Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,2): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ...: 2 — Paris, 1851

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UNE PROCESSION

DU SAINT SACREMENT
A BARCELONE
EN 1A2A.

L'an passé, dans la livraison de ces qui paraissait quelques jours avant Noël, nous
avons publié un latin du onzième ou du dixième siècle, destiné aux solennités que ra-
menait chaque année le souvenir de Béthléem E Aujourd'hui, dans des feuilles qui doivent
être livrées au public vers la Fête-Dieu, on lira peut-être avec intérêt un spécimen de la
manière dont se célébraient jadis les processions de ce grand jour.
« Nous avons changé tout cela, o

mais je ne vois pas qu'on ait eu lieu de s'en applaudir ; car le pauvre peuple a fini par s'aper-
cevoir que dans le monde actuel il n'y avait plus de jouissances vives et nobles sinon pour
qui avait de l'argent. Depuis qu'on lui a dépouillé l'Église et que l'on a pris soin de détruire
en son cœur toute envie d'y aller respirer un reste quelconque d'adoucissement à ses durs
labeurs, il n'entend plus guère parler de spectacles, de beaux-arts, de joie pure et élevée,
que comme d'une denrée de luxe interdite aux petites gens. Ceux qui lui avaient fait ce sort
n'ont pas cru sans doute être assez téméraires si dans ces âmes qu'un pareil régime devait ul-
cérer bien cruellement à la longue ils ne jetaient encore par surcroît mille ferments de jalou-
sie, de haine, de convoitise et de déconsidération ; et l'on s'étonne après cela de voir monter
chaque jour le flot mugissant comme une menace implacable! Le moyen âge, avec toute sa
rudesse un peu hautaine et la part si large qu'il faisait au respect pour l'autorité, n'avait pas
imaginé qu'on pût traiter le pauvre avec ce froid oubli. Les tapis, les pierres précieuses et les
riches étoffes de l'Asie, les splendeurs de l'art, toute la pompe dont on savait s'aviser, ne s'y
enfermaient point dans des salons ou des boudoirs ; c'était dans les fêtes civiles et religieuses,

dans les églises surtout qu'elles s'étalaient, et souvent à demeure, sous les yeux et au profit

du plus mince manant qui pouvait s'en rassasier et s'en agrandir le cœur en même temps que

* T.I, p. 258, svv. Je mettrai à profit la similitude de ces deux
publications pour terminer celle-ci par des rectifications au
texte imprimé du latin. Ayant eu (mais un peu trop
tard) communication du manuscrit de Bilsen, qui appartient
maintenant aux Bollandistes, je crois devoir rétablir certains

passages que la vétusté avait empêché de bien déchiffrer à la
première lecture. Toutes les paroles y sont notées en musique,
car c'était un véritable oratorio ; mais je n'étais pas de force
à traduire ces vieux signes en notation moderne, et de plus
habiles que moi ont jugé qu'il ne fallait pas se hâter de le faire.
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