Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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cotce d’Armes que Fieurdeiiz amie de Brandimart,iuy œuure de sa propre main, toute bordée
de Cyprez. Ou bien àcause de son amertume j vnequalité fort conuenante& appropriée à la
mort, qui est laplus amere chose à gouster de toutes autres, ainsi que cette escriture le tesmoi-
gnc,Omors quàrn t\mar*memorU tua'Et au quatricsme liure des Roys,chapitre deuxiesme.jtyelc
Prophete Elisée, luy ayant eftc sait'une plainte que les eaux de lericho eftoientsiamcrts qu'on nen pouuoit
hoireftestt apporterdufèlquilietta dedansla sontainejtsknt amfi:Voicyce que ditle Seigneur:iayguaryces
eaux-cy,où La mortn’habiteraplus<nelafterihtepareillcment. C est adirequ îl les auoitrcnduës dou—
fces.Etau quatriesmeensuiuant;que les Propheces quieltoient auec iuy ayans cueiliy des Coi-
loquintes pour faire du potagesans sçauoir que c estoit, quand on en vincàgouster, & qu’il se
trouua d’vne si extréme amertume, ils se prirent à escrier soudainj^rj tn olla vir Dei. Car il ad-
iouste tout incontinent,qu’Elisée s’estant fait apporter de lafarine,il laietta dedans,es w/zsuit
amplius quicquam amaritudind inollâ. Au moyen dequoy lesplus anciens Interpretes d’Homere
auoiét pris ce mot-cy }fe?$ç premier de 1 Iiiade, pour vne sseche mortelle &: inguc-

riss’able,pour le moins tres dangcreusc,commeest le coup dontla peste frape .cajTdp 's7rtir auuToicn
faïQç \%mvMçd<pisiç. Telles que souloient estre és Indes Occidentaies les craidsempoisonnez
des Canibales,ou Caribes mangeurs de gens,qui pour si pcu de sang qu üs eussencpeu tirer du
corps de s homme où ils vcnoient assener, la playc en estoit hors de toute esperance de guari-
son & remede : si qu’en iangueurs, tourmens, &:rage3onvenoitàfiner savieplus cruellcmenc
beaucoup quedetoutcs lespicqucures de vipercs, aspics, nyautres telles vermines cnueni-
mées. Ausft cette malheureuse &: damnée mixtion estoit composce de leur sang de certaine
herbe croissantences pays làressemblant àvnesie,degomme ,depetitespommettesd’vn ar-
bre pernicieux, &: de testes de grandes fourmis merueilleuscmenc dangereuses. Tous iesquels
ingrediens îls faisoient confircen vn lieu clos &: serré à l’escart, par quelquepauure miserable
vieille condamnée àcela,tant que de lafumce elle vinst àrendre l’esprit,&: puis en frotoientla
pointe dc leurs sseches. Màis celaest hors de nostre propos. Plutarqueau lurplus nese voulant
point arresteraux considerations dessusdites du Pin, pourquoy on l’ait attribué à Ncptune,
comme les estimancfabuleuses, cn allegue d’autres ; dont cellc d’Apollodorus semble la plus
apparentejà sçaüoir pource que les Pins s’aiment és lieux maritimes &: exposez aux vents,com-
me est aussi iamer en son endroit; &: qu’ils sontpropres entre lesautres arbrcs, àfaircdes naui-
res pour nauiger de ssus: tant pour la legereté de leur bois,que pource qu’à cause de ramertume
ils resistent mieux aux veis que la marine engendre és vaisseaux que nuls autres : &: aussi quc la
poix qu’ils rendent, sert tout d’vn train à les spalmer &c callefcutrer.

C’ E s t de Neptuneleboscage &letempleque vous voyez,. A cecy satisfait ce que nous auons ame-
né cy-dessus de la vie de Theséc en Plutarque. Au reste il y a au Grec TtsJftoç} qui est sclon He-
sychius,&les Scholiessur Pindare, toutlieuconsacré, dedié,& misà partenl’honneur, reue-
rence &: seruice dc queique diuinitéj soit bois, verger, edifice, temple, autel,terre,ou mote de
terrcj&semblables lieuxsain£ts. SophocieàceproposenlaTragediedesTrachiniennespar-
iantdusacrificcqu’HerculespreparoitàluppitersurlecapdcCenée enl’Isse de Negrepont^
apres auoir dcffait Eurythus pere d’Iole, &: saccagé sa ville.

tvdu 7ntrpù)(ù tJi

@œ/JÿtjÇ 0£tÇ{sTtsisîcLV T* <pu?soucsk.

La ( dit-il ) Hercules drcssoitdes autels aupere Iuppiter, &luy marquoitvn bosquetapart. Combien qua
q>uXhd.ç signific aussl vne maniere de li& ouautel, composé dc fueilles d’arbres, recueillies ÔC
amasséesenvn taz. LesLatinsl'appellcntL»r«/,Nemus>Delubrum. C’estoitcertainendroità
propos choisi tout exprés parmy les grandes forests, que l’on reseruoit àpart pour dedier au
Dieu à qui l’onauoit dcuotion:ou bienquelque boscage ou touffe de bois toute seule. Et cela
le plussouuent tetioit lieu de temple,car au milieu i’on dressoit des autcls, pour faire les sacri-
fices& offrandes.Tacitus cn sa Germanie. Cxterum neccolnberepanetibus Dcosynequem vllam bu-
mani ons Jpeciemafiimilare} ex magnitudine calestium arbitrantur: lucos ac nemora consècranty deorumque
nominibus appellant fecretum illudy quod fola reuercntia vtdent.

Av regarddesPinsquisontcyspecifiez,outrece que nous en auons dcsia dit cy-dessus,
risthmcestoitfortabondanteencesarbrcs, comme tesmoigne ce vers-cy de Moschus en sa
Megare, où il l’appelle couuerte de Pins.

x'ilw 7rdVTiÇ UA 7liphuu TmudxhtoÇ

vcijcrcr * *

Piutarqueen la vicde Thesée,&: PausaniasésCorinthiaques, dient qu’vn ccrtain brigand &
guetceur dc chcmins appellc Sinnisjse tenoitordinairemetà l’cntrée de l’Isthme, là où tous les>
passans qui venoient en ses mains,il les attachoic iambe dcçà,iâbe delà à des branches de Pins,
qu ilployoiciusqu’en terre,&:puis leslàissoicaller deforcccontremonti de maniereque ces
pauures gens venoicnt a s escartcler:dont il auroit este surnommé 7mvo^$iju7rjy}ç^coniïnç qui di-
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