La chronique des arts et de la curiosité — 1920

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Sfn 7. — 1020

BUREAUX: 106. BD S’A TNT-GERMAIN' (6e)

15 avril.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET.DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

es Tuileries constituent-elles un « site
classé », oui ou non? Si oui — et
mm, nous croyons que c'est bien Taffir- 1
. jSgsgT^f mative qui est exacte —- comment
se fait-il qu’une notable partie du jardin soit
envahie chaque année par des baraquements,
et qui donc autorise ce périodique attentat? !
Lorsqu’il s’agissait de la Foire de Paris, on pou-
vait à la rigueur exciper du peu de durée de la
manifestation; mais il y eut d’autres exposi-
tions, plus restreintes quoique moins éphémè-
res; et voici que cette-année l’envahissement
dépasse en dimensions et en longueur de temps
tout ce que l’on avait constaté jusqu’à ce jour:
le vaste espace libre, au long de la rue de Rivoli
et de la terrasse des Feuillants, est occupé par
d’énormes constructions de bois, avec portiques
monumentaux du style le plus désuet, destinées
au « Salon des industries de luxe et des ai'ls
appliqués ».

Tout en cette affaire exige une protestation.
Le jardin, dans la partie la plus ensoleillée, est
enlevé aux ébats de la jeunesse pour qui celte
large plaine a été ménagée, et cela depuis plu-
sieurs mois et pour plusieurs mois encore. Les
baraquements apparaissent difformes et laids
en leur immensité, laids bien davantage aux
endroits où on leur applique un décor de liteaux
et de plâtras. Enfin, l’Etat, en autorisant cette j
emprise, se donne à lui-même, en quelque
sorte, les étrivières; car ce n’est un mystère
pour personne que le susdit salon, mis en œuvre
par la Chambre syndicale de l’ameublement de
la rue de la Cerisaie, doit servir les intérêts de
corporations rétrogrades, attachées au pastiche
mortel pour l’art, en même temps qu’il rendrait
inutile — espère-t-on — l’Exposition interna
tionale d’art décoratif moderne de 4923. Celle-ci,
étant fermée aux salles à manger Henri II et
aux boudoirs Louis XVI,est mal vue, par consé-
quent, de ces tenants des styles périmés, qui se
piquent, par la plus audacieuse des aberrations,
de représenter le seul et véritable art décoratif
français.

On pourrait, du reste, ajouter d’autres raisons
à celles qui viennent d’être énumérées. Celle-ci,
entre autres, dont la presse quotidienne s’est
fait l’écho : les régions envahies ne peuvent
obtenir de tôle ondulée et l’on en voit aux Tui-
leries des surfaces considérables... Et puisque
nous en sommes à des considérations de ce
genre, demandons que Ton expédie vivement
dans quelque contrée dévastée, où les abris man-
quent encore, les baraques élevées dans la cour
du Palais-Royal par la défunte Section photo-
graphique de l’armée et qui ne servent à rien
depuis si longtemps.

Le Salon des Tuileries dispose, nous dit-on,
d’un capital de deux millions et demi. On mesu-
rera par là le pouvoir des organisations qui
l’ont lancé. Il apparaît, cependant, qu’elles ne
disposeront plus désormais des Tuileries. L’opi-
nion publique s’est émue du monstrueux éta-
lage. Nous demandons avec elle que plus jamais,
sous aucun prétexte, on ne concède ainsi des
espaces nécessaires à la population... Si Ton
voulait même enlever le lamentable monument
de .Jules Ferry que Ton y édifia abusivement,
ce serait du plus certain bénéfice.

NOUVELLES

Actes officiels

*** Par décret rendu sur la proposition du
Ministre de l’Instruction publique et des beaux-
arts ont été classés comme monuments histo-
riques les restes du monastère du Moncel à
Pontpoint près de Pont-Sainte-Maxence, fondé
en 4309 et dont il subsiste notamment la salle
capitulaire, le réfectoire et le dortoir qui possède
encore intacte l'admirable charpente de son
comble, terminée en 4337.

Légion d'honneur.

M. Maurice Ravel, compositeur de musi-
que, n’ayant pas accepté la croix de chevalier
de la Légion d’honneur que lui avait décerné le
décret du 15 janvier, un nouveau décret en date
du 2 avril vient de rapporter le précédent en ce
qui concerne cet artiste.
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