Gailhabaud, Jules [Editor]
L'architecture du Vme au XVIIme siècle et les arts qui en dépendent: la sculpture, la peinture murale, la peinture sur verre, la mosaïque, la ferronnerie, etc. (Band 1) — 1858

Page: 182
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MOYEN AGE. — XIIE , XIV? ET XVe SIECLES.

CROISILLONS DE TRANSSEPT.

reconnue et mise en pratique, il ne s'agit plus que d'en varier le plan, les dispositions ainsi
que le décor; ce fut l'effet du temps, des hommes et des idées qui se sont produites pen-
dant le cours des différents siècles.

L'on n'attend pas de nous une analyse ou un examen des transformations que subit le trans-
sept à toutes les époques et chez tous les peuples. Pour cela, il faudrait pouvoir les indiquer à
l'aide de planches qui nous manquent. Nous devrons donc, en leur absence, nous borner à
quelques traits généraux; ils seront destinés à servir d'accompagnement à nos gravures. Tou-
tefois , je n'aborderai point le chapitre de la construction, mais seulement celui de la dis-
position et du décor.

Dès les XI? et XIIe. siècles, le transsept, tel qu'on l'avait établi aux grandes basiliques, ne
put s'adapter aux églises de l'époque romane. Les premières avait un comble en bois; celles-ci
étaient couvertes de voûtes en pierre. On y apporta dès lors plusieurs changements notables;
car, après être passé par les mains des artistes de cette époque, il en sortit nouveau et trans-
formé. Mais tout porte à croire qu'ainsi conçu, il ne répondit point encore aux désirs des
hommes du XIII? siècle. Le bâtiment de l'église, en recevant une extension considérable, força
les architectes à donner à leur transsept des proportions basées sur l'importance des construc-
tions nouvelles. Les croisillons prirent donc un développement en rapport avec l'édifice, et,
ces conditions données, il n'y eut plus qu'à s'occuper de la composition architecturale. Celle-ci
comprend ou se divise en deux parties : la bâtisse'proprement dite et son décor. — Déjà les
romans, en empruntant aux basiliques la disposition de leur transsept, y avaient introduit des
modifications ; ils l'avaient établi sur de solides piliers centraux contre lesquels on arcbouta
des murs déjà pourvus de contre-forts, et le tout venant a se pousser, il n'y eut point à craindre
de tassement et d'écart qui pût compromettre l'édifice. Ce système, les architectes du XIIIe au
XV? siècle l'admirent et le développèrent; j'ajouterai même qu'ils arrivèrent, sur ce point, à
des résultats fort surprenants.

Comme nous l'avons dit, le transsept consiste en une construction disposée transversale-
ment aux nefs et ayant ou non des issues ou portes à chacune de ses extrémités. Cette construc-
tion, qui offre l'apparence d'une grande nef, coupe ou pénètre l'édifice vers le milieu ou la
partie postérieure, et, par son agencement, donne au plan de l'église la forme d'une croix.
Quelques personnes ont cru voir une pensée de symbolisme dans cette disposition. Tout ce que
l'on peut dire : c'est que, vue de l'extérieur, elle donne au monument un certain jeu de lignes,
une certaine silhouette, un certain effet pittoresque qui manque aux premières basiliques
ainsi qu'aux petites églises romanes. On doit encore ajouter que cette partie de la construction
produit un grand effet, au dedans.

Après le chapitre de la bâtisse, qui est le plus capital, comme plan, dispositions, etc., arrive
celui du décor des faces extérieures et intérieures. Sur ce point, il faut reconnaître que
les artistes des trois derniers siècles du moyen âge s'efforcèrent d'en varier les systèmes ainsi
que les motifs; aussi, bien peu, comme composition architecturale et ornementative, se ressem-
blent. Cette décoration participe, en général, des idées, du goût et des éléments propres à
chaque époque, à chaque pays et encore à chaque région. Dans l'ensemble des parties dont se
compose le transsept, celle qui exigea le plus d'études et de combinaisons de la part de l'archi-
tecte fut évidemment la face, qui, aux extrémités, fait retour à angle droit et constitue un large
champ au décorateur; quant aux faces latérales, elles répètent, avec plus ou moins de va-
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