Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingt-Unieme = Siecle De Louis XIV., Tome II): Siecle De Louis XIV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794257]

Page: 115
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agi généreusement, s'il lui avait pardonné : il vengea
son injure personnelle , en paraiffant céder au cri
public. Cependant le comte de Busfy fut relâché au
bout de dix-huit mois ; mais il fut privé de ses
charges et resta dans la disgrace tout le reste de sa
vie, protestant en vain à Louis XIV une tendresse
que ni le roi ni personne ne croyait smcère,

CHAPITRE X X V L
Suite des particularités et anecdotes.
L A gloire , aux plaisirs , à la grandeur , à la
galanterie , qui occupaient les premières années de
ce gouvernement , Louis XIV voulut joindre les
douceurs de l’amitié ; mais il est difficile à un roi
de faire des choix heureux. De deux hommes aux-
quels il marqua le plus de confiance , l’un le trahit
indignement, l’autre abusade sa faveur. Le premier
était le marquis de Vdrdes, confident du goût du roi
pour TVIme de la Vallicre. On sait que des intrigues
de cour le sirent chercher à perdre Aline de la Vallière,
qui par sa place devait avoir des jalouses , et qui par
son caractère ne devait point avoir d’ennemis. On
sait qu’il osa , de concert avec le comte de Gaiche
et la comtesse de SoiJJ'ons , écrire à la reine régnante
une lettre contre-saite , au nom du roi d’Espagne
son père. Cette lettre apprenait à la reine ce qu’elle
devait ignorer, et ce qui ne pouvait que troubler
la paix de la maison royale. Il ajouta à cette perfidie
la méchanceté de faire tomber les soupcons sur les
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