Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

Page: 199
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/artus1629/0221
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
HYA CINTHE. m

quipajfoitchemin. Le eventfemït àsoujjler detoutefaforce3 lepajfantàfe
rejferrer dedans fon 'manteau 3 l’esireindre deplm fort en plm fort. Mais
quandle Soleil eut defloyé l’<vn de fes plm chauds & ardents rajons defm
luj 3alors il quitanonfeulement lamanteline 3mais iuppe Os pourpomt encore.
Ce qui nefipas fans quelque fens myfiique cachélà dejsom>

I s e z en cet Hyâcinthe, parce qu il est escrit, 8C tes-
moigné d auoir cst é procreé de la terre^pour lamour
d’vn beau ieune fils, qu ilpleure &C regrette quant SC
le Printemps: ayant (à mon aduis) pris sa naissànce de
luy apres qu il fut mort. Mais lie vous arrestez pas à
cette prairie, où la plante est Venue, toute telle que la
terreTapoussee dehors. De faicSt cette peinture nous
dit que la cheuelure du Iouuenceau eftoit de coulcur
de Hyacinthe5&: que le sangencore plein de vie3com«
me le tcrroir le humoit, colora la sseur à quelque sienne ressemblance : car il
se mit à couler de la teste incontinent que le Disque vint tomber dessus. Fau-
tecertes bien lourde 5 &C quon ne deuroitpascroireaisément d'Apollon.
Mais pourautant que nous ne sommes pas icy venus en intention de repren-
dre les fables, ne disposez à incredulité, ains spe&ateurs seulement des pein-
tures, nous examinerons vnpeu le tableau : &C lahausse premierement dont
Ton iette le Disque. Cette hausse est reduite à petit volume, qui peut tenir
toutesfois vn homme debout 5 là où surleuant la iambe droite reiettée en ar-
riere, elle fait pancher le deuant, &C hausse en làir Tautre iambe qu’il faut quî
sàduance5& marche quant &lamaindroi£i:e. Maislegestedeceluy qui
sousticnt leDisque est tel, que foriettant la testehors d’iceluy esseué, il la
courbe sur le cost é droi£t 5 tant qu il vienne à regarder par deisous ses costes3
&C qu’il le iette commepuissant, 8C s efforçant detoutesses parties dextres.
De cette sorte aucunement aussi Apollon le lance : car en autre maniere il ne
leustpasenuoyéegueresloin. Orquandilestvenufondresurlàdolescent,
ce pauureieune Laconien est demeuré estendu làauprés àlarenuerse5 ^uec
vne greue droite 8C fort bien exercitée à la course 5 s esueillant defîa le bras;
&C soubsmonstrantîa belle forme de ses ossemens. Mais Apollon se retourne
delàutrepart, estantsurlabutteencore, SC abbaisse ses yeux contretetre;
vous diriez qu il est tout transi, tant il est estonné. Et certes Zephyre est par
trop rigoureux 3 de luy auoir porté vne telle enuie 3 &C voulu reietter le Dis-
que sur le iouuenceau. Cela neantmoins ne semble au vent quVne risée £>C
passe-temps : car sàstant perché au haut vne guette, il ne s en fait que gau-
dir &C mocquer. Et vous le voyez bien là ( ceme semble ) les temples empen-
nées dàisses, auec vne delicate mine; lequel a dàbondant vn beau chappeau
de toutes (brtes de sseurs sur la teste 3 là où il doit bien to st encore entrelasser
l’Hyacinthe.
loading ...