La chronique des arts et de la curiosité — 1920

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N° 12. — 1920.

BUREAUX: 106, B° SAINT-GERMAIN (6Q

30 juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Le prochain numéro portera la date du
1er août.

PROPOS DU JOUR

a discussion, toute récente, du budget
des Beaux-Arts à la Chambre a été
particulièrement intéressante. On
en a lu le sommaire dans le précé-
dent numéro de la Chronique. 11 vaut néan-
moins la peine d’y revenir, ne serait-ce que
pour noter l’excellent et nouvel état d’esprit de
députés qui, malgré la divergence de leurs vues
politiques, se sont pleinement accordés sur des
principes essentiels, des protestations nécessai-
res, des doléances indispensables. Certes, bien
des postes de ce budget insuffisant auraient pu
donner lieu à examen, voire à controverse,
comme ces « concerts populaires à Paris et dans
les départements et œuvres de décentralisation
artistique » dotés de 100.000 francs en tout et
pour tout ; mais la bonne volonté qui s’est mani-
festée à propos d’autres points, la sincérité,
la vivacité même des déclarations, rachètent
l’absence de discussion sur la plus grande par-
tie des chapitres et permettent de marquer cette
séance d’un caillou blanc.

Parlant des « travaux d’art et décorations
d’édifices publics » (chapitre 32 ; 846.000 francs),
M. Paul Gay s’est plaint avec véhémence des
baraquements qui, par un contraste singulier
avec ces préoccupations esthétiques, enlaidis-
sent les Tuileries et d’autres sites. De nombreux
députés ont fait chorus, de sorte qu’une con-
damnation très nette dé la regrettable exposition
des Tuileries, contenant et contenu, s’en est
suivie. Le ministre, tout en exprimant des
regrets, a déclaré qu’il avait nommé une com-
mission pour statuer désormais sur les deman-
des de concession du domaine des Beaux-Arts:
on verra, dans l’avenir, ce que vaut ce remède
et Ton ne peut s’empêcher de se demander

pourquoi le ministre n’a pas simplement décidé
que les Tuileries seraient intangibles.

Ce toile a eu pour corollaire d’intéressantes
déclarations du rapporteur, M. Pierre Rameil,
au sujet de l’Exposition internationale d’art
décoratif moderne de 1923, de son importance
toute particulière au point de vue de notre art
et de notre rénovation économique.

Plus tard encore, à propos d’un crédit d’en-
tretien du mobilier national, où la commission
des finances, avec le plus juste sentiment des
nécessités actuelles sinon de la correction
grammaticale voulait inscrire la rubrique
« commandes à des artistes modernes », M. Ra-
meil s’est expliqué sur la seule conception pos-
sible aujourd’hui de l’art appliqué, la conception
moderne, qui a toujours été celle des époques
antérieures, lesquelles ne songeaient pas à faire
de la copie. Et nul n’a protesté. Allant plus loin
encore, le rapporteur a demandé des encou-
ragements positifs à l’effort moderne. « L'art
moderne, a-t-il ajouté, encouragé sous toutes
ses formes par l’État, pourra lutter contre les
artisans autrichiens et allemands, qui, déjà
avant la guerre, avaient accaparé le marché
mondial. Sur 3 milliards d’affaires faites dans
ce domaine par l’Europe, 2 milliards leur reve-
naient, la France et les autres pays se parta-
geaient un milliard. » Quel champ immense
pourrait s’ouvrir devant nos artistes et artisans
s’ils étaient encouragés, comme la Chambre a
paru le souhaiter! Mais le ministre, ici encore,
nous semble avoir été bien timide. Il s’est
déclaré d’accord avec le rapporteur, quant aux
sentiments exprimés ; seulement il a argu-
menté en fonctionnaire quant à l’introduction
au budget des « commandes à des artistes
modernes ». 11 fallait qu’elles soient inscrites à
tel chapitre, déjà voté, et non à celui en discus-
sion : pourquoi, sachant que le projet de budget
comportait celte adjonction, n’a-t-il pas pris lui-
même l’initiative de la faire placer au bon
endroit?

' D’excellentes paroles ont été prononcées
encore au sujet de l’état des palais nationaux
et de leur mobilier, des catalogues des musées
(question qui nous préoccupait tout récemment)
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