Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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vàlle, & le Cigne toutcontre UAigle wtcftoitle toutlâ 'paiJtMeen/cmble, ainjtqueparmyvn tat iebrebù:
Jtejue qttelque befte qui heurtafH autre usqucsa la bUJJcrrpour cela ellencJe nmuoitiantjoitpeu dejonagrea-
ble contemplation. Et cc qui suic de cr propos.

M a i s le Pemtre sejmancipc icy a qucïquc choje de plm hardy. II ya au 'Grcc, ncLVi<srtg0 qui signifie
propremenc rajeunir/olastrer, faire iuuenilemeht queique chose, dônc Horace meiine en soa
arc Poëcique auroic dicj lAut nimium teneris iuuenentur uerJJbm umquam; pour s’enhardirvn peu
trop cemerairemenc, &: par vne licentieuse liberté inconhdesée, se dispenser apres des versj de
maniere que les Grccs disent faire veavnuàç, quand c’esfc atiecques pius d’impetuohté qüe de iu-
gemenc,àiamodedes ieunesgens. EtLaberius,seion queie cite NoniusMarceiius, auroit vsé
à la façon Grccque du motadnlefcentire, adoiejcenter, pour nasfseiv, ou victÇetv. Voyez ies Chilia-
des d’Erasmepoù ii en fait vn prouerb sé.

S o n chef agencé d’vn hautatour, qui s'ejleue drôitcontre-mont,resjleriàijsant rior. Cct accousfcre-
mentde tesfceque nousauonstoumihautatour,est au Grec dit Tjae^,que Caliisfcrateattribuë
aussi à la sfcatue d’Orphée,comme ü se vcrra cy-apres: êc que l’vn & i’autre mettent qu’elle s’es-
leuoit contre-mont, n’esfc pas sansmysfcere, selon que Suidas Fexpüque. LaTiare ejlnjn orncment
deiatejh, qués PersesilriyauoitJèulemcntqui rosajfentporterdroitejlcuéequelcsPrinces,&lesamresin™
clmée &platte,si que Dcmarat Lacedemoriien, qu'i accompagna Xerxcs contre (_At henes, U Roy cjlantcn fis
gaillardespensées, comme il luy eujiocîroyé toitt cc quiliuy •voudroit rcquerir, il ne dcmanda aiiire chofisimn
qriilluy JurJHoisibie dsentnr en la vilie de Sardes auecques vne tmre drmcie, ainjique le racont'e Philarque eh
UonHeJme deJcs hisioïrcs. JJuelques-vns disent que c’efi vne mesime chofie auecques la Citharis ,• mais Thco-
phrajie au tra.ôiédu Royaumede chypreymet dijfcrence. Les Iennissaires du Turc,au lieu que tous ies
autres portenfc ie Turban, ont ie ne sçay quelaccoustrementde teste hautesseué, dit la Zarco-
la,qui approche fort de la Tiarc ; duquel mot on s’est seruy à faute d’autre, pour dcsigner la tri-
ple couronne Papale,&: les Mitrcs encores dc nos Euesques. Mais ceia sortiroithors denostre
propos. Albricus au reste $ au traidé des Images des Dieux, depeint Orphée de cette sorte»
Vnpeyjonnage venerable en habit Philojophal, ioùant de la lyre : & dcuant luy y a diuers animaux rauijsans
&sauuages qui luy lcjchent les pïeâs ; comme des loups, lyons, onces, oursfferpens, dstoutplein desirtesdoy-
Jeaux qui volettent autôurde îuy; des arbres aujii, & des montaignes inclinans leurs cimes : il monsire de re-
garder derriereJoypourvcirfiJasemme lesuit, mais Id dcjsts la terre s'cuurepour l’engloutir vne autrefois*

Pourcondurrele presentrableaü,nôusadiousterons icy ceque Palephate àsafaçonaccoü»
sfcumée tasche d’allegcriser là dessus. Leproposqrion raconted’Orpheecsi sauxaufii; que lesbestesbru-
tes, les oyfcaux. & les arbres mejmes lesuimjsent quand il ioüoit de st lyre. Mais ilmeftaduis que cesut ie rie
siay quoy de Jemblable, dfiçauoirque Ics Bacchantcs estoient ccrtaines fcnmes insinsées, qui en la montaigne
Pïerienne gastoient tous les pafturages des besies hlanchcs, & commettoient toutplein d'autres maux & ex~
ce&d'vne tres-grande violence : lejqueiles aujü s esians vne sois retirées dansles montaignes,y demeurerent
plijieurs iours', de mamere que ks habitans d'autour ayans peurqu'elles ne leur JiJsintenJin quelque outrage,
& d leurs scmmes & ensans, enuoyerent querir Orphec', & le requirent d'inuenter quelque expedient comment
que ctfuft, de retirer cesforcenées de la montaïgne: lequel ayant ordonnéles myfteresfelemnels de Bacchm, ies
fieutsibicn auoir au fon de sa lyre, qu'ii les ramena quand&fioy, ayans au poing des rameaux de diuerfis ma-
niens d'arbres,• Id ou anparauant elies fiuloientporter des serules ; dequoy les perfennes s yesinerueïlloient ks
voyans de loin, car de prime-sace elles paroissoient autantd'arbres qui defiendijsent de la montaigne. Et ceU
donna lieu d la sable qriOrphée au son de sa lyre, & de sis chants sifl remuerles forests mefines de leurplace^
& lesniure où Üvouloit. Ainsi en discourt cet Autheur : mais si fadement comme en tout le reste
dc son ouurage, que ie fais comme conscience de Tauoir passe cn cet endroit par le beç de ma
plume.
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