Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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O t. r K s B.

L E S I S L E S,

Cûinmouet expirans, gemitûque reponit imni.

Lcs Poëtesreioüentainsîsur ceTyphon.MaisStrabonéscinquicsmCjdouziesmeiCreiziesmc

ôzseiziesme desa Geographie, applique cecy à vne histoire d’vn scrpent, lequel cherchant
quelque cachette dedans terre pour se garantir de lafoudre,en fut frapé. Et comme il rcndoit
Ics abois,se demena dc telle sorce qu’il ouurit le terrein,dont sourdit vne fontaine &: riuicre ao-
pelléc Orontes.Stephanus au liure des V illes,dit que ce fut Cn la Ceiœsyriejprés vn lieu appel-
îé Arima.Mais VirgileauneufiesmcderEneidc,tirc ceiaà vn tremblement,quid’vne monta-
gnc estanten Hsse d’Inarimé, produit vne autre Issc, comme tesmoigne Pline au troisiesme li-
ure, chapitre sixiesme, appellée encore pour le iourd’huy ifchia prés de Napies ; sous laquelle
(commcildit) estrenfermélcgeantTyphon ouTyphoeus. Gequ’ilapris (mais transchang®
aucunement) duseconddcl’Iliade,oùiI ya ainsi.
yCid cft’ ü7nçüva.%Çè, Ajï coç inpTnuA^iwcè
ypùofiïscù , OVi T dsA<pt TUtycô'l yiiCLV î/jsoj'A
eïv detpi9‘ç ) Çaoî tv(Dcoîoç ipc/j&fjcy <sCvdç<,

La terregemisfoit là dcssom, toutainfi que Iupiter le foudrùyant quand ilefi courrouce, bat le territoire des
Arimes, ou Con dit qu’esilegisiede Typhoeus. Et de cecy n est pas fort distant ce qui se lit au vingt-
sixiesme de Iob: Eccegygantesgemuntfub aquis. Aristote enses Meteorcs le prend pour vn impe-
tueux tourbiilon de vents,tel que celuy qui autrefois renuersa sans dessus dessous le sanduairc
deDelphes *, ainsi que dit Plutarque à lafin du traitc dessaces apparoissantes danslerondde Li Lunev
Lesautrespourvneexhalationchaudc&seicheiCârpar toutoù ronvoiddenuid les monta-
gnes ardre, lcs Poëtesfeignentlàestreinhumez des Geants ou Typhons : ladite exhalatioh
proucnant du dedans de la terre,où sont les sulphureïtez rencloses,cause &: maintenement dé
ces ssamboyantes ardeursice que le mot de vvÿeiv signifie. Le mcsme Plutarque au traidc d'ofi*
rùj parle d’vnautre Typhon ,surquoyauecquesOrus&: Isis,tous les mysteres de i’ancienne
Theologic d’Egypte, estoientfondcz : prenans Osirispour le bien, ou le bon principe, &: Ty-
phon pourlemauuais, dommageablc &:nuisant. Celuy-lapourlachaieurmoiteaërce, natu-
relle;accompagnée d’vne humidité viuifiantc:celuy-cy pour vn exterininateur d’icelle,pour la
conssagration,embrascment,ardeurestrange 6c extraordihaire, qui à guise de fievre desseicheÿ
consommc &: tarit ia substance du germe generatif, dont tout indiuidu est procreé Sc mainte-
nu. Osirislapluye, lasubstancedoucedel’eaudelamer, lalumiere,la vie:Typhonle vent, là
saumeure, les tenebres & la mort. Mais ce seroit chose trop longue &c ennuyeuse de parcouric
tcus ces enygmcs Sc allegories,qui meritoient vn traiâ:c à part. Orphée au reste le prend
pour Pluton en ses Hymnes : Habitant ( comme il dit ) la maifon sousierrame, & l'ombrageufe carm
pagne dcCaueugle abyfméydcshtué de toutc lumiere. Le ternen Iupiter, quiposscde lespourpris & closiuresde
toute U terre à luy efchedè enpartage au fort ,* Rcyne de toutes choses, le marche-pieddts immortelsy & le siege
& demeure serm'afseurèe de leurs creatures exposées à la mort. £hù a cfiably fon throfne fôm ie lieu tene-
breux d'vn long-esiendu chemin insatigable , prius de toutesprït de vie. Üincognu enser, Le fombr-ob-
scur <_Achcron>possedant les plus profondes racines de U terre, & qui domine surles mortels ?pour raison de U
mortj drc.

ù> tvv smyhoviov vaseov do/jyv

7KpTZLQjiQV X<JsL<Sm sicLdvOTUOV 7YlJt

t'eo yhovn <sm (&rrovyy, id ît&i dî<i;o 'c&eydupitoç

TskéTOùv oç rj.Tiyyiç ytîiiç uAmdctç d,7rd(jYiç, érc.

Cc quc donc Orphée appclle Typbon>cst. enuers les Cabalistiques ZamathSc à Paracelse son Ar~
chée,e’est à dire(comme il l’interprete)da chaleur ou vertu de nature agissànte dans les entrail-
les dela terre,sur lamatiere vniuerselle esgalemecappropriée àtous les trois genres,mineraux,
Vcgetaux,animaux,tous dépehdans du selprimitif-laquelle sans la chaleur,qui la meut à gene-
ration, ne sçauroit rien produire de soy: Sublatocnimcalore (dit Alphidius) nulluspenitusfîtmotusè
Cc Philosopheicymoderne (Theophraste Paracelse) en ss grand bruit &predicament pour
cetteheure enuers tous, &non sansraison,s’ilcstoitbienentendu, carautrementplusieurs s’y
pourroient bien aheurter,&: morfondre; a mis trois principes materiaux de tous corps compo-
scz,sel,souphre, Sc mercure; comme nous auons dcsia assez ditailleurs: mais nou pas de son in-
uentionjcar Raymond Lulle en plusieurs endroitsde sontestamentenafait mention toute
ouuerte ; lequel aesté plus dc deux cens ans deuant luy i &: vn Anglois encores nommé Raue-
riusenles Aphorismcs ,quiaestcvnpeuapresiceluyRaymond Lulle. Plus celuyquia faitle
trai&é enryme,dela fontainedesamoureux:auecquesplusieursautres. Tcllement que Para~
celse n’a pas estc le prcmier autheur de cette Philosophie,ains l’a seulemet illustrée. II met aussî
autres trois principes formcls,quiserapporset aux trois freres,dont parle Orphéeen cét Hym-
neicy deTyphon, &:entout plein d’autres ; lesquebpartagerent rEmpire de svniuers entre

cux:

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