Bourgery, Jean Baptiste Marc; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 8, Text): Embryogénie, anatomie philosophique et anatomie microscopique: Oeufs, développement du foetus, ensemble du système nerveux dans le règne animal, structure intime des tissus généraux, des appareils et des organes — Paris, 1854

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302 ANÀTOMIE MICROSCOPIQUE DES APPAREILS.

l'analogie qu'elles présentent avec les cellules des fibres con- élémens sont les mêmes que ceux que nous avons décrits pré-

traciiles; cependant elles se distinguent des premières par leur cédemment, viennent se placer desfilamens élastiques qui, réu-

pâleur et leurs extrémités moins pointues, des secondes par leur nis en réseaux à larges mailles, traversent les élémens muscu-

rigidité. La membrane élastique a une épaisseur moyenne de laires d'une façon d'abord tout-à-fait irrégulière, s'accompagnent,

omm,oo22 sur le vivant, elle est lisse et parfaitement tendue sous sur les plus gros vaisseaux de cetle classe, d'un peu de tissu

l'épitbélium ; au contraire, dans les artères vides, elle présente fibreux, et çà et là manifestent la tendance à alterner en cou-

presque toujours un nombre plus ou moins grand de plis Ion- ches particulières avec les élémens musculaires, sans cependant

gitudinaux, et souvent aussi de nombreuses rides transversales perdre le caractère d'un réseau continu à travers toute la tunique

qui, bien qu'elle soit complètement homogène, lui commnni- moyenne. Catte dernière tend à perdre ainsi sa structure

quent un aspect strié. Du reste, cette membrane apparaît près- éminemment contractile ; cependant, il faut convenir que les

que toujours comme une membrane fenêtrée, avec des fibres fibres musculaires conservent encore ici une prépondérance

•ormant un réseau, très bien marquées, et de petites ouvertures très notable.

allongées. Il est plus rare qu'elle se présente comme un réseau La tunique interne des artères moyennes présente souvent,

véritable mais très serré, principalement formé de fibres élasti- entre la couche élastique interne et l'épithélium, plusieurs

ques longitudinales, avec des plis étroits et allongés, et qui se couches, dont les lamelles striées que nous avons décrites plus

rapproche par sa grande élasticité et ses réactions chimiques des haut sont les plus marquantes: celles-ci, avec les réseaux élas-

lamelles élastiques de la tunique moyenne des grosses arlères. tiques déliés, situés vers l'extérieur, qui ont leur siège dans une

La tunique moyenne des petites artères est purement muscu- matière unissante homogène, granulée ou fibrillaire, forment,

leuse, sans offrir la moindre trace de tissu fibreux et d'élémens sous une épaisseur de o""",oo6—on,m,o5'", une couche moyenne

élastiques; son épaisseur varie suivant l'importance du vais- dans la tunique internedont les élémens, tous à direction longi-

seau, elle peut aller jusqu'à omm,o65. Ses fibres cellulaires réu- tudinale, se distinguent pourtant avec facilité des couches mus-

nies en lamelles sont assez faciles à isoler jusque dans les vais- culaires de la tunique moyenne qui leur ressemblent en partie,
seaux de omm,2i8, par la coction et la macération dans l'acide La tunique adventice enfin est, dans presque toutes les ar-

nitrique étendu de quatre fois son volume d'eau, elles se laissent tères, plus forte que la tunique moyenne, car son épaisseur peut

décomposer en élémens plus petits et se présentent alors, comme aller jusqu'à on,m, 109—omra,35o. Ses filamens élastiques sont aussi

des fibres cellulaires de omm,o436—oœm,o654 de longueur et de toujours plus forts, et s'accumulent en plus grande quantité vers

on"n,oo44—onim,oo54 de largeur. la limite toujours extrêmement tranchée que forme cette couche

