Gailhabaud, Jules [Editor]
L'architecture du Vme au XVIIme siècle et les arts qui en dépendent: la sculpture, la peinture murale, la peinture sur verre, la mosaïque, la ferronnerie, etc. (Band 1) — 1858

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CHAPELLE DE L'ARCHEVÊCHÉ

A REIMS

Depuis les premiers siècles qui suivirent l'établissement du christianisme, les évoques
eurent toujours une demeure 'située près de leurs églises, et c'est, de là, qu'ils se rendaient
dans le lieu saint pour y remplir les charges ou les fonctions de leur pieux ministère. Je n'ai
pas intention de rechercher dans quel endroit ces évoques accomplirent alors leurs devoirs
quotidiens de prêtres. Tout ce que nous voulons se résume dans ce fait, qui se rattache, du
reste, au monument, objet de cette notice : c'est qu'à partir d'une certaine date, les évoques
et les archevêques eurent, pour leur service et pour leur commodité, des chapelles particu-
lières dans les constructions dépendantes des églises qu'ils administraient ou dans l'enceinte
même de leur palais, qui en était voisin. Nous ajouterons encore que, l'évêque ou l'archevêque
n'officiant plus dans la cathédrale qu'à tels jours de l'année et leurs devoirs ecclésiastiques
leur imposant des pratiques journalières, on fut, par ce double motif, tout naturellement forcé
de leur construire des chapelles spéciales où ils vinrent, chaque jour, dire ou entendre la
sainte messe. L'établissement de ces chapelles résulta donc d'un besoin, et leur origine prit
aussi sa source dans cette autre pensée : celle de ne faire paraître l'évêque ou l'archevêque en
public qu'à certaiues solennités, afin, sans doute, de donner un plus grand prix à leur présence
par la rareté même de cette apparition. —■ Quelquefois, une galerie ou des communications
reliaient ces chapelles à l'église, voisine de la résidence épiscopale.

A en juger par celles qui nous restent, ces chapelles furent assez nombreuses, et leur point
de départ remonte à une date reculée, puisqu'on en signale de l'époque dite romane; mais,
la plupart semblent avoir été construites pendant la période en arc aigu, c'est-à-dire depuis
le XIIIe siècle, qui fut une époque de splendeur pour l'épiscopat. Leur ensemble forme assez
généralement un édifice isolé, qui se relie plus ou moins au bâtiment épiscopal ou à l'é-
glise par différentes communications. Le plan est, presque toujours, celui d'une petite église,
je veux dire l'alliance ou la combinaison d'une nef terminée par une apside, et, assez
souvent, cette construction est à double étage. Comme toutes les créations qui procèdent
de l'art, ces chapelles présentent une grande variété de formes, de distributions et de décor.
Ces différences résultèrent des idées des artistes et de la situation ou de l'état de l'architecture
à l'époque où elles furent érigées. Leur composition subit donc son influence, sa marche
et ses transformations. C'est ainsi que, simples et peu ornées durant la période dite romane,
elles acquirent, dès le XIIIe siècle, un luxe de plus en plus considérable; mais on doit recon-
naître que celui-ci fut réservé pour l'intérieur.
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