La chronique des arts et de la curiosité — 1920

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N° fi. •— 1990.

BUREAUX: io6,BD SAINT-GERMAIN (6«)

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LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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X_.e Numéro : 3L Franc

PROPOS DU JOUR

épouillés d'une infinité d’œuvres
d’art détruites ou spoliées et dont
nous n’avons su — la Chronique le
constatait tout récemment — exiger
le remplacement, nous sommes menacés*de
pertes encore plus graves, parce que pouvant
s'étendre à tout le territoire. 11 s’agit de notre
patrimoine artistique privé, qu’aucune dispo-
sition législative ne protège et qui risque fort de
disparaître peu à peu en un exode déplorable.
Des amis, des alliés, des neutres, des ennemis
peut-être, attirés par ces incalculables richesses,
s’apprêtent, dit-on, à les mettre en exploitation.
Tentateurs dangereux, à la bourse amplement
garnie, ils vont acheter partout et emmener loin
du sol natal (cette expression ne saurait être dépla-
cée quand ils’agitde ces créations de notre raison,
de notre logique, de notre goût, de notre habileté
technique) tout ce qu’on voudra bien leur céder.

Et l’on peut tenir pour certain qu’ils trouve-
ront peu de réfractaires: leur argent vaut trois
ou quatre fois le nôtre; nous sommes pressés
de tous côtés par des charges de plus en plus
lourdes. 11 faudra se séparer souvent, fût ce la
mort dans l’âme, d’œuvres aimées, qui sont une
part importante de la beauté de la France.

Mais laissera-t-on se consommer cette ruine-
là? C’est le cas de se souvenir d’un projet de la
plus exacte opportunité que M. Honnorat, alors
qu’il n’était que député, déposa au début de la
guerre et qui avait pour objet de sauvegarder ce
trésor national. Par exemple, ce furent de beaux
cris! Au nom de la propriété menacée en son
principe, disait-on, tout le commerce de la
«curiosité» mobilisa. Le projet, combattu âpre
ment, mais que notre Chronique jugea de son
devoir d’appuyer (4), ne fut même point « rap-
porté » si nous ne nous trompons. M. Honnorat
est ministre de 1 Instruction publique et des
Beaux-Arts aujourd’hui ; c’est un homme de cou-
rage et de réalisation, qu’il reprenne sans délai

(1) V. Chronique des Arts du 45 juin 1916 (Propos
du Jour).

une idée qui n’a que trop attendu et la mette à
exécution, malgré les criailleries intéressées ; il
sera soutenu par l’opinion publique justement
émue de dévastations que n’excuseraient ni
l’envahissement, ni les déprédations d’une solda-
tesque barbare.

Quant aux moyens pratiques d’obtenir que
les particuliers ne vendent point des objets qui
sont leur propriété absolue tout en faisant partie
du patrimoine moral de la nation, il est certain
que, de même que pour toute obligation quel-
conque, on devra porter atteinte à quelque prin-
cipe ou à quelque notion traditionnelle. La
question est de savoir s'il y a un principe supé-
rieur, celui de notre richesse artistique générale,
et en tout cas, il convient qu’elle soit examinée
immédiatement. 11 est bien évident, d’autre
part, que ce n’est pas par la persuasion ou
l’enseignement qu’on convaincra les possesseurs
à court d’argent. Interdiction d’exporter les
œuvres d’art ou droit prohibitif à la sortie, ser-
vice de prêts gagés sur ces œuvre- mêmes, il
peut y avoir encore d’autres modes de procéder:
il convient de les rechercher en hâte.

Et, quoi que l’on décide, il ne faudra pas
oublier les archives photographiques à consti
tuer de toute nécessité.

NOUVELLES

Actes officiels

Le ministre de l’Instruction publique et
des Beaux-Arts vient de nommer membres de
la Commission des Monuments historiques à la
direction des IRaux-Arts MM. Léon Bérard,
député, ancien ministre des beaux-arts; Camille
Jullian, membre de l’Institut, professeur au Col-
lège de France; Barlholomé, statuaire, président
de la Société nationale des beaux-arts ; Pol
Neveux, inspecteur général des bibliothèques.

Par arrêté du ministre de l’Instruction
publique et des Beaux Arts, M. Henri Martin,
artiste peintre, membre de l’Institut, a été
nommé membre du Conseil supérieur de l’ensei-
gnement des Beaux-Arts, en remplacement de
M. Roli, décédé.

Par décret du Président de là République
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