet,sans loy ne sans ordre,ainsi que porte le moc.

Platon Pappelle autremcnc djuaTuçpotpoç, tncommnable. Mais ces Allegories de Fulgentius ne
conuiennentpas biendu toutauxtraditions des Grecs: lesquelsderiuentcemot-cy de /uç'ieth
c’efi: à dirc Parque-, du verbe fjipieJojuctjs,ou/umejia), qui signisiediuifer, pourcequ’elles distnbuent
3c departent à vn chacun la destinée qui luy appartient. Clotho, de cnwîyNa^, 3c ^wucipi^
enuelopper, de(vuider,&empaqueter. Lachesis, de /\gcyyjv<{v to atteindre sa destinée, ou

aduenir au sort. Atropos, quafî drpî-dsoç, ïnconuertible.

A ce propos Plutarque au liure qu’il a fait, delasace qui apparoistdans leronddela Lune,âk cecy. Plvtarqvs:
Le Soleil ne prend rien, maisil reçoit i’mtellelï qiiila donnè. La Lune prend& donne, ajsemble & distoint
par des facuitez> dijferentes : appellée Lucine quand elle vnist > Diane quandelle separe. Etdes trois Parques,

Atropos logée tout aupres du Soleil, donne le commencement de naijsance : Clotbo chariée & conduite à l’entour
àe la Lune, lie & mejle : Lachesis, la derniere des trois, attouche à la terre> &participe beaucoup de la sortune.

Çarce qui n’a point d’ame, n’estpas enfon proprepouuoir &jranc arhitre, ains estfoubsmis à soujsnrde quclque
autre. L’inteileci apuijsance entiere ,Jans eftre subjeffà ritnendurerd’ailleurs :l’ame eftiene sçay quoy de
meslé & moyen > tout ainsi qu-e la L une a eftèmejlèe de Dieu & des chosès d’enhaut & d’enbas > eftant enmeft-
me consideration & degrèenuersle Soleil,que la terreestà l’endroitd’elle. Plus au trai&é de Pesprit fami-
lier de S ocrates. Ily a quatreprincipes de toutes chojès: lepremier,eftceluy de vie: le Jècond,de mouuemcnt:
le troïsiejme, de generation : & le dernier, de corruption. idvnité ioint & ajsemhle le premier auecqucs le f-
cond,en cet endroit du monde qui est inuisthle: l’intellect,le Jècond au tiers,au SoleihU nature,le tiers au quart»
cn la Lune. De chacune desquelhs liaifons, l’vne des Parques,ftlle de la neccftitè, a U clef : à ftauoir de laprc-
miere, Atropos: de la feconde, Clotho : &ftnalement Lachefts, de cellequi eften la Lune, ou commence le tour
pourveniràlageneration. HesiodeenvnendroitdesaTheogonie,fait les Parques estrefillesde
la Nuiâ: 3c d’Herebus ( c’est le fonds des enfers ) à cause de Pocculte 3c caché eised des desti-
nées. Mo'içaç stj mç&ç \ymctTo vr\Xeotto'ivvç: les appellans non sans cause cruelles, à quoy se con-
forme Petymologie de Parque. Mais puis apres il les attribuë à Iupiter 3c Nemesis ( la diuine
indignation 3c vengeance ) dont entr’autres enfans il auroit eu,

Mo'i&tç ô’ cùç 7ikeiçlw 'nylw 7rope /uytistu (Jstç

KÀcodtû t3, /siyçaiv ts , ctr£$7rov.

Cela pourroit estre cause que Pausanias en ses Eliaques dit, qu’en P01ympie,és barrieres dont
on lasche les cheuaux à la course, il y auoit vn autel dedié à Iupiter Mxragetes, c’est à dire con-
dudeur desParques:&: és Phocaïques(comme tesmoigne aussi Plutarque en la signisication de
ce mot e 1) dans le temple d’Apollon en Delphes,il y a deux statuës deParques tant seuleme»^
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