Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 3,3): Nouveaux mélanges ... sur l'moyen âge : décoration d'églises — Paris, 1875

Page: 42
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VITRAUX D'AUXERRE

î. — VIE DE SAINT NICOLAS (PLANCHE i).
Dnrant ses voyag'es pour compléter nos travaux communs sur les verrières de Bourg'es,
ie P. Arthur Martin avait été frappé du savoir-faire qui se montre dans les vitraux d'Auxerre
et de Sens. Quelques-uns lui sembtaient fort supérieurs, comme exécution et comme
pensée, à leurs analog*ues du Berry; mais la Bourg*og*ne n'a pas conservé le même ensemble
de grands sujets. Cbartres seul peut en ce g*enre rivaliser avec Bourg'es: et nous n'avions
pas à courir sur les brisées du g*ouvernement, qui promettait la monograpbie entière de
cette merveilleuse catbédrale. Quelques fraganents des verrières bourg'uigmonnes ont paru
dans nos sur Saint-Étienne de Bourg*es et plus tard, le P. Martin grava lu^même
divers sujets qu'ii avait dessinés à Auxerre. Malheureusement presque aucun d'euxn'étaitde-
meuré complet; nous les donnerons donc teis qu'ils se sont présentés à mon ancien confrère.
Deux grands médaillons et demi sont le seul reste du vitrail cousacré à la vie de saint Ni-
colas; et par conséquent les faits y sont moins nombreux que dans celui de Bourg'es qui
traite le même sujet ^ quoique là même il manque aussi plusieurs médaiilons b Ici, à
commencer par en bas, comme c'est la marcbe la plus ordinaire, on voit la mort de l'évêque
de Myre auquel succéda saint Nicolas. Les prélats du voisinag'e pnient Dieu de les éclairer
pour l'élection qui doit pourvoir au remplacement du défunt. Le jeuneNicolas, surpris à la
porte de l'égdise pendant son oraison, est saisi par le consécrateur qui l'oblig'e à recevoir
la mitre. Cette succession de peintures nous conduit jusqu'au médaillon suivant. Aussi voit-
on un petit malheureux qui est cuit dans son bain (à quoi le diable ne nuit pas), tandis que
la mère trop curieuse est allée voir la cérémonie du sacre.
Je crois bien qu'après des malbeurs éproavés par cette verrière, probablement à l'époque
du calvinisme on aura voulu réunir passablement ce qui demeurait entier. Ainsi l'au-
mône faite par saint Nicolas au père des trois jeunes blles pauvres se trouve plaçée au-
dessus de la consécration épiscopale du saint; et ce fait appartient cbronolog*iquementaux
années qui précédèrent son épiscopat. 11 y a donc lieu de présumer que cette portion supé-
rieure du second médaillon occupait primitivement un rang' inférieur.
Au sommet, nous n'avons qu'une partie du prodig'e qui veng'ea rinbdélité faite à une
promesse dont le tbaumaturg'e était l'objet. Cela n'a pas seulement été expbqué dans le texte

1. Ct'. IVùYmæ & ÆoMrges, Études XI, XV, XVH, XX, etc.
2. Cf. LVUYmæ & Ponrpes, pl. Xtlp et § 170-176 (p. 259-
264) du texte.
3. Pour l'interprétation de verrières plus complètes, ou
qui n'auraient perdu que les dernières scènes, on pourra
tout bonnement recourir soità IaLépe?^de dorëe, soit au Spe-
eMhtm Æcdestæ d'Honorins d'Autun (Ser?n. de s. AVcoAto).
4. A propos de i'abside d'Auxerre donnée en couleurs

connnc plancbe d'èDtde pour former complcment aux PV-
DYtttte & jBowpes, nous avons fait remarquer que tout le bas
cles verrières avait été renouvelé sous l'épiscopat cI'Amyot-
C'est que les caivinistes s'étaient, fait un jeu d'y briser tout
ce qu'ils pouvaient atteindre avecleurshallebardes. On peut
bien croire qu'ici encore nous avons des traces du vanda-
lisme protestant; quoique, vraiment, Chapitres et Marguil-
liers y aient parfois aussi à clire leur cu/pu.
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