La chronique des arts et de la curiosité — 1920

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N° 18. — 1920.

BUREAUX: m6. BD SAINT-GERMAIN (6e)

15 novembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

a mort soudaine de M. Marc Réville,
commissaire général de l’Exposition
internationale des arts décoratifs
modernes de 1923, a attiré l’atten-
tion sur cette manifestation, dont vraiment l’on
ne parlait pas assez. 11 s’était établi une sorte
de silence fâcheux à cet égard et d’étranges
rumeurs, même, avaient couru au sujet d'une
renonciation possible de l’Etat.

S’il est une entreprise, cependant, qui doive
exciter l’intérêt général, mettre en mouvement
autorités et administrations, c’est bien celle-là.
Nous ne cessons en des discours de parler de
notre art décoratif, nous sommes convaincus
qu’il demeure le premier de tous, mais tandis
que nous nous satisfaisons ainsi, laissant nos
décorateurs chercher isolément, sans appui ni
subventions, on travaille au dehors, et partout
on se prépare à des expositions générales ou
partielles pour le cas où la France se déroberait
à sa tâche. Les pays étrangers sont prêts à venir
chez-nous f quelques-uns s’en plaignent, mais
le plus grand nombre a compris qu’il y aurait
là une émulation salutaire — et le fait est que
nous ne devons point avoir peur de nous
mesurer courtoisement avec ces rivaux en
ameublement, en orfèvrerie, en céramique, en
verrerie, etc.

L’hostilité esquissée par certaines chambres
syndicales de l'ameublement, vouées au pas-
tiche, à l’éternelle et mortelle répétition des
vieux styles, peut se manifester encore. Bien
que leur exposition des Tuileries ait été un
insuccès complet à tous les points de vue, elles
ne se lasseront peut-être pas d’agir à l’encontre
d’un projet que l’ancien rédacteur en chef de la
Gazette des Beaux-Arts, Roger Marx, fut l’un des
premiers à soutenir. Il faut enfin passer outre.

Quand ces lignes paraîtront, le successeur du
regretté M. Réville aura sans doute été nommé ;
ce n’est donc pas ici le lieu d’examiner les
candidatures dont on parle. L’important, au
surplus, c’est d’agir et de se préparer, comme
nous le savons de source certaine, on se pré-

pare en plus d’un pays. Il ne peut plus être
question, très probablement, de 1923: décidons-
nous, sans plus de tergiversations, pour 1924:
notre intérêt économique, comme notre intérêt
moral, est engagé, et de la façon la plus
sérieuse. Il faut que l’on y songe en haut lieu.

Un des premiers soins devra être le vote des
crédits nécessaires, que des manœuvres insi-
dieuses réussirent à retarder, au grand chagrin
de M. Réville, qui, lui, était convaincu de la
grandeur et de l’importance de sa mission. La
question de l’emplacement, que des campagnes
d’un autre genre ont compliquée tout d’abord,
doit pouvoir être résolue aussi. U y a urgence
en tous cas.

Et puisque un malheureux événement a
réveillé les échos assoupis, ne laissons plus le
morne silence se faire sur une entreprise du
plus certain intérêt national.

NOUVELLES

Législation

*** La loi du 20 mai, frappant d’un droit de
suite au profit des Artistes les ventes publiques
d’objets d’art, a prévu qu’un règlement déter-
minerait dans quelles conditions les artistes ou
leurs héritiers pourraient bénéficier de cette loi.
Les artistes et héritiers des artistes décédés après
le 1er juillet 1864, désirant bénéficier de ce droit,
apprendront avec intérêt que le Syndicat de la
propriété artistique se propose d’en organiser
la perception (1).

*** Par une première application de la loi sur
l’exportation des richesses d’art, la commission
compétente a retenu, en examinant la collec-
tion du peintre Ferdinand Roybet, à la veille
d’être dispersée, trois statues de Vierge à l’En-
fant, l'une du xue siècle, et les deux autres du
XIVe. Le classement provisoire pour cinq ans
sera demandé pour ces objets.

Musées

*** Le Conseil supérieur des Musées natio-
naux a tenu sa première session le 8 novembre

(1) Siège à Paris : 3bis, rue d’Athènes.
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