La chronique des arts et de la curiosité — 1920

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N° 3. — 1920.

B U R EAUX: 106, BD SAINT-GERMAIN (6e)

15 février.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

fuRl’initiative du directeur des Musées
nationaux, des conférences sont
faites actuellement par les conserva-
teurs des divei's départements du
Musée du Louvre, au personnel de gardiennage,
en vue de l’instruire quelque peu sur l’intérêt
historique et artistique des collections qu’il a
mission de surveiller.

Cette tentative de formation professionnelle
paraît excellente. L’ignorance des gardiens de
musée est légendaire. La plupart en savent à
peu près aussi long que cette dame péruvienne
qui confondait toujours les numéros des rois de
France avec ceux des siècles et regrettait qu’on
ne pût les faire concorder !

Il ne faut point s’en étonner, étant donné le
recrutement de ce personnel. Une honnêteté
absolue, de la vigilance, de la poigne, voilà les
qualités qu’on exige d’un gardien de' musée, et
l’on fait appel pour ces emplois à des hommes
qui ont déjà fait preuve de ces qualités. Aucune
connaissance spéciale n’est exigée d’eux.

La surveillance et l'entretien courant des
objets d’art est certainement leur rôle principal.
Mais c’est une erreur de croire que l’absence
des notions techniques les plus élémentaires
chez les gardiens de musée n’est pas préjudi-
ciable aux objets d’art qu’ils nettoient ou qu’ils
déplacent. De plus, le public demande fré-
quemment des renseignements. Dans les châ-
teaux et autres monuments historiques, où les
visiteurs ne circulent que par groupes, il est
d’usage que le gardien qui les accompagne
donne des explications détaillées. On sait quels
feuilletons historiques débitent ainsi ces bra-
ves «ciceroni » : les faits exacts y sont mélangés
aux légendes les plus douteuses; des erreurs
grossières y sont fréquentes.

11 ne faut plus qu’il soit donné ainsi, quasi
officiellement, dans nos musées des commen-
taires d’une qualité aussi inférieure. 11 faut sou-
haiter que l’initiative prise par la direction des
Musées nationaux soit étendue à la province,

du Mont Saint-Michel au château de Pau. C’est
là qu’il est le plus nécessaire que le personnel
soit instruit.

En quoi consistera cette formation profession-
nelle ? Comme nous le disions, des notions
techniques sont indispensables. Elles pourront
être données par les conservateurs. Des dé-
monstrations pratiques pourraient être aussi
faites par des techniciens, comme les restaura-
teurs, qui donneraient certainement de très bons
avis, entre autres sur l’hygiène à observer pour
les œuvres d’art.

En outre, pour mettre plus à l’aise les gar-
diens de musée dans leur rôle d’informateurs,
il est utile qu’ils aient, en plus, des renseigne-
ments circonstanciés sur les objets exposés,
quelques précisions sur les grandes époques de
l’histoire de l’art, sur le sens des mots : Moyen
âge ou Renaissance. En enseignement primaire
artistique, voilà ce qu’il leur faut. On peut le
donner sous forme de cours, de leçons faites
dans le musée même. Le conservateur du
musée de Saint-Germain a la très bonne habi-
tude de présenter lui-même le musée à des
groupes de visiteurs heureux de cette bonne
fortune. C’est, pour les gardiens qui l’accom-
pagnent, la meilleure des leçons.

En province on pourrait faire appel égale-
ment pour celte instruction générale aux pro-
fesseurs des lycées et autres établissements.
Enfin, les lectures, les études personnelles que
pourront faire les intéressés leur seront très
profitables. Qui écrira le manuel du parfait gar-
dien de musée ? Cet ouvrage serait fort utile et,,
il faut l’espérer, très apprécié.

NOUVELLES

Actes officiels.

Le Journal officiel a publié dans son nu-
méro du 24 janvier la liste des œuvres d’art
acquises pour le compte de l’État du 1er janvier
au 31 décembre 1919.

Musées.

Des infiltrations qui se sont produites lors
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