Texier, Charles
Description de l'Asie Mineure: faite par ordre du gouvernement français en 1833 - 1837 ; beaux-arts, monuments historiques, plans et topographie des cités antiques (Band 3) — Paris, 1849

Page: 205
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Les tombeaux sont de deux genres, les uns en forme de sarcophages, les autres taillés
dans le roc; sur l'un de ces derniers est une figure d'homme sculptée et d'un fort bon travail.

Les sarcophages portent des inscriptions grecques, que nous lûmes avec bien de la
peine; nous en acquîmes la conviction que cette ville est bien celle de Gyanae, déjà dé-
terminée par M. Gockerell.

En face du continent, sur le penchant N. de l'île Kakava sont aussi de nombreuses cons-
tructions du moyen âge; elles offrent peu d'intérêt. J'ai lieu de croire que le niveau de la
mer n'a pas changé, comme le pense le capitaine Beaufort, et que les constructions qui
sont dans l'eau ne sont autre chose que les caïk-hané ou remises pour les nombreuses
embarcations qui étaient nécessaires pour communiquer entre l'île et le continent.

L'île Kakava , ainsi que la chaîne de montagnes qui bordent la côte de Caramanie , porte
d'abondantes empreintes de coquilles: les nummulites sont les plus nombreuses; on en re-
cueille de beaux échantillons.

Au port Tristomo, on voit encore l'ancienne acropolis de Cyanae : c'est un petit
fortin dont l'enceinte est remplie de décombres. Le i mai, à huit heures du matin, le
capitaine m'ayant fait préparer la chaloupe avec douze hommes, nous partîmes avec le
commissaire et un officier du brick. Nous prîmes un pilote à Aperlae, pour aller chercher
l'ancien port d'Andraki près de Myra et à quatre lieues à l'est de Kakava. 11 faut pour
aller à Andraki faire l'E.-N.-E. jusqu'à la baie Yali. Là on découvre l'embouchure du
port d'Andraki, indiquée par une tour carrée de construction hellénique. Il faut ranger
la côte à droite pour entrer dans la rivière, à cause d'une barre qui existe à l'embouchure.
Cette rivière n'est autre chose que l'ancien port d'Andraki, à moitié comblé, et qui n'est
entretenu que par des sources très-considérables d'eau sulfureuse froide et légèrement
salée qui sortent des rochers à un mille et demi dans les terres. C'est une erreur de
croire que la rivière d'Andraki passe à Myra. La rivière qui passe à un quart de lieue
E. de Myra est celle de Cassaba, qui vient se jeter à la mer par Déré-Aghazi. Les envi-
rons du port d'Andraki sont couverts de ruines qui ont appartenu à l'antique Sura ; le
grenier d'Hadrien, décrit par Beaufort, est sur la rive E. du port.

C'est un long rectangle divisé en compartiments ; il n'a rien de remarquable que sa
construction en pierres détaille qui est très-soignée. Plusieurs tombeaux existent aux envi-
rons. L'accès de ce grenier est très-difficile, à cause des marais et des roseaux qui l'entou-
rent. Il est à croire que la Lycie faisait un grand commerce de grains, car partout, on
trouve des «reniers et des silos, .l'en ai trouvé aussi plusieurs taillés dans le roc à l'île
Kakava.

MYRA.

La chaloupe ayant franchi la barre, nous fîmes encore un mille et demi en remon-
tant cette rivière, qui a deux brasses d'eau.

Nos matelots s'installèrent dans une ruiue sur le rivage et établirent leur tente avec des
avirons. Lu nègre que nous trouvâmes eu débarquant nous amena un chameau pour
charger nos bagages, et nous allâmes au monastère de Myra, situé à trois quarts d'heure
du mouillage, dans une belle plaine bien cultivée. Ce couvent occupe les environs de l'é-
glise de Saint-Nicolas, probablement la basilique construite par Théodose II sous le
nom d'église de Syon, lorsque Myra fut déclarée capitale de la Lycie. C'est un grand
édifice carré, sans fenêtres à l'extérieur, occupé par plusieurs familles grecques.

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Tome III.
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