Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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L E S M Y S I E N S. <5iS

voix &C suffragesà grandcs clameurs,à celuy des deux qu'il leurplaist : mais
la presence des Huissiers les fait taire, ô£ leur impose sîlëce. Cecy doncques
nousrepresentecomme vnemoyenne constitutionde guerre&depaix en
vne ville qui nest point molestée de lhostilité ny des armes. Quant à l’au tre,
iiest bien-aysé àvoir comme ilssontlàclosdefortesmurailles, ÔCque tout
le long de la courtine &C du rempart les ieunes gens propres à endosser le har-
nois sont arrengez pour les deffendre : des femmes aussi en ces creneaux &C
bouleuards auec les vieilles gen s5 &C ceste si tendre ieunesse, où ils employ ent
leurinilice, là vouslestrouuerezsous laconduitte de Mars&deMinerue,
ce que lapeinture mesemble dire, les manifestant par lor, &C grandeur dont
ils sont,estre Dieux, en donant quelque chose de moins aux autres, & de plus
infirme, lesquels ont fait vne saillie, ne voulàns plus endurer les brauades de
leurs aduersaires, en côsumant leurs biens das la villc, ains pour les espargner
sortirdehors. Ils s’envont au reste dresser vne embusche, comme on peut
comprcndre, à mon opinion, de cestetouffuë espoisseur darbresespandus
au long du riuage,où vous les voyez equipez darmes, mais ils ne se pourront
pas preualoirde cetaguet, parceque larmée estrangere ayantenuoyé ses
coureurs descouurir, regarde à par-soy lesmoyens de leur donner quelque
bonneestretteàeux-mesmes. Etvoi!adautre-partdesPasteursquimeinet
leurs troupeaux aux champs à la cadencede leursflageots ô£cornemuses,
dontlesonainsi mince&foibleaccompagné d’vn chant naïf commed’vn
ramagequi sent son rustique ôCmontagnard, nevousest-il pasarriué aux
oreilles ? Certespour la derniere fois de toutes employans icy leur musique
d autant qssils ignorent la machination qu on ieur a brassee, vous les voyez
bien là taillerenpieces parleurs aduersairesqui seviennent ruer dessus, &C
chassent desormais vne partie du butio. Mais ie veux parlerdes autres qui
sont venus aux embusches, lesqueîs se leuent en sursaut, &C montans habile-
ment à cheual, se preparent à la messée : car vous pouuez bien voir ces riua-
ges tous parsemez de combattas. Et que dirons* nous de ceux qui se retour-
nent si brauement pour leur faire teste,Ô£ de la Deesse que voila toute ensan-
glantée de leur carnage, dont sà robbe en demeure teinte de rouge ? C’est le
combat &C la messée qui fait cecy : &C la destinée, dont depëd tout !e faiôt de
la guerreô^des armes: carvousvoyez commeelle ne prend pasvnevoye
seule, ains celuy qu eîle iette tout au trauers des coups de glaiues, en (brt
neantmoins sans blesseure, &C cetautre icy enest par elle-mesme retiré roide
mort : cet autre presse &C acculle vn qui est blessé tout de frais. Et certes ces
gens ainsi si redoutables par leur furie impetueuse, &C regard terrible, ne me
semblent en rien differer des aôtions &C mouuemens d’hommes en vie. Mais
voicy derechef des ouurages depaix, qui se monstre estre fort ieune, &C ce
champ auoit desia eu ses trois façons, côme il me semble, il le faut recueiliir
ainsi de la multitude des laboureurs qui y trauaillet,ioint les iougs debœufs
qui vont &C viennent dru Ô£menu, y ayant parmy euxquelqu vn qui leur
verseparfois àboire auboutdusillon, prenant soin de fairenoircir lor, de
laquelle beauté &C richesie se designe, à mon aduis, Fheritage de quelque

grand &C opulent Prince, lcquel monstre assez rallegresse &C plaisir qu il 1 ent
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