Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

Page: 263
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P E R S E V S. 26$

‘tyMtretrMchédeseymtecmntesrodmtrenommée.Lecheudfîndementi'vn coupdepied ,siÿtnaissreU

j ontmnedes (Mufes -, lesquellesparleursdocies efims tesmoignentles Ühftresfrias des hommes vaïeureux
O cn aijjintvaememoireferpetuelleahtfosserite. Plus au j. du racsnle liure, ouil interpreccle che-
ual 1 egalus pour vn sourgeon de la Sapiencc cterneüejefeintestreaissé, àraison de cequ'elle
par vnc tres-prompte & legere contemplation parcourt toure la Nature de l’vniuers:au moyeu
dequoy d vn coup depied ilauroitauili ouuertlafontainc des Musesxar c’est la Sapience qui
leur fourmt d’vne viue source ; & pourtant on le dit auoir esté procreé du sanv de la Gorvone
qui est prisc aussi pour vn cspouuantcment & terreur, dont elle auroic par Homere aut.de 11-

liade csleplacquée dansle plastron de Mincrue.

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UUe ?mt âutourfcs ef aulessa cuirajs aux bastines entrecoupêes, horrïble, qui tout a l’entom estoit enuironnee
âe srayeur. La eftlâ contention, la eftl’ejfort, la fontles surieufes menajfes\ Et le chesGorgonien deLhideux
monftreprodigieux dugrand Dieu Iupiter. Les Rabins Mecubales, la Theologie des Egyptiens, 6c
ladoclrinePlatonique quiacoulédecesdeuxrourceslesplusancicnnes detoutes autres ti-=.
rent le faid de ces trois sœurs à vn aucrcsens : eonsbituans troissortes d'ames en rhomme, qui
les representent. La sensueüe,animale 6c viuante,que les Hebrieuxappellent Ncpbes, laquelle
nous cfl: commune auecques les behes brutes;figurée par Meduse morcelle,&: subiede comme
elle aux passions 6c affcd'ions de la chair,auecques lesquelles cette ame sensible ell associée in-
ieparablement: car elle préd son premicr eflre, 6c sa derniere fin 6c resolutio auecques le corps,
sans que iamais elle s’en separc,taschantde toutson pouuoiraussid’entreprendre&: demordre
surla partie raisonnable, 6c la suffoquer dedans iceluy. Parquoy les Poëtes onc feint Perseus
qui efl le germe diuin, 6c le bon Genie quinous asliste 6c esclairej l’auoir mise àmort; pour rai-
son qu’il faut nommément que ceux qui veulent Vaquer à contemplation, 6c esseuer leur pesée
là haut àson prcmier domicile,la suppeditent 6c bannissent totalemet d’eux. Ainss qu’Hermcs
afort bicn dit de pleine arriuée en son Pimander. Cum dc rerum natura cogitarem, acmentis aciem
adsuperna erïgercmftopità iam corpofisJcnfïbus. Car tout ainss que la sievre,quicst vn feu accidente!
&:eflrange en lapersonne,deüore,rauit, &:transporteà soy la chaleurnaturelle, tantquefina-
lement elle vient à la suffoquer; en cas pareil si i’ardeur de lasensualité 6c concupiscence n’ess:
par nous tres-soigneusementrabattuë, domptée6cefleinte,ne cessera qu’elle n’ait àla longue
amorty la lumiere infuse de la Diuinité en l’ame raisonnable. Laseeonde s’appelle Ruab,c’est à
dire esprit capable de raison, duquel nous disserons d’auecques la befle bruce, qui, comme dit
Ciceron au premier des OsRccs 3Tantum,quantumfenfu mouetur> adidJôlum quodadest, quddqueprœ-
fens eftfè accommodat, paululum admodumfentien'sprœteritum antsnturum. Homo autem quomam rationis
estparticeps, confequentia cernit,principia & caufts rerum 'videt,earumqueprogrejfus, & quaftanteceftioncs
mn ignorat :fimilïtudines comparat, & rebus prœfèntibus adiungitjatque anneciitfuturas :sacile totius njita
curfurn qjidet, adeamque dirigendamprdparat res necejsarias. Latroissessne efl dite Nejsamach, ou lu-
mierc, comme l’appelle Pytliagoras, 6c Dauid encores ; c’ess l’intelleâ:, en Grecvoüç, en Latin
Mens: qui efl escrit par quatre lettres, toùt ainsi que le nom de D i e v en toutes langues. Aussi
est-ce vne portion de la Diuinité, 6c le chara&erequ’elle empreint en nous, auquelse peutre-
ferer l’œildôntcestroissœurs vsent 6c s’accommodent indifferemmenc entr’elles; n’enavans
point d’autre que celuy-là mesme quc le Poëte a dit i

7TUVTTZ idtûV csibç 0<pbztLsJÿÇ, 1'} 7ÏUVTU VOr.OTlÇ*

L’œil du grand Dicu qui tout ‘void & cognoist.

Ce que Meduse au reste conuertissoit en pierres ceux qui iettoiént îeur regard sus elle,veut di«
re qucssnousnabandonnonslasensuaiité,nousseronsplusmornes,stupides6chebetez, que
cailloux : parquoyilfauttuer ceste Medusequinousempesche l’vsage de raison, 6c nous ierte
hors du vray estre6c nature de l’homme. L’on avouluencores refcrer ces trois sœurs aux trois
temps; Meduseau passé,qui estcommevnechosemorte&esteinte*. Stheno aupresenqquiest:
ie plus fort 6c puiffant à nostre apprehension 6c cognoissance : 6c Euryalé au futur; qui s’estend
comme eninfiny; carlefuturn’est point encorelimiténerestreintàrien,àcausede son incer-
titude. Bref quequivoudroit parcourir toutes cesallegories, ce neseroit iamais fait. Mais
quelques-vnsveulenttirercncorescesGorgones àvne chose naturelle 6c non feince:telle-
ment que nousne manquons point ffhistoires, le plus souuent plus fabuleuses que les fables
tnesmes.

Alexandre ausecondliuredesonhistoiredesBestesdevoiture,selonque Ieraeonte
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