Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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P RO THESILA VS. 6S,

queIconque,ainsleuress: incognea àtous, &du tout coramc enseuely. De
Pârisauresteiene-cuidepasqu'il scn peust rien dire qui vaille, pour raison
duqueitant degrands &illuihcshommesont fincieurs iours auant tcmps,
mais d’Hecftor qui estoit tout lc soustenement deTroye, &de ceux qui vin-
drent a son secours, lequcl alloitàlameiléesurvngrandchariot d’armes at-
tellé de quatrecoursîers,cequçpas vn des Grecs lïauoiteu, qui mitpresque
îefeu à tous leurs vaistcaux, Sc faiioit iuy seul testeàcuxtous qui le venoienc
chargeren fouile, rangez en ordre de batailie, ne vous dois-ie pas requerir
d en parler vn peu pius auant? Car il n’y a rien queic n’en oye fort volotiers.

Si vous ne vouiezpaster par destus, §£ne le discouriez trop noncbaiammét.
Vign. Oyez-en donoques dauantage, afin quevous ne pensiez pas que ie
i’aye incurieusementparcouru. Lastatuë d’Hedorest à Ilion, ensemblance
d’vn homme mortel demy-Dieu : &C qqi lavoudra considerer aueeques
discretion,elle monstre diuersespassions en eiie: càrellc apparoift fiere &C
terrible,& quant Sc quant gaye &C ioyeuse,en vigueur d’vn sseüristantaage,
accompagnédecertainedelicateire, ôcd’vne naïfue beauté, combien qu’il
n’y eust point de cheuelieure, rcspirant au resteie ne sçay quoy qui inuite
ceuxqui ia contemplent de la toucher, Ceste statue doncqucsest pjantce
au Donjon d’Ilion, d’où elle fait, tantenpublic qu’en particulier toutplein
debiens^au moyenclequoy on iuy addrcsse force vœi;x SC pricrcs, Sc cele-
bre-l’ 'on des combats &C des jeux de prix solemnels àson honneur, Mais par
foisla chaleur luy monteau visage, & $ engendreen luy iene sçay quelle ar-
deur de combat, si que vous verriez la sueur en distiler à grosies gouttes. Or
cetadolescentdesrusdit estoitd’Asiyrieg&estant arriué àTroye,il semit à
blasonnerla statuëd Heftorjuy reprochant les trainemens quAchillesen
fît. Et ceste grosie pierre dont ayant esté atteint pa>r Aiax, peu s*en falut x
qu’ilisenexpirastsurlechamp. Pluscommeducommencementilsenfuit
deuantPatrocle, &que cenefutpasluy qui kmit à mort, ains ses couftih Y
liers,ainsi rabroüoit-ii la statuëd’Hedtor,quon eust prise pourcell’c dA-
chilies, apres qu’il se fut tondu pour famour de son fauory Patrode. Et
quand ilse fut fprt insolemment saoulédesemblablês conuices, il sen allà
horsd’Iiion, maisàpeine en estoit-il essoigné d’vne demy-lieuë, quevoik
vn ruiireau sifoible qu a peine auoit-il aucun nom àTroye, lequel tout à
coup de sa petitesse se va ensser deuenir gros : 6C comme Fannoncerent
depuis ceuxdesasuitte qui s en alloient auecques luy, vn homme de grande
staturearmédepiedencap,vaparoistrecomme sileustconduit ceruisseau
par des resnes, Fexcitant dVne voix barbare esclattante, qu’il eust à destour-
ner soneauenlavoyeparoùce ieunehommedeuoit passèrsurson chariot
attelléde quatrecheuaux, maisnongueresgrands, sique le ruisseau Fayant
çnueloppé auecquesceluy qui estoit dessus, lequel crioit de recognoistrc
desormaisHeftor,il lattiraensoncanal, oùil futperdu,de maniereque lc
corps ne retourna plus sur Feau, car il disparuc 5 mais ce quil deuinc ie ne Pay
point sceu sçauoir du depuis. Phe. 11 ne faUt,cerces,point âutremet admirer
Aiax pour auoir ainsi patiemment supporté ies outrages de ces Pasteurs, ny

appeller Heistor barbare, n’ayant peu endurer les insolences de ce temeraires

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