Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 3,3): Nouveaux mélanges ... sur l'moyen âge : décoration d'églises — Paris, 1875

Page: 109
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DÉTAILS DE SCULPTURE DLCORATIVE

Puisque nous avons donné si peu de détaiis surrornementation des tombeaux du moyen
âg-e avant Pépoque oü Ia figmre humaine y reprend te dessus, it est trop juste de montrer
ce que savait fairele ciseau pour orner les bandeaux, cbapiteaux et autres partiesdeParchi-
tecture oü le sculpteur avait son rôle décoratif. C'est surtout antérieurement au mitieu du
xm° siècle que ce g-enre offre des modèles où l'imag-ination des artistes est presque intaris-
sable. Ette y débuted'assez bonne heure par de simples lig-nes brisées ou des entrelacs presque
étémentaires. Puis on appette à son aide la broderie quelque peu roide, et à la tournure
empesée. Les palmettes antiques servent aussi de ressource avec plus ou moins de bonheur.
Les modèles empruntés à la vég-étation s'y hasardent timidement d'abord, puis arrivent à
une habiieté merveilieuse. On avait commencé par des copies, et l'on parvenait à des imi-
tations tibres qui embellissaient t'orig-inal par une invention vërilabte.
Dès tors ta fantaisie cesse d'étre g'uindée, comme ette l'était souvent aux abords du
xifsiècte; et l'ornemaniste sembte ne demander àl'arcbitecte qu'une occasion d'épancher
saverve inépuisable en frises, culs-de-lampe, cbapiteaux, ctefs de voûte, etc., qui reposent
t'œit parmi te nombre toujours croissantdes tig-nes verticales.
Les vitraux prêtaient au peintre une occasion dont it a profité larg-ement pour couvrir de
targ-es surfaces en mosaïques, cordons, bordures qui ne se répètent quasi jamais. Lorsqu'it
faut s'attaquer à la pierre, la fécondité de ressources ne sembte pas arrêtée un instant. On
ne me demandera sûrement, dans i'exhibition de ces curiosités, ni lelieudeprovenance bien
sûr, ni des phrases de monté en formutes locales. Mon ancien cottaborateur avait
un faibte pourSaint-Remi de Reims, oü it dessina divers motifs; mais bien d'autreség-lisestui
offrirent à g-laner, en sorte que je me trouve réduit à classer sa moisson très-sommairement.
Une certaine anatog-ie de caprices sera 1e prétexte de ma métbode un peu hasardeuse; et,
sauftes diversités d'écotes provinciates, ette indiquera jusqu'à un certain pointl'époquequi
a produit chaque g-roupe. Ma prétention ne s'étend pas ptus loin en une matière qui n'occupe
pas mes études; car j'ai toujours beaucoup plus considéré te sens des monuments que leur
forme. 11 ne faut pas m'en départir à t'âg-e où je suis arrivé, quoique j'aie à faire montre
d'objets qui n'ont pas été réunis de ma main, et que je n'aurais pas collectionnés au cas
où j'eussë étéhabiledessinateur. Mais il ne faut répondre de rien sur de simples hypothèses.
Gar qui peut dire où it eût abouti sur une voie qu'il n'a point parcourue?
LeP. A. Martin avait déjà montré son zète pour Lornementation du moyen âg-e, par
maintes planches de notre P° série; sans parter des deux votumes de la 11°, où presque tout
est de sa main. Dans cette pubtication postbume, il s'était promis apparemment un rôte de
commentateur dont je ne saurais me charg-er en sa place; je ne le lui aurais pas demandé
de son vivant; et il ne comptait pas sur moi, sans doute, pour développer pareit thème.
Malg-ré 1e silence que jem'impose dans cette matière, un homme informé y reconnaîtra en
diverses occasions des modèles arabes, ou le répertoire feuitteté par tes peintres carloving-iens
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