Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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P E R S E V S.

ear cntrclcs vns &: lcs autrcs îls constitucnt vnctrcs-gt2.n(lc 3.ri3.1ogic. Ainsiont vouîucâclicr
les plus secrets & sacrezmysteres, les anciens Poctes, Theologiens, & Philosophes, sous cer.
tains enigmes ôc inuolutions,afin de ne les abandonner point à vn prophane mespris du vulgai-
re trop insolent: lequel sans cela, & que si on luy ouuroitplus apertement le noyau caché dans
l’escaille,nçpourroitestreretenupar aucunebridequelconque.Car les Poëtesfeignentenco-
res sur ce mesme propos,quEsculapius apres auoir appris la medecine du Centaure Chiron, ÔC
eu de Minerue le sang de la Gorgone,il en fit des cures & experimens incroyablesrestant celuy
des veines du costé droid propre à la guerison de toutes sortes de maladies5&: au rebours celuy
dugauche, pernicieux, pestifere & mortel. Mais Iupitercourroucé de voirainsi ses secrets di-
uulguez parmy les mortels, l’exterminad’vn coup de foudre.

O r pour venirauxautres allegories dece suiet,&: mcsmement touchant les Gorgones,
Palephate. Paiephateapproprie ainsi cettefable. gu’ily cntUdis vn CyrepécngrandJèignenr aypcllé Phorcys.

