Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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GLAVCVS LE PONTIQVE, 4Is

Et mmerare etiam 'verfantcù littore puppes.

Hic simul oppostas moles ,fmul edita fkxa
Incerta montes acie penetrabat ad irnos,
i^Altdque fecretxseffabat 'vifiera terra^

Âéra per purnm velutï, 'vitredsue per vnd.cs.

Car Glavcvs le Fontïquefimonssre a euxpsue l'on dit auoir âutrcssois babitêen î'anctenne Àn~
tbedon, &c. Au Grec il y a o&trcLs amvlçyïsiiïitoç o vdimoç. I’estime que ce mot de wTjoç,que i’ay

tourné Pontique, aestémisicy àtrois fins toutensemble: l’vne pour denocer que ce Glaucus
(comme aussi le contexte le porte) estoit d’vne veuë hideuse, terrible &: espouuentable: l’autrc
pourcequil conuersoitd’ordmaireenlamerde Pont:& la tierce,àladifFerence d’vn autre
Glaucus fils de Minos : &: d’vn encores fils d’Hippolochus», dont il est fait mention dans Ho«
mere. Au demeurant lesGrecs ncsepeurentoncqüessaoulerdetirer, voirelesmoindres &c
plus vulgaires choses à des propos fabuleux hors de toute verisimilitude Sc creance, pour leur
donner tousiours tantplus de bruicenuers le peupie, 6cestablir leurreligionsur des badineries
relles quelles;ridicules mesmes aux petits enfans. Carde ce Glaucus ils ontdit que ce fut iadis
vn pescheurdcîavilled’Anthedon enBœoce,lequelayantvne fois pris grande quantité de
poisson d’vn coup de filc, &c icelüy amené à bord sur vne toufse de ie ne sçay quelles herbes in»
cognuës, les poissons ne les eurent pas plustost touchées, qu’ils se commenccrentàremuer&s
nager toutainsi quesic’cust estê dansles ondeSbDontluy meu d’vnetelle merueille,pritënuie
d’en gouster aussij&: là dessils se ttouua tout changé en vne nouuelle nature, appetante pluftost
îamer quelaterre. Parquoy il seicttaautrauers.oùilfuttransformc en Triton, &:admisaii
rang des Dieuxmarins.Pausanias mesmeés Eliaques,l’appellclegenie ou espritassistant de la
menmais Palephatus tournanttout cela à vne allegorie dit : Jptsa la veritéce Glaucm sut vnpau- Palbphàty*;
urepefcheurdeladite villc d’^Anthedon-, excellent a nagerfur tous autres,& tres-grandplongeur. Aumoyen
dequoypour si saire admirerdu mondejl se iettoitpar sois du moule en la mera la veuéde totss}& de Id s’efoi-
gnoit d nage, tant que ceux qui essoient furle bordne lepouuoientplm apperceuoir. Alors se dessournant d cd~
chettes en vn lieu a refiartfur la terrey demeuroitpar certains iours;puts retournoit aupropre lieu ou l’on l’a~
uoitperdu de veue,& de Id regaignoit leport.Etcomme onluy demandassoii ilauoitsi iongtemps demeure-, H
seignoit d'auoiresséccpcndantfitts les ondcs en la compagnie des Dieuxde la mer} dont illeurracontoit mer~
ueiiles.ilaugmentace miracle encorespar vneautrcteilcinuention& rufetcardurantleplmsort del'Hyuer
que les autres pefcbeurs nepouuoient rien prendre, il demandoit d sis citoyens de quelspo 'tfsons ils auoientpltut
d'enuie ,& leurapportoitceux qu’ilsiuy siecisioienttpourcequiien auoit ord'mairement prouision & amas de
toutpresdans des creux de rochers fotss l'eau (ies ayans pris en la saison de la pefcherie ) ou il Les ensermoit de
peurqu’ils ne s'ensouyfifmt. LMais iladuint sinalement quii sutpayédefes impossures, & deuorêdespoisions
en idiïant ces myftcrcs-ld. Comme doncques lepeuple vid quünecomparoijfoitplussilsc perfiuada (quelqtivn
ayantcommencédfiemercebruit)qti'tlcssoitdettenuimmortel,&dunombredes Dieux marins. L’Interpre»
ted’ApolloniusditVnechosepresquesemblableà ccquenous auonstouclié cy-dessiis du 13.
de la Metamorphose j àsçauoir qu’vnefois ayant pris fort grande quantitc de poisson, il fuc
contraint de le ietter emmy la voye,pource qu’il cn estoit trop chargé,dont il adttint vne mcr-
ueilleiise besongne : car l’vn de ces poissbns qui expiroitdesia, ayant gousté de certaine herbe,
se regaiilardit toutsoudain,& retourna en pleine vie. A quoy Glaucus ayât pris garde, & man-
gé de lamesme plante,deuint immortehmais à la fin s’ennuyant de tant viure, il se precipita en
lamer,oùilendeuintl’vndes Dieux. Lesautresdientqu’il futconuerty enpoissonsses auci'es
cn monstre marin,demy-homme &L demy-poisson,comme le dépeint icy Philostrate. Bref,que
chacun enparleàsafantaisie. Voyezleseptiesiiiedes Dipnosophistes en Àthenée. Hyginus
ditdeplusqu’ilfutfortaimédeCircé,&:aucontrairela desdaignant il cstoic desesperémenc
amoureuxdeScylla:par despitdequoy elle meuëdeialôusie,latransformaen ccmonstre desi*
critparHomeredans Iedouziesinedei’Odyssec, ayantempoisonné les eauxou elleauoitae-
coustumé desc baigner. A quoy se conforme Ouideau 14. liure.

O r i l prophetisequelquechose degrand.Pausanias és BœotiquescO;;voidd ^Antbeâonlesscpultu- Paysanus.,
resdes enfinsd’iphimedie& ^Aloeus,&flurlc borddela merle saut (commeilsl'appellent) de Glaucus. On
ditque cettui-cy sut vn pejcheurjequclayant rnange de certaine herbe deuint Dieu marimlequel annonce les
chofes aduenir auxperfinneSjd quoybcaucoup de gens adioussent soy. Et ne sepajfipoint d’annee qu'onnoyc
saired'essrangescontesa ceux qui nauigent, de fesprediùiïons. Au regard de sa figure qui est fort elc-
gammènt descriteicy par Philostrate,Ouide à lafin du 13.enfait cesquatre versseulemenc.

Hanc ego tum primum viridem ferrugine barbam,

Casariemque meam quam longa per aquora verro,

Ingentéjque htimeros, & carula brachia vidi,

Crurdque pinnigero curuata nouisima pisçe.

Et les Alcyons volerenttoutautourde luy,chànUnsdecompagnielesâccidensdesrnortcls,dont
mx&lnysmntautressoistranssormer,.

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