Gailhabaud, Jules [Editor]
L'architecture du Vme au XVIIme siècle et les arts qui en dépendent: la sculpture, la peinture murale, la peinture sur verre, la mosaïque, la ferronnerie, etc. (Band 1) — 1858

Page: 175
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JL.

CLOCHER DE L'ÉGLISE CATHÉDRALE, A PISTOJA

Vers une date encore obscure, mais lorsque le clergé catholique eut été, depuis longtemps
déjà, en possession de l'édifice qu'il avait bâti comme lieu d'assemblée, on s'aperçut
qu'il y manquait certaine partie : un moyen spécial et assez puissant pour informer les
fidèles des heures des cérémonies. Le développement de la religion nouvelle avait, dès cette
époque, prouvé l'insuffisance des premiers modes d'annonce (1). L'emploi d'un instrument à
son aigu, la clochette, qu'avaient tour à tour adopté les Égyptiens, les Hébreux, les Assy-
riens , lesPerses, les Grecs, les Etrusques, les Romains et même quelques peuples du Nord,
offrit, très'-vraisemblablement, la solution des recherches, et il est fort probable que l'idée
vint alors de s'en servir pour cet office, non plus en l'agitant avec la main, mais bien en
la faisant mouvoir d'une autre manière, après l'avoir disposée sur un point d'où son reten-
tissement put être entendu; mais, pour ce, l'on dut en accroître les dimensions. Tout
porte donc à admettre qu'il faut attribuer la découverte du moyen à l'application de cet
instrument. La constitution de la clochette, telle qu'on l'employait à cette époque (2), semble,
en effet, avoir fourni l'idée ; mais, comme la petitesse de ses proportions ne lui aurait
point permis de remplir son but , on pensa , sans doute, à en augmenter le volume,
et la cloche fut créée. L'adoption de cette forte clochette (3) suscita, comme nous l'avons
dit, une autre création : celle d'un monument destiné à la suspendre, et, sur ce point, la
forme ainsi que les dispositions de cette nouvelle œuvre, le clocher, durent encore être trou-
vées, puisque les Romains ne le connurent pas. Telle nous paraît être l'origine de l'établisse-
ment, à l'extérieur des églises, de la cloche et de l'édicule affectés à la destination cpie nous
avons fait connaître.

Cependant, on se tromperait fort si l'on croyait que le clocher fut d'abord tel que
nous le voyons aujourd'hui. Dans le principe, ce ne fut vraisemblablement qu'un édicule
en bois, fixé à l'une des parties de l'édifice, ou bien qu'une construction de peu d'im-

( 1 ) Je n'enlends point aborder ici ce sujet; nous en parlerons dans notre étude sur les cloches , qu'ils précédèrent, la
présente notice étant plus particulièrement consacrée à une question d'architecture.

(2) Il me paraît presque certain que l'antiquité n'a pas connu la cloche telle que nous la voyons dans les églises et les
beffrois du moyen âge; on n'en a trouvé, du reste, aucune dans les fouilles opérées jusqu'en ces derniers temps; et, ce qui
me confirme dans cette opinion, c'est que les mots, dont se servent les auteurs, semblent désigner beaucoup plus une clo-
chette, petite ou grande, qu'une cloche proprement dite. Ajoutez encore que l'on a découvert un assez grand nombre de
clochettes, de formes extrêmement variées, et que l'examen des bas-reliefs et des peintures nous a permis de constater
I usage de cet instrument chez quelques peuples fort anciens.

(3) Quoique l'on ait remarque, dans les écrits des auteurs grecs et romains, plusieurs passages d'une nature à admettre
que les anciens employèrent de grosses clochettes, nous pensons cependant qu'elles ne furent pas très-fortes, et qu'ainsi,
l'on dut, à l'époque de leur application à l'édifice chrétien, en augmenter le volume; mais, cette augmentation, elle la subit
encore et à plusieurs reprises pendant le moyen âge jusqu'au jour où elles atteignirent définitivement les proportions des
plus grosses cloches d'églises et de beffrois.

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