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lre Année. — N° 8.

Août 1874.

LÉGYPTOLOGIE

JOURNAL MENSUEL PUBLIÉ A CHALON-SUR-SAONE PAR F. CHABAS

prix d'abonnement: un an ou douze numéros, 24 francs.

A Chalon-sur-Saône, chez Jules DEJUSSIEU , Imprimeur ;

A Paris, chez MAISONNEUVE & Çie; Éditeurs, 15, quai Voltaire.

Analyse de la sixième Maxime. (Suite.)

La traduction que nous avons donnée de la sixième Maxime à la fin de notre numéro de juillet
ne se justifie pas seulement par les rapprochements empruntés à la sagesse hébraïque , elle est en
outre conforme aux mœurs des Égyptiens, qui attachaient, comme nous le verrons en poursuivant
notre œuvre, une grande importance à l'observation des règles de la politesse et de la déférence
envers les supérieurs, les fsmmes et les vieillards. Nous rappellerons cependant la réserve que nous
avons faite a propos de la possibilité de quelque idiotisme altérant le sens des mots. Sous cette
réserve, qui n'est pas bien nécessaire, nous pouvons donner à la Maxime en question le sens
ci-après : N'entre pas dans la maison d'un autre ; il t'invite et tu en es honoré1.

Pour cette version nous n'avons à suppléer que le pronom de la deuxième personne ; il n'y
a dans la réalité que : il invite, il fait entrer, et non pas il t'invite. Nous avons déjà expliqué que
l'élision des pronoms n'est pas rare dans les textes hiéroglyphiques; d'ailleurs la phrase se comprend
à la rigueur sans l'introduction du pronom. C'est comme si l'on disait : Je ne le salue pas, à moins
qu'il ne salue lui-même, au lieu de à moins qu'il ne me salue lui-même.

Notre traduction serre le texte d'aussi près que possible. Celle de M. de Rougé s'en éloigne
considérablement et suppose une transcription différente de l'hiératique : N'entre pas devant une
aw|re personne, même si ton hôte te le demande. On voit que le savant académicien a lu:
^ i ^^Isk^si)" ^n recourant aux passages du papyrus dans lesquels le groupe ^ ( est
clairement écrit, on s'assurera aisément qu'il serait impossible de le rétablir dans la petite lacune
du sixième précepte ; le trait | ne s'y prolonge jamais sur toute la hauteur de l'écriture. En second
lieu, 'l'tjg^ (jlj A , ayant le pronom de la troisième personne du singulier, ne peut jamais signifier
ton hôte.

M. Brugsch lit : Tu ne dois pas entrer dans la maison d'un autre avant qu'il n'ait agréé la pré-
sentation de ta personne. Cette traduction est bien conforme à la mienne pour la première partie de
la phrase; mais il n'existe dans le texte aucun mot qui puisse être traduit par avant (bevor), et
cette préposition n'est pas de celles qui se puissent suppléer arbitrairement. La fin de la phrase ne
contient non plus aucun mot signifiant agréer la présentation ni ta personne. M. Brugsch n'a pas
traduit ce passage, mais il a fait une glose qui se concilie très bien avec la traduction par moi proposée.

1 On pourrait lire : // t'invitera et tu seras honoré ; voir ci-devant, p. 55, note 5, et n° de mars, p. 22.
 
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