La chronique des arts et de la curiosité — 1920

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ET DE LA. CURIOSITÉ

lo

M. A.-M. Pêche (1) expose des vues de Seine-et-
Oise.

Avec les «aquarelles d’un nomade», M. G. d’Ap-
chier (2), nous faisons un véritable, tour de France.

Les vues de montagne de M. Communal (3) sont
excellentes. C’est de la solide et vigoureuse pein-
ture, qui s’impose. Son éclat métallique évoque celle
de Courbet.

Il y a plus d’inexpérience dans l’art de M. Chan-
terou (4), déjà vibrant coloriste, mais hésitant
dans le dessin et la composition.

M. Georges Hugo (5) nous étonne vraiment par la
variété de sa vision. Ce don des images est un héri-
tage grand-paternel. Sa sensibilité est pénétrante et
sës moyens de réalisation excellents, qu’il s’agisse
de croquis ou d’études peintes.

M. Hippolyte Berteaux (6) a rassemblé, dans des
salles voisines, des dessins et des projets de décora-
tion d’un art probe et sûr.

Avec ses eaux-fortes de Rome, M. Carbonati (7)
a illustré le plus récent chapitre de l’histoire archi-
tecturale de la Ville Éternelle. La vie moderne, à
défaut de beautés nouvelles, apporte à Rome un élé-
ment de curiosité que M. Carbonati a fort utilement
noté.

11 faut mentionner encore, comme paysagiste,
M. Charles Loiseau (8), qui s’apparentera de plus
près encore aux impressionistes lorsqu’il aura un
sens plus précis de l’atmosphère et de Limité d’effet
qui en résulte.

Contemporain des impressionnistes, Georges Seu-
rat (9), dont on vient de rassembler quelques-unes des
œuvres les plus significatives, fut un chercheur isolé.
Le souci qu’il a eu de ne pas sacrifier à ses recherches
techniques, si laborieuses, la réalisation de grandes
compositions est un bel exemple pour les mo-
dernes. Ses personnages d’Un dimanche d’été à la
Grande-Jatte ont la fixité et la gravité des figures
idéales de Puvis de Chavannes.

La galerie Druet nous présente encore de la jeune
peinture. Chez Druet, un premier groupe (10)
était composé de MM. Marius Borgeaud, coloriste
précis, Sabbagh, plus exalté, Sarfati, Zingg, construc-
teur solide. — Le deuxième groupe (11), comprend
MM. V ves Alix, J.-L. Boussingault, Dunoycr de Se-
gonzac, Marcel Gromaire, Jean Marchand, Luc-Albert
Moreau.

Chez Georges Petit, un groupe également (12). Le
grand paysage de M. Auburtin, Le Malin, avec sa
poésie rêveuse, semblera dépaysé au Conseil d’Ètat !
Les effets de neige et les jardins de M. Charreton
sont puissants, les paysages de MM. Lebasque et
Lebourg ont de la sensibilité et du charme. A citer
également MM. Guillonnet, Laparra, Carrera.

La peinture de genre est brillamment représentée
par l’exposition de M. P.-Albert Laurens (13). Le pu-
blic a fait un accueil très chaud à ces « mascarades
mondaines ». L’artiste n’a pas prétendu évoquer les
types de la Comédie italienne dans leur universalité.

(1) Le « Tableau d’art », 11-28 janvier. — (2)
Galerie Chaine etSimonson, 15-30 janvier.—(3) Gale-
rie Chaine etSimonson, 13-30 janvier. — (4) Galerie
Chaine et Simonson, 15-30 janvier. — 5) Musée des
Arts décoratifs, 10 janvier-8 février. — (6) Musée
des Arts décoratifs, 10 janvier-8 février. — (7)
Galerie Devambez, 5-17 janvier. — (8) Galerie
Durand-Ruel, 5-20 janvier. — (9) Galerie Bernheim
15-31 janvier. —(10) Galerie Druet, 5-16 janvier. —
(11) Galerie Druet, 19-30 janvier. —- (12) Galerie
Georges Petit, 10-29 janvier. —(13) Galerie Georges
Petit, 16-31 janvier.

Son œuvre est anecdotique, mais témoigne d’une
sensibilité élégante et d’un goût exquis.

Quelques artistes polonais (1) font preuve de leur
prédilection pour l’art français. Si les aquarelles de
Mmc Gzaykowska ont de la couleur locale, et les
compositions de Mme Alexandrowicz une saveur
étrangère, les toiles de M,|1C Rubczak, de M. Pankie-
wicz, de Mme Lewicka, attestent l’influence de Cézanne
et de Renoir.

Un dernier groupe (2), enfin, à noter : celui de
MM. Degallaix, peintre de fleurs, Julien Tavernier,
Uilmann, Domergue-Lagarde, peintres, et Bitter, scul-
pteur.

Pierre Clamorgan
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Académie des Beaux-Arts

Séance du iü janvier.

Donation pour la villa Velâzquez. — La commis-
sion de la villa Velâzquez qui, on le sait, sera, à
Madrid, le pendant de la villa Médicis, a entendu le
rapport de MM. Léon Bonnat, CharlesWidor etlmbart
de La Tour, qui s’étaient rendus auprès du prince Ro-