Recueil des notices et mémoires de la Société Archéologique, Historique et Géographique du Département de Constantine — Sér. 5,11=54.1922-1923

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DEOX ARMEMENTS

Quelques temps avant la guerre, en feuilletant des
auteurs classiques, j'avais pris quelques notes qui
me semblaient n'avoir qu'un intérêt absolument ré-
trospectif, sur les procédés de guerre de l'antiquité
et sur les engins qui avaient été employés à ces
époques si lointaines par rapport à nous.

Je rédigeai, même, une étude qui n'eut jamais les
honneurs du marbre et d'ont l'un des chapitres com-
mençait ainsi :

« Les machines de guerre ont existé de toute an-
tiquité. Leur principe est resté immuable, mais les
perfectionnements qui y ont été apportés, ont été tels
que l'on peut se demander ce à quoi les Romains,
en particulier, seraient arrivés s'ils avaient eu à leur
disposition autre chose que du bois, des boyaux et
du fer*1). »

Dans mon idée, tout cela était archaïque et ne
pouvait plus avoir d'intérêt que pour un archéologue
ou un collégien, rara avis, à l'esprit observateur. Des
catapultes, des traits, du feu grégeois, tout cela dis-
paraissait dans une nuit lointaine et dans les vitrines
de musées, n'intéressant plus que des promeneurs
fuyant la pluie. La poudre avait balayé tout cela de
son souffle puissant et sa vitesse initiale de propul-
sion rendait les deux systèmes, l'antique et le mo-
derne, aussi incompatibles que pouvaient l'être le

(1) L'Afrique armée
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