Blouet, Abel [Editor]; Ravoisié, Amable [Editor]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 3) — Paris, 1838

Page: 42
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chitecture d'un mauvais style. On voit sur la porte d'une église, dans le voisinage de laquelle s'élève un
beau palmier, les restes d'un bas-relief en marbre. Il représente le combat d'un centaure et d'un lion.
Cette composition est mauvaise. JNon loin existe encore un autre bas-relief qui date du moyen âge. Cette
sculpture manque aussi de caractère. Toutes les maisons de Vostitza, si l'on en excepte celles du Bazar
sont construites au milieu de jardins plantés d'orangers, de citronniers et de figuiers.

ROUTE DE VOSTITZA A PATRAS.

Deux routes conduisent de Vostitza à Patras, l'une haute, l'autre basse : si l'on prend la première, il
faut traverser Vostitza. On laisse alors, sur la droite et au-dessous de soi, la route de la ville basse. On
traverse la rivière Méganitas, en ayant à gauche des montagnes couvertes de buissons, et à droite le golfe
de Lépante, au delà duquel on découvre les montagnes arides de la Locride. Après avoir suivi la route
d'en haut pendant environ cinq heures, nous atteignîmes le khan de Psato-Pirgo, vis-à-vis duquel est
située la ville de Lépante. Elle est fortifiée et placée sur le penchant d'une montagne très-escarpée.
Quand ensuite nous eûmes passé le lit de plusieurs torrents et de plusieurs ruisseaux, nous vîmes, vers la
droite, le château de Morée. Il s'élève sur un promontoire qui s'avance dans le golfe de Lépante. A l'op-
posé de ce château se fait remarquer le fort de Romélie. Ces deux places, bien fortifiées, défendent
l'entrée du golfe dans sa partie la plus étroite. Nous gagnâmes ensuite le sommet d'un monticule
d'où l'on découvre Patras, et bientôt après nous entrâmes dans cette ville *.

PATRAS.

Patras, l'une des plus importantes villes de la Morée, se divise en deux parties, la ville ancienne et la
moderne. C'est dans le voisinage de la ville ancienne que s'élève la citadelle construite sur un monticule
assez rapproché de la mer. De la citadelle on aperçoit Missolonghi et toute l'embouchure du golfe de
Lépante. La ville basse se trouve comprise entre le monticule et la mer. Elle a acquis le plus d'importance
depuis la dernière guerre. C'est là surtout que s'élèvent les maisons nouvelles. Elles sont, pour la
plupart, bâties en bois ou construites très-légèrement.

La citadelle ne remonte qu'au moyen âge. On ne reconnaît aucun détail antique dans son architecture,
à l'exception de quelques fragments encastrés dans les murs. On voit à l'extérieur le torse d'une statue
nue sur lequel est placée une tête qui s'y ajuste assez mal. L'intérieur de cette citadelle n'offre rien de
remarquable, mais l'entrée est d'un aspect pittoresque. Un beau platane et les eaux abondantes d'une
fontaine en augmentent l'effet agréable.

Les seules antiquités que l'on retrouve à Patras consistent, indépendamment de quelques ruines
romaines en briques, en une excavation découverte par l'ingénieur de la ville, et qu'il supposait un
tombeau ou une chambre sépulcrale. Il ne reste point de vestige des édifices vus et décrits par Pau-
sanias \ Les temples de Diane, les tombeaux d'Eurypilus et de Patréus, le théâtre, et l'Odéon qui ne le
cédait en beauté qu'à celui d'Athènes, ainsi que les autres monuments qui embellissaient Patras, ont
entièrement disparu.

DISTANCE DE VOSTITZA. A PATRAS.

En partant de Vostitza on rencontre, à i5 minutes, un ravin au-dessus du rivage de la mer, la route continue à l'O; 29 m., on traverse
la rivière Méganitas; 1 h. 5i m., la plaine finit, et la route est près du rivage de la mer au bas des montagnes; 44 m- * une fontaine sans
eau, à côté un mur d'appui circulaire; 1 h. 4om., plusieurs cabanes, khan de Psato-Pirgo; 3o m., on voit l'embouchure du golfe de
Lépante et le fort ou château de Romélie; 20 m., à gauche, un petit monticule en forme de tumulus; 1 h. 5 m., on traverse le lit d un
torrent, la route tourne auS.-O.; 3o m., reste de route pavée, à gauche un hameau ruiné; i5 m., à gauche, un canal en pierre et plus
loin un hameau; 8 m., on passe un torrent, ensuite, de dessus un monticule, on découvre Patras; 37 m., on entre à Patras.

Total de la distance, 8 h. il\ m.

1 Pausanias, ch. XVIII, XIX, XX, XXI.

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