Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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D’VNE BACCHANTE. U?

Ec pource qu’en sa cime repairoient force lyons, & le milieu à-causedes tendres arbrisseaux 8C
des bons paccages, estoit fort frequentée de cheures y ayant au bas vne grande quantité de
couleuures, & semblables vermines, ilsauroientprisdelàoccasion d’enforger vn monstre en~

^endré deTyphon,& dc i’Hydre, qui auoit lateste&Ie col de Lyon,vomisiTant par la gneul©
des ssammes : le ventre & les iambes de cheure, & laqueuë de serpent, comrae lerestreint le
Poëte Lucrece en ce seul vcrs :

Prima leo, posin ma draco, media ipsa Chimera.

Mais plus distindemcnt Ouide au neusiesme des Metamorphoses:

Jïiioque chimera iugo mediü inpartihus hircum,

PeM'iis ér ora lex, caudam sirpentis habebat.

Et pource que Bellerophon fils de Glaucus rendit ceste montagne habitabie, on îe dit auoîr
mis à mort la Chimere. Maispourquoy ne puiser en cet endroit piustost dans la viue source de
lafontaine,quésrui{seauxqui en sontartirezdeloingîHomereau sixiesmede l’Iliadedescrit
fort particulierement tout le faidbde ceste Chimere, comme il sensuit: Ily a vneville appellée
JEphyre fiurle bord dugoulphre Argolique, ou siproduisient de bons cheuaux. La regna autres-fois Sifyphe le
plus malicieux qui siut oncques : Sijyphe, dis-ie, qui fiutsils d' AEolus.çs pere de Glaucus,qui engendra legen-
til Bellerophonsians reproche, auquel les Dieux impartirent vne beauté virile & aïmable, dontvint lacausi
pourlaquelle Pnetus luy machina desigrads maux enfion courage, car il le chassia defion çays,pource quilesioit fiygmus 57*
leplusfiort de tous les Argiens, que Iupiter auoit rangez., fom fon fieptre & obeyJJance, loccasion fiutpource que
h bclle Anîtesiemmc de Prœtm, deuint amoureusie de lu% defirant ttes-ardemment dien estre accoimee, mais psi-l/L 4*
luy qui efioit disicret &preud’homme,nesie voulut oncques condeficedre d accompltrfia volontésiequoy indignêe^ re£ ns:
elle alla controuuer cesite calomnieufie menterie d Pr*m, en luy disiant : certes, cestsiait de toy, Sire,situ he sais
pajfitrlepas a Bellerophon, lequel nia vouluvioler. Soudainque le Royeut oûycela, ilentra engranddejstit ds*
courroux,finele vonlut-ilpasfiaire mourirpourtant, ains le depescha en Lycie, auecques vne lettre bicn dan~
gereujè,clofe & cachettéepù ily auoit tout-plein de chosies qui tendoientdjon extermination & ruine, addrcfi
fante d Jôn beau-perepourle mettre d mort, neantmoinsfious lasiiuuegarde des Dieux il s'achemina en Lycic,
où esiant arriuépres dusieuue Xanthus, le Roy luysisi darriuée vn fortgrand raccueil& honnenr, & le tint
neusiiours auecques luy, immolant chaqnc tourvnbœufpourleseftoytr, maisquand la dixiesimeauroreaux
doigts rosins eut ouuert U iour ïcy bus, ators il luy demanda Poccasim de sion arriuée, & de voirfies lettres quil
luy apportoit de lapart defiongendre Prœtus, les ayant leues, il luy ordonnafitrle champ d'aller combattre en
premier lieu la Chimere, monftre inexpugnable, qui auoit eftéprocrec de race diuine, & non humaine, de U
partie de deuant rejfemblant d vn Lyon, du derriere d vn jcrpent, & du milieu d vne cheure, & iettantparU
gueule de grojfies Jiammes de sieu ardent. Il la mit d mort siousla consiance des heureux signes que luyde«
monstrerent les Dieux. En apres ïl s’en alla saire laguerre aux Solymiens, tres-preux ccmbattansfiur tous au-
tres : Etentroisiefmelieuaux Amazon s, qui nontpoint d'accointance aux hommes. Toutes lesiqueUes chosies
ayansparluy magnisiquement esié exploiciees, comme il s'en rctournoit, le Roysitattirervne embufcaâe fhr
h chemin, parvnbon nombredes plus dangereux hommes detout Jon Royaume ,que le vaiUant Bellerophon
mit tous d mort iujques au dernier : de sortc que le Roy apres auoircogneuJd vertu, le ret 'mt aupresde Joy, &
luy donna sa fille en mariage, auecques La moittédeJ'on Royaume, que les Lyciens mefimes luy asiignerentatt
meilLeur &pltts plantureux endroit d'iceluy, sertile en arbres sruiffiers, & terres labourables. Il eut desit
siemme deux sils, tsandre,& Hippoloque, & vne siile nommêe Laodamie, que Iupiter engrojsia du beLliqueux
Sarpedon, mais isiandre injdtiable de la guerre,sut mis d mort des Solymiens, qtril estoit ailé ajsiaillir, &

Laodamie par la Deejsie Diane. HippoLque engendra Glaucus, celuy quipermua sies armes eualuées d cent
hœufs, d ce/ies de Dicmede qui esioient aairaïn, & n’tn valoientdpeine dix. Iusques icy Homere.

Mais pour nc laisier rien enarricredc cequi peut seruiràce propos, afinde tousiours y
amener tant plus desclarcistementôc lumiere des fidions Grecques, àceuxqui n’ayansicy le
loisir de les fueillettcr çà& là, ny la cognoistancedes langues, pour lesque!s,come nous auons
desia assezditailleurs, sont tous nos labeursentreprisen Ia langue Françoise, faisant en cela
a£te debon citoycn,ce me semble, & tres bienaffe&i^ 11114 —« ratne, xTyginus chapi-
ccntcinquante vnierm«,«|\r»e 11«ivitres Poëtes, pour lercgard de cc qu Horac*
re met ceste Chimere auoir esté procreée de race diuine, & non des hommes ny des animaux,
dit que de Typhon, l’vn des grands fils de l’abysme,&: de la terre,& d’Eridné, furentprocreez.
la Gor<*onc,le chien Cerberus à trois testes,le dragonqui gardoit les pommes d’or des Hespe-
rides outre l'Occan, & celuy de !a toyson d’orcnColchos: pîus l’Hydre qu’Herculesmit à
mort ésmarescagesdeLernée: Scyllaqui du nombril en haut estoit femme, &delà enbas
chieri, my-party en six grosses testcs de dogues, qui procedoient toutes d’vnmesme cstoc: la
Sphinxqui proposoit sesdeuinaillesenla Bœoce: &finalement laChimereen Lycie,ayant
ledeuant de Lyon, le derriere dc serpcnt, & lemilieu de cheure,

Or pourvenirauxallegories de cefteChimere&Bcllerophon,voicycequ ?enmet enpre-
mier lieuPalephat: On dit que Bellerophon cheuauchoitvn cheual aijle, ce qui mefimblepar trop abfiurde»
quvn cheualpmjjèvolcr, quand bien on Luy auroitappiiqué le penmge detous lespluslegers oysieaux qui stt«
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