La chronique des arts et de la curiosité — 1920

Page: 1
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1920/0009
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
NT» 1. - 1920

BUREAUX: 106. B” SAINT-GERMAIN (6e)

L5 janvier.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS
jjf>g abonnés à la Gazette des Beaux-Arts reçoivent gratuitement la Chronique des Arts et de la Curiosité

Prix de l’abonnement pour un an :

Paris : 18 fr. — Départements : 20 fr. — Étranger : 22 fr.

T ,<=. nsru-m.éro : 1 Franc

PROPOS DU JOUR

'eux incendies se sont déclarés en
■U l’espace de huit jours au château de
Compiègne, qui donne asile actuelle-
'£) ment, dans quelques salles du pre-
mier étage, au service des régions libérées de
l’Oise.

C’est dans les bureaux de ce service, qui étaient
installés au-dessus de quelques-unes des plus
belles salles du château, que le feu a éclaté la
première fois, dans la nuit du 13 au 14 décembre.
Malgré les mesures prises immédiatement, ce
n’est qu’assez tard dans la matinée du lendemain
que le sinistre a pu être arrêté. Comme nos lec-
teurs le savent déjà, les dégâts et les perles su-
bies sont très importants. Un hasard heureux
fait qu’on n’a pas à déplorer également la des-
truction des tapisseries qui ornaient avant la
guerre les salles du rez-de-chaussée et qui, rap-
portées à Compiègne d’où elles avaient été en-
levées, attendaient en gare leur déchargement.

Quelques jours après une seconde alerte a eu
lieu, sans dommages heureusement.

Cette double leçon portera-t-elle ses fruits?
La Direction des Beaux- Arts a nommé une com-
mission chargée d’étudier les mesures de préser-
vation à prendre dans l’avenir. Peut-être des per-
fectionnements sont-ils à apporter en effet dans
les moyens de défense contre l’incendie dont dis-
pose le château ; mais la plus urgente et la plus
importante des précautions à observer, c’est
d’éloigner au plus tôt du palais ces services
administratifs qui y étaient installés provisoi-
rement.

Souhaitons maintenant que l’expérience faite
à Compiègne soit bonne aussi pour Paris. Le
palais du Louvre — ne l’oublions pas — abrite,
en même temps que le musée, deux ministères
où s’accumulent les dossiers, où journellement
des imprudences sont commises.

Un périodique annonçait ces jours-ci — par
raillerie — qu’un incendie avait éclaté au Louvre
et lait des dégâts considérables. En avouant le
caractère fantaisiste de cette information, il

ajoutait qu’elle était seulement prématurée.
C’est hélas! vraisemblable.

Nous attendons beaucoup de l’administration
des Beaux-Arts depuis sa réorganisation. C’est
un de ses plus pressants devoirs que de défendre
le musée du Louvre de ses dangereux voisins.

Le Louvre est non seulement le plus impor-
tant de nos musées, c’est sur bien des points le
seul. Un esprit exagéré de centralisation nous
y a fait rassembler peu à peu nombre des
œuvres d’art qui se trouvaient disséminées dans
nos autres collections publiques. Aujourd’hui la
tendance s’affirme d’y faire entrer les pièces
capitales des collections particulières, pour
empêcher qu’elles ne partent à l’étranger. Faut-
il que le Musée du Louvre, refuge national de
nos richesses d’art, reste sous cette menace
incessante d’être la proie du feu?

Le problème du déplacement de deux minis-
tères est complexe certainement; la crise du
logement existe pour les administrations comme
pour les particuliers. Mais il y a surtout les
habitudes prises, et les résistances bureau-
cratiques. Ne serait-ce pas encore plus aisé
de les vaincre qu’un incendie quand il aura
éclaté?

NOUVELLES

.*** Le Président de la République inaugurera
le 16 janvier au Musée du Louvre les nouvelles
installations du Salon Carré, de la salle des Sept
mètres, de la Grande Galerie, des petites salles
françaises et de la collection Camondo.

QQ Le Journal officiel a publié, dans son
numéro du 31 décembre 1919, la liste des
ouvrages de peinture, sculpture, gravure et
gravure en médailles commandés par l’État
ainsi que des subventions accordées par lui du
1er janvier au 31 décembre 1918, et dans son
numéro du 1er janvier la liste des œuvres d’art
acquises par l’État pendant la même année.

Le Journal officiel a publié dans son
numéro du 8 janvier un décret en date du
13 décembre 1919 fixant le statut du personnel
des Bibliothèque et Musée de la Guerre.
loading ...