Gailhabaud, Jules [Editor]
L'architecture du Vme au XVIIme siècle et les arts qui en dépendent: la sculpture, la peinture murale, la peinture sur verre, la mosaïque, la ferronnerie, etc. (Band 1) — 1858

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CHAPELLE DU PALAIS DE LOUIS IX

DITE SAINTE-CHAPELLE, A PARIS



Dès les plus anciens temps, on comprit l'utilité d'établir, dans l'enceinte même des palais,
certains oratoires ou sanctuaires destinés à l'accomplissement des pratiques religieuses, et leur
création eut pour but de procurer aux monarques la faculté de pouvoir s'y rendre à toute
heure sans être obligés de paraître en public et de sortir de leur résidence. Tout prouve que
les princes catholiques de l'Orient et de l'Occident admirent cet usage; car, on le voit se con-
tinuer à travers les siècles et s'étendre même aux demeures des évoques, des seigneurs, etc.,
pour leur offrir un moyen ou une facilité qui devait entrer si bien dans leurs habitudes. Du
reste, on en avait reconnu l'avantage; l'Église, en imposant certaines restrictions, l'avait
autorisé; enfin, quelques autres motifs les purent encore faire établir. Quoi qu'il en soit, tou-
jours est-il que les chapelles privées ou domestiques, constituèrent, pendant le moyen âge,
une classe importante parmi celles des monuments, puisqu'à l'heure présente, malgré les pertes
de tous genres, il en reste encore un certain nombre, et que toutes ont été élevées dans ce
but et pour remplir cet office : procurer aux princes et aux seigneurs l'accomplissement de
leurs devoirs religieux sans sortir de l'enceinte même de leur habitation.

Mais, parmi toutes ces chapelles, plus ou moins anciennes et plus ou moins élégantes, la plus
complète et l'une des plus remarquables, sous le rapport de l'art et de l'architecture, est sans
conteste celle que le roi Louis IX fit élever, à Paris, dans son propre palais. Selon toute vrai-
semblance, il l'érigea dans un double but que nous devons faire connaître. Devenu posses-
seur des reliques que l'empereur Baudouin avait données aux Vénitiens comme garantie d'un
emprunt, le pieux monarque éprouva le désir de les déposer dans un lieu digue de leur
importance. C'est vraisemblablement alors que l'idée lui vint de démolir la chapelle de Saint-
Nicolas, dans laquelle on les avait provisoirement déposées, et d'établir, sur cet emplacement,
un nouvel édifice ayant une double destination : celles de servir de trésor aux vénérables reli-
ques, et de chapelle particulière à son château-palais. L'édifice construit, un document constate
qu'il reçut dès lors la qualification de Sainte-Chapelle,- mais rien ne prouve que ce genre
d'oratoires l'ait porté auparavant. Dans son enthousiasme, Louis IX voulut que la chapelle
de son palais devînt un monument somptueux, et, pour réaliser ce dessein, il manda l'un des
architectes les plus capables, qui construisait ou avait construit, dans la capitale, plusieurs
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