Blouet, Abel [Editor]; Ravoisié, Amable [Editor]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 3) — Paris, 1838

Page: 46
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même profondeur ; dès lors il est facile de comprendre combien grands et hasardés seraient les sacrifices
de temps et d'argent à faire pour opérer des fouilles dirigées sans indices et qui nécessiteraient des tran-
chées de trois à quatre mètres de profondeur.

Palœopolis, village situé à l'E. des ruines d'Élis, occupe le penchant de la montagne, au pied de laquelle
se trouve un couvert d'arbres. V

ROUTE DE PALŒOPOLIS A ARCADIA.

En partant de Palœopolis, nous prîmes la route au S.-O. et nous descendîmes dans une plaine où
se voient plusieurs tumulus; l'un d'eux venait d'être fouillé et contenait un cercueil en pierre. A
droite près de la route, est situé le hameau de Palœopolis, et plus loin, toujours sur la droite, le
village de Sosti. La route continue au travers de la plaine qui s'étend jusqu'aux bords de la mer; on
remarque encore d'autres tumulus et un mausolée turc. Un village assez considérable, Kalitza, envi-
ronné de plantations d'oliviers et de chênes, une rivière, la Cardama, un autre grand village, Derviche-
Tchéléby, au milieu duquel sont plantés des mûriers et quelques cyprès, se rencontrent tour à tour sur
la route.

A une demi-heure de marche de Derviche-Tchéléby, on traverse un vallon arrosé par une rivière
que bordent des platanes et des arbrisseaux variés. Le pays devient montueux, il est entrecoupé de
vallons en partie remplis de buissons. On arrive ensuite au village de Missolongacio ou Missalonghi. De
là, on gagne une grande plaine cultivée ; à gauche de la plaine, commence une chaîne de montagnes
qui renferment la vallée de l'Alphée; vers l'horizon paraissent les montagnes de l'Arcadie; à droite, le
cap Catacolo termine de ce côté le golfe d'Arcadia ou de Cyparissia, et vis-à-vis du cap s'élèvent les mon-
tagnes de la Triphylie. Après avoir traversé deux petites rivières et quelques ruisseaux, on monte par
une pente douce à Pyrgos.

Cette ville est située à peu de distance de la mer et construite sur un monticule ; toutes les maisons,
bâties en terre et en bois, y sont entourées de jardins plantés d'oliviers, de mûriers et d'orangers,
parmi lesquels croissent quelques cyprès. M. Pouqueville pense que Pyrgos est la Pylos d'Homère :
quelques pans de murs antiques vus par cet écrivain viennent à l'appui de son opinion. Nous n'avons
découvert dans la ville aucune antiquité.

De Pyrgos, dont les environs sont plantés de vignes, nous partîmes pour Agolinitza, en prenant la
route au S.-E. Étant entrés dans une plaine, après avoir passé plusieurs ruisseaux, nous arrivâmes aux
bords de l'Alphée, dont les poètes ont célébré le mélange des eaux avec celles de la fontaine Aréthuse.
L'Alphée reçoit maintenant le nom d'Orphéa ; ce fleuve prend sa source dans les montagnes de l'Arcadie
et se jette dans les marais d'Agolinitza. Des rives de l'Alphée, nous nous rendîmes à Agolinitza, village
considérable placé sur le penchant d'une montagne : les arbres des jardins d'Agolinitza s'aperçoivent
entre les habitations et donnent au village un aspect assez pittoresque. A droite, sont les marais servant
de pêcheries au milieu desquels l'Alphée a son embouchure.

En continuant la route, on parvient à un khan en ruine. Une vallée et de jolis coteaux couverts de
pins sont à gauche; à droite se groupe un bouquet de cyprès parmi des buissons, et au delà s'étendent
des marais : la vue est bornée par le mont Smyrne; elle embrasse un bel ensemble de paysage.

Après trois quarts d'heure de marche, nous reconnûmes un monticule sur lequel nous avions campé
précédemment en nous rendant à Olympie. Nous traversâmes ensuite une partie de forêt dont les arbres
avaient été déracinés en grand nombre par la violence d'un orage récent, et quelques instants après,
nous arrivâmes au camp de Saint-Isidore. ( Pour les détails de la route jusqu'au khan de Saint-Isidore,
voir tome ier, page 53). Là, nous prîmes pour une nuit possession d'une maison qui nous avait déjà
servi d'asile. Le lendemain, nous repartîmes en nous dirigeant au S.-E. A notre gauche s'étendaient des
terrains cultivés, dominés dans l'éloignement par des montagnes presque entièrement couronnées de
, pins : la mer était à notre droite et vis-à-vis de nous se voyait l'extrémité des montagnes de la Triphylie.

Laissant à droite le hameau de Cacovada, des champs cultivés et une grande ligne de pins le long
de la mer, on pénètre dans une forêt de pins. Sur la gauche, à l'angle de la route de Strobitzi, s'élève
une tour. A ce point, nous revîmes un petit pont que nous avions déjà aperçu en allant à Olympie
(voir tome Ier, page 5i), et nous gagnâmes la ville d'Arcadia.
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