LesCyrenéensJontde la race d'Etbiopie, hahitans l'Ijle de Cyrenehors lcscolomnesd 1 Hercules , & cultiue»
rent certain endroit de Lyhie, lc longdnfîeuue d'Aunon. Ce Phorcys dominant és colomnes d'Hercules, lef-
quellessonten nomhre de troissitsure vnessatuè touted'ora CMmeruefle la hauteurdeflxpeds-.carles Cy-
renéens appellentMinerue, Phorcys, comme les Thraciens Diane, Bendia ,• & les Candiots, Dicsynne ; les
LacedemoniensyVpis. Mais auantquepouuoirdcdicrcettcftatuèenflon temple, ilalla de vie a tressas : laisssant
trois ssllcs fles heritieres > Stheno, Euryaléy & Medufle : qui ne voulurent iamais entendre à aucun mariage,
ains viuans en lihertê flartagcrent entrellesla flucceflionde leurpere ; demaniereque chacttne eut pour fla
portion l'vne des trois Ijles aussquelles ilssouloit commander. Et quantàla ftatuè d'orde Gorgone, elies ne U
voulurentny donnerau temple, ny la diuisserentr'ellcs > mais aduiflerent qu 'eiles en iouyroient à tourde roolle,
lagardans chacune fa flois. ^Au refte leur seupere phorcys auoit vn ministreflen, homme Jàge &prudent > du
consèilduquelilsseJèruoitentoutes chosses, & l'auoit cher continuellement auprés dcssoy, commeflonpropre anL
II aduintque Perfeusesant pour lors hanny d'Argos, volloittoutes les coftes de ces quarticrs-là, auecqucs
queîque nomhre degaîiotes, dr de foldals ,• îequel eftimant que cette Royne Gorgone denoiteflre quelque Da-
me de grande opulence, mais ssoibîe & maleqmpèede ssorcespourfle dejsendre> nauige tontdreics en fonport>
duqueîs'eftant emparé, delà ilparcourt entkrement ce qui eftoitdepaysentre Cyrenè & Sardeignc. Et abor-
dant tantosl à l’vne ,puis à l’autre des trois ssœurs, sait tant à laparfin qtiilsse ssaiftstde cèt œiî dejssussdit : car
ilauoit cntsndu â'eLlcs, qu'ilnepouuoit faire autre hutin d’importance en ces quartiers-là ,ftnon de la Gorgo-
we> qui contenoit vnegrande quantitè dior. Cesftlles doncques apres qthlîcs sse ssurent apperceuès qucperflon-
ne d'entrellesnauoitcètœiî ( carscftanttrouuéà dire, elles sse ssoupçonnoient Cvne l’autre de te receler ) si
trouuerent en vne fortgrandeperplexitè & eftnoy. Etlà desftts Pcrfleus lesflachant ainflcftonnèes nauige vcrs
elles, dr leurdeclare comme iîa cèt œil, lequel toutesflois ilnefle deiiberoitpas de leur rendre, qu'etles ne l'eufi
ssentpremiercment insorméou eftoit la Gorgone : les menaçoit quant&quantde les mettre à mort,fiellcs ne
luy difloient. Medufle le luy rcflusa tout àplat, mais Stheno & Euryalè te luy deflcouurirent, <^Au moyen dequoy
iltua Medufe, & renditauxdeuxautres leurœil, àfiauoirceluy quiconduijoitleursajssaircs. vAyantenflon
pouuoirla Gorgone, illa mitenpieces, & conferua la tefteen sonentierdans ssagaüere, luy laijssant le nom de
Gorgone, auecqucs laquclle 'ils'cn alla roder à l'enuiron des ifesprochaincs , quiî branssjuctta toutes, & cn
rctira degrandes fommes de deniers, à caufle que ceux qui rcssufloient de luy contribuer quelque chofle, eftoient
parluy ssiccagez,. De là eftant venu à Senphe, Ü demandapareillementde l'argcnt> mais les habitans s'eftans
mis en armes, pourluy rcftster, ssurentsinalement contraints de tuy quitter L'ife, & de s'enssuyr > de manie-
re qu en y entrant il riy trouuavne fleule amcviuante. Dequoy il J'e preualut >& le Jit entendre aux autres
peuples de ià autour, leur saissant accroire qtiil ics auoit conuertis enpierres, pour luy auoir resusè ce qu'il de-
mandoit. VoilacommentPalephates’efForce d’appliquer cette belle fidion Poëtique ,ayant
plus de peine de la deguiser à vne histoire fabuleuse, qu’il n’auroit de la receuoir pour argent
comptantà lalettre.Mais ilfaut que chacunà sonappetit die de toutsarattelée.Et entr’autres
Fulgentius au premier desonMythologique, allegue que ces Gorgonesà la veritè surentsiîles de
Fvigentivs. Ehorcys, commeiia estèditcy-dcjflus, dontl'aijhèeappcllèeMedufle,parflonbonmeflnagescftant adonnèeatê
lahour,augmentassortle Royaume& hereditèpaterneLleftont elle auroitcftèditc Gorgon, quajiyicù^fiv, Et
luy futatt Jurplus attribuèc vne tcfte de Jèrpent ,pour raisson deflon aftuce & prndence. Mais Perfleus i'eftant
. venué ajssaiüir le mit à mort > puis sseflaisit de fcs facultez, & richejflcs, rcpreflentèespar le ches: au moyen defi
quelles ilconquit sorce terres, messmement le Royaume d'AtUs : que par ie moyen de ce chess, ceftà dire dti
bien de la Gorgone, ilcontraignitdeJè retireren la montagne qui depuis eut sson nom. Etpourtant les Poètes
l’ontsseinty auoirestètranfinuèpar Persée. Tout cela neantmoinsfèrapporteà vneteile ailcgorie, Les Gorgo•
nes cftretroisflœurs,pource quilyatrois fortes depeurs ou srayeurs. Lapremiere qui dchditc L'entendementda.
flecondc,quipcnctrantplusprosond>dissgrcge&essanche leseftrits ilatroisiefmenon feulementles diflipe &
conflond,maistrouhle&esblouytlaveuèh Car 2Ô^o veut dire dcbditè, EvùudAr, largeejîenduê, & M5-
d'scrci^quasi fy\ ÿazt, quivoir ne flepcut. Tous lessquels eftouuantemens & ssrayeurs Perjèws furmonta par
le moycn de la Sapience : & lcs ajflàutvolantà reculons ,parce que la vertu ne regarde iamais à La peur. Porte
vnmirouer, à caufle que toute craintepajfle non seulement au cœur, mais en la flantaisie& apprehenfion. Du
ssangde Medufle vientà naiftreP egafle, ceft àdire ia renommée, qaivole& s'cftendpar tout : carla vertu

ayant
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