Gailhabaud, Jules [Editor]
L'architecture du Vme au XVIIme siècle et les arts qui en dépendent: la sculpture, la peinture murale, la peinture sur verre, la mosaïque, la ferronnerie, etc. (Band 1) — 1858

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CROISILLONS DU TRANSSEPT

DES ÉGLISES CATHÉDRALES, A PARIS ET A MEAUX

L'idée de cette partie transversale, qui, dans les monuments religieux, a reçu le nom de
transsept, c'est-à-dire son agencement aux premières basiliques chrétiennes semble être le
résultat d'un besoin ou la conséquence d'une nécessité. Lorsque le christianisme sortit des cata-
combes pour pratiquer, au grand jour, les cérémonies de son culte, il créa des bâtiments
pour servir de lieu de réunion ou d'assemblée ; mais bientôt la masse des néophytes et des
fidèles devint si considérable qu'il fallut multiplier les basiliques, afin de recevoir ce nom-
bre toujours croissant de nouveaux convertis. Comme on le pense bien, tous ces édifices
n'eurent pas la même importance, et plusieurs même durent avoir des proportions telles que
les architectes furent contraints de s'écarter des plans et des dispositions jusqu'alors adoptés.
On éleva donc de.grandes et de petites églises. Or, cette remarque dévoile ici un fait. Pour la
construction des ces grands vaisseaux, le mode des petites basiliques à une ou trois nefs ne
put convenir. On ne connaissait pas encore ce système d'éperon de soutènement que l'on
nomme contre-fort et arc-boulànt, et cependant il fallait maintenir de grands murs droits,
destinés à supporter le comble. C'est vraisemblablement alors que la pensée vint à un archi-
tecte d'appliquer à ces églises un moyen ou un expédient qu'on avait déjà mis en pratique
dans quelques monuments de Rome : celui d'établir transversalement une autre nef sur la nef
longitudinale, et, ainsi disposées, ces deux constructions, qui s'arcboutaient en se croisant,
produisirent l'effet voulu, c'est-à-dire une condition de stabilité ainsi que de durée, qui ouvrit
une voie nouvelle à l'architecture des églises. En effet, par cette combinaison des deux nefs en
sens contraire, on obtint comme une sorte de solide d'éperon naturel, et l'idée de cet éperon
fournit, comme résultat, un véritable progrès dans l'art de les bâtir. Grâce à ce moyen, l'église
put occuper une plus large surface, comme elle put recevoir aussi des dimensions plus con-
sidérables, et réunir, conséquemment, de plus nombreux fidèles. Aux extrémités de cette
nef transversale, les murs montants finirent en pignons triangulaires; puis, un comble en
charpente, établi sur le tout, vint supporter la couverture des toits. Tel fut, dès l'origine de
l'Eglise, le point de départ d'une des principales parties des monuments religieux. Cette idée

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