L'adventice se compose de tissu fibreux et de filamens élas- avec la tunique moyenne. Cette membrane élastique de l'adven-

tiques fins. La plupart du temps son épaisseur est presque aussi tice atteint son plus haut point de développement dans les plus

grande que celle de la tunique moyenne, ou un peu moindre. gros vaisseaux de cette classe, dans les carotides externe et in-

La structure que nous venons de décrire peut s'appliquer terne, dans la crurale, dans la brachiale, la fémorale profonde,

jusqu'aux artères de omm,27, mais au-delà, elle se modifie de plus la mésentérique, la cceliaque, où son épaisseur mesure de

en plus jusqu'aux capillaires. Dans cellesde omm,2i8, la tunique o,nm,0283—omm,o872 et même plus; elle y est parfaitement divi-

adventice ne contient déjà plus de tissu élastique, mais elle se sée en feuillets, avec des lamelles dont la structure est souvent

compose encore de tissu fibreux avec des noyaux allongés. Dans extrêmement analogue à celle des véritables membranes élasti-

les premiers degrés elle est encore fibreuse; plus loin, quoique ques. Du reste, les couches externes de l'adventice contiennent

présentant toujours des noyaux, elle paraît plus homogène, et aussi des réseaux élastiques, seulement leurs élémens sont un

enfin, elle se présente comme une enveloppe mince, complète- peu plus fins, ne forment pas de lamelles, mais se joignent les

ment amorphe, qu'on ne retrouve plus dans les vaisseaux qui uns aux autres avec plus d'irrégularité. Les plus grosses des

ont moins de omm,oi53. artères moyennes commencent à se rapprocher des artères de

La tunique à fibres annulaires présente encore, dans les ar- premier ordre, en ce sens que certaines parties des réseaux élasti-

tères deomLI1,2i8—omm,o87 de diamètre, deux ou trois couches ques se constituent nettement en lamelles élastiques un peu plus

d'une épaisseur de omm,oioo,—omm,oi74; dans les artères en- épaisses, qui cependant s'enchaînent les unes aux autres à tra-

core plus petites, il n'y a plus qu'une couche dont les élémens vers toute l'épaisseur de la tunique moyenne, et forment aussi

deviennent de plus en plus courts, et finissent par se réduire plus rarement des membranes élastiques vérilables, ce qui les

dans les vaisseaux, entre o™m,o65—omai,oi52, à des cellules distingue très bien des plaques élastiques delà tunique annu-

allongées ou ovales, de omm,o327—omm,oi3i, avec des noyaux lairefibreusedesplusgrossesartèresquenousauronsàdécrireplus

plus petits. tard. Ces lamelles commencent à se montrer dans la couche in-

La tunique interne offre, jusqu'aux vaisseaux de omm,o65, terne de la tunique médiane des artères crurales, mésentérique

une membrane interne qui est élastique, et qui n'est tout-à-fait supérieure, cceliaque, iliaque externe, brachiale, carotide externe

développée que dans les artères de omm,oi31 —omm,074. On peut et interne; mais à l'origine des libiales antérieures et postérieures

suivre l'épithélium jusqu'aux artères de omm,02i8, et même de et dans la poplitée, elles se trouvent d'une manière remarquable

omm,i53. dans toute la tunique moyenne, et surtout dans la dernière de

Les artères moyennes supérieures à i""",74 ou 2mm,i8, jus- ces artères, qui offre aussi le plus souvent des parois un peu

qu'à celles qui ont de 4m'"j36—6mn,,54 de diamètre, ne présen- plus épaisses que celles de la crurale: elles sont très bien dé-

tent d'abord dans leurs couches externes et internes, aucun veloppées.

changement considérable ; la tunique moyenne, au contraire, Ces modifications de la tunique moyenne préparent le pas-
non seulement devient plus épaisse en proportion de l'accrois- sage des artères de deuxième ordre aux plus grosses artères. Pour
sèment du vaisseau, mais encore sa structure se modifie. A côté ce qui concerne la tunique interne, les cellules épithéliales ne
des couches musculaires, toujours plus nombreuses, dont les sont pas aussi allongées que dans les petites artères, elles con-
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