Blouet, Abel [Editor]; Ravoisié, Amable [Editor]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 3) — Paris, 1838

Page: a_56
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(56)

AMYCLES.

Inscription copiée par M. Charles Lenormant.

NEIAN THN

OY KAI AAMOCOENE

IPACHC APETHC

EN TYNAICIN EINEKEN PPOC

AEIAMENOY TO ANAAHMA

TOY PPOCOIAECTATOY PATPOC

AYTHC TIB. KAAY. EYAAMOY

TOY CPAPTIATIKOY APXIEPEflC

THN CEBACTHN KAI TfîN

0EIHN PPOrONflN AYTflN

APICTOPOAEITEYTON.

Cette inscription, que M. Boeckh a publiée sous le n° i445, était
beaucoup plus complète lorsque Fourmont l'a copiée, mais elle se
trouvait déjà dans l'état où nous la donnons aujourd'hui lorsque
le comte Aberdeen l'a transcrite « ; d'où l'on peut conclure que sa
mutilation est postérieure à l'époque où Fourmont l'a vue, et peut
être attribuée comme tant d'autres à ce voyageur.

Je crois devoir rapporter ici le début du monument dans son in-
tégrité, en plaçant entre crochets les lignes et portions de lignes qui
ont disparu.

[THN EYrENECTATHN KAI]

[CflOPONECTATHN KAAY.]

[AAMOCOE]NEIAN THN

[EYAAM]OY KAI AAMOC0ENE[IAE]

[OYrATEPA] PACHC APETHC

EN TYNAICIN EINEKEN /..t.x.

Le reste est conforme à la copie de M. Lenormant, à l'exception
de la dernière ligne, qui se termine par un Y et non par un N.

Voici maintenant la transcription de toute l'inscription en carac-
tères courants :

Tviv eùyeveijTa-niv xai Gto^povetrraTïiv KXau (o^av) Aa^ooQsveiav r/iv
EùoVu.ou xal Aa^ocôevetaç GuyaTepa, Ttàcq; àperïjç èv yuvat[^]tv eïvexsv,

xpocâe£au.evou tô àvaXwjxa toO 7upoa<piXeGTaTou -Kataoç aù-riiç Ttê. KXau-
(o'lou) Eùa"àu.ou tou STcapTiaTixoCi, àp^iepstoç tûv SeêaaTwv xal twv Seiwv
TCûoyovaiv aÙTôiv , àpicTOTroXeiTeuToij.

[La ville a honoré de cette récompense], la très-noble et la
très-sage Claudia Damosthènie, fille a'Eudamus et de Damos-
thénie, parce qu'entre toutes les femmes elle s'est distinguée par
une vertu parfaite. Les frais ont été faits par son père Tibérius
Claudius Eudamus, fils de Spartiaticus, grand prêtre des Au-
gustes et de leurs divins ancêtres, ayant mérité les honneurs
de l'aristopolitie.

Le nom de Spartiaticus ne se rencontre que sur deux inscriptions
de la Laconie ', et dans l'une et l'autre il se rapporte au même in-
dividu dont.M. Boeckh, à l'aide des monuments, a dressé la généa-
logie jusqu'à la seconde génération. Du reste il n'est pas sans exemple
que les adjectifs en ixoç, dérivés d'un nom de peuple, de ville ou de
pays aient été employés comme noms propres. Je me contenterai de
citer Àttixo'; et Àvaïxo'ç3.

Fragment copié par M. Ch. Lenormant sur l'acropole d'Amycles.

AAMYKA
VEYTEA

Il est facile de reconnaître à la première ligne lespremiers éléments
du mot ÀpxXm ou de l'un de ses dérivés, et peut-être à la seconde
pourrait-on lire EÙTeXvjç ou Eù-rÉXaa, noms propres. Mais la chose est
loin d'être certaine.

Fragment copié sur l'acropole d'Amycles par M. Ch. Lenormant*,
aux environs de Palœochorio ou Sparte par M. Edgard Quinet.

AEÏIMAXOYAMI
OYEKATONBEO
PEI5ATO
AONOCPPOCOrC
KATATA ON

Inscb. i. — ' Voyez Walpole, Travcls, p. 583, n° 45.

1 Au n° 1445 que nous reproduisons ici, et au n° i35o.

' Épîtreaux Corinthiens, I, 16, 17. — Je ne parle pas ici du mot 'EXXcévixoç,
attendu qu'il est considéré par quelques critiques comme une abréviation de
'EXXavo'vixoç, et cela parce que la pénultième de ce mot est longue dans ce vers
de Tzetzès (Posthomer. 778) :

Ketvï] vuxti Aegêioi; 'EXXavixo; ctEÎSet.

M. Passow, il est vrai, dans son lexique, oppose à l'autorité de Tzetzès celle
d'Avien, qui abrège cette même syllabe au vers 43 de ses Ora marilimu :

Hellanlcusque Lesbius, PkUeas quoque
Atheniensis;

mais l'autorité d'Avien ne peut être d'aucun poids, car il altère continuellement
la quantité des Grecs : ainsi, vers 46, il fait brève la première syllabe du mot
Sige, et, vers 5o, il allonge l'antépénultième de Tlmcydides. On ne peut non plus
objecter l'épigramme citée par Diogène de Laerte, livre 1, ebap. 8, § io3, où

le mot 'EXXtmxoïç termine

un pentamètre, parce que la correction 'EXXaStxoî;

reçue par Ménage et par Huebner, paraît incontestable. Ce qui, selon moi, le

toute incertitude, c'est l'accentuation de ce mot qui annonce que la pénul-
tième syllabe est longue, à en juger du moins par cette règle d'Arcadius, p. 5i :
Ta eîç xoç yxepSicTjXXaSa, et irapaXvfyoïTO ' f^xpw, Bapiivetat. M. Gœttling, p. 222
de la nouvelle édition de son Traité sur les accents (Jena 1835), paraît avoir
mal compris cette règle qu'il confond avec celle que donne Arcadius sur les
noms en uxo; (u bref).

* « Cette inscription a été copiée sur une grande pieiTe plus haute que large
et debout comme celle d'un dolmen : j'ai cru y reconnaître le montant de la
porte d'un temple de très-ancienne construction. Du haut de la colline isolée sur
laquelle s'élève ce débris de monument, on découvre dans toutes les directions
de petites églises ruinées dont la réunion indique l'étendue de Sclavo-Chorio
(et non Palœo-Chorio), qui est l'ancienne Amyclae. La position de cette colline
au milieu des ruines d'Amyclœ rappelle d'une manière frappante la manière
dont l'acropolis de Sparte s'élève au-dessus de la plaine lacédémonienne ; c'est
cette comparaison qui m'a fait donner, à la colline d'Amyclae, le nom d'acro-
polis de cette ville. Le temple de l'Apollon Amycléen devait se trouver.sur
l'acropolis de la ville d'Amyclae, de même que celui d'Athéné Chalciœcos
ornait celle de Sparte. Je réponds de la leçon EKATONBEO, qui m'a frappe
quand je l'ai copiée. L'écriture, sans être paléographique, peut être considérée
comme ancienne.» (Note de M. Charles Lenormant.)
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