Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

Page: 910
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çio LASTATVE

lc boucquec, il fusfc expiré sur lc champ. Ie racompteray encores ce que i*ay oüy n y a pax si*
ans,racomptcràMonscigneurlc Duc.deNiuernois , &àplusdevingc Gentils-hommes di-
gnes defoy,auoir veu de leurs propresyeux,qui aduint à Neufuy sur Loire,où le Sieur & la Da-
me du lieu ayant deposé leur Procurcur Fiscal, tost apres vne ieune fille qu’ils auoient de l’aa-
ge de quinzeà seizeans,setrouua touten vn infiantsaisie d vne langueur vniuerselle cntou®
ses membres, si quelle seichoic à veuë d’œil, sansqueles Medecins y peusient, non seule^
ment trouuer remede d’y donnerquelqueallegcment,maisnonpas mesmes conceuoiraucune
occasionapparente d’oùpouuoit prouenir cemal;& comme dit Ouide en l’vne de ses Epistres,
de la maladie du Cydippé.

Languorenim causis nm apparentihm h&rtt,

Adiuuor & mlla sejsa medentïs ope*

Enestansdoncqueslespcre&merevcnuscomme au dcrnier desespoir,il leur vatomber enla
fantaisieque cepourroitestreparaduanturequelque vengeancede leur Procurcur ,quiauoic
vne fort estroitte communication & accointance auecques vn bepger d’aupres dc Sanxerrc, le
plus sorcier de tout le Berry:& sur ce soupçon le firent fort biconiettre en cul de foste, là où me-
nacé d’infinies tortutes,il debagoulla à la sin que ccste Darnoiselle auoit esté ensorcellée par le
Berger, lequel auoit fai& vne image decire, qui àmesurc qu’illamolestoit,Ia fillese trouuoic
molestée demesme,&enfindirentàiamere, qu’iln’y auoitqu’vn seul moyendc Iaguerir3ani-
maproanima, ilfautnecessairement, Madame, quc vous vous rcsoluiez de perdrepouriasau-*
uer,lapluscherc chosequc vousayezcncemode,exceptéles creaturesraisonnables. Enbon^
ne foy,respondit ellc,ie vous en diray la purc veriré, il n’y a rien que pour ce regard l’ayme tanc
que ma gucnon,mais pour garantir masille de lalangueur où ielavoy, ie vous rabandonnc.
On ne se donna garde que peu de iours apres on voit la sille s’aydcr d 5vn bras, &c h gucnon de*
meurcrpercluse de mesme:&:conscquemment toutleresteallademesme,si quedanslareuo*
lution de la Lune ellc fut du tout guerie,fors sa foiblcsse,&: la guenon morte en douleurs cxtre-
mes. Qr les sorciersy procedentbien plusabregementque non pasceux quiy vontparlescô-
stellations,parfums,encensemens,cara£l:eres, & autrcs telles superstitions Magiques pour rai-
son de l’accez Sc commerce qu’ils ont immediatement auec les Dcmons ,'mesmement en leurs
consistoires & sabbats, comme on les appelle > où ils se trouuent auxiours nommez. Cela est
assezauerc parlesprocedures contre euxfaides , & lesexecutions quis’cnsont ensuiuies en
ccs derniers temps, en peu d’annccs plus qu’en cinq cens au parauant,vray presage de nosmal~
heurs. C’est chose estrangc de ce qui se lit és histoires modernes des Indes, des merueilles qu’y
souIoitexercerSathan , tantenresponsesplusinfaillibles&ouuertcsquetousies Oracles du
Paganisme,qu’en miracles,si on doitainsiappeller ses illusions, auant que la Foy Chrestienne
y fust plantée auecques les Sacremens. Albert ie grand liure second de ses Mineraux, traidé &
chapitre troisiesme, & Pomponatius apres luy cn celle des enchantemcns,voulans referer tout
celaauxcausesnaturelles, & vne viciiîitude dcs choses : Nom ncdeuonspowt ignorer ( discnt-ils)
ejuetout ainfque les vertus natun lles ontleur durcepour certain temps, & nouplm , lc mejme ejl-il de U
sacuhé dr vertu des images, car aucune vertu n tnslucpoint du ciel icy has sinon à certain temps-, çsi non da~
uantage. Aïnjt ess-ilde celle quepeuuent auoir lcs tmagcs, cjuileurperiode pajsée, demenrent vaines çfi intt*
tilcs, sans aucun essect, commc mortcs & rcsroidus. Etccjila caufepour laquelle auctmes d'icdles n'ope-
rentplus en ce temps icy,comme iadis ellcs fouloicntfa 'tre, au moyen deqnoy, l’on dijhnguc cn ajirologic iudi~
ciaire diuerfcs anncci des images du cïcl, dcs Planettcs çfi ejtoilles sixcs, qùon appelle lcs grandcs annêes, les
moyennes}&lespetitcsytsquellessc dilatcnt leurs cjscffs,plusottmoinsforts , çsi hsmoyens. Et nejipas m
la matkrc ny l’efiripture , ou lcsparoles qtti dc soypui scnt agir, ains cela se saift par la vertu des corps cclcjics ,
quisauorifcnttout celaà ccuxquilcs sont. Ala verité sinous aduoüons Dieu auoirimparty des ver-
tus admirables aux simples de ce basmonde elementaire soubs la Sphere dc la Lune, lesquels
sont ainsi matcriaux & grossiersi à plus forcc raison en a-il peu attribuer de plus grandes & eifi-
caces aux corps celestes,quisont plus simples & formels. Et si les rays partans des astres peuuet
à vninstant penetrer le globe delarerreiusques àsoncentre , où ily aplusdemillelicuësde
droide ligne de sa superficie, ils les peuuent bien mieux & plus fortemcnt imprimer à certaines
chosesconuenantes&proportionnées,quiIeursontexposées toutànud, & àdescouuert, sans
aucun cmpcschement ny obstacle:car n’y ayantrien que l’air entre deux, lcur lumiere &: vcrtu
y peut plus aisement penctrer qu’à trauers l’eau, & l’eau plustost que non pas le verre:& le ver-
re plus que le chrystal,& Ie chrystal plus quc la terre condensée auecques les pierres durcs& so-
lides quiy sont encioses. Voyla pourquoy,entre lcsautreschosesproprcs àformer lesimages^
on a choisien beaucoup d’occasions lacirepour estreainsimolle, ssexible, & obeyssànteàtou-
tes lesfigures& qualitezqu’ony veut empraindre, & parconsequent susccptiblemesmeen sa
fusioiijdes inssuxions &: facultcz des corps celestes,d’où procedent toutes les proprietcz occul-
tesésindiuidusdestroisgenrescomposez, qu’ilsnepeuuentmoins departirauxchoses artisi-
ciellement composées,qu’auxnaturelles, jointlapreparationcoadiuuantequ’on leur donne

pour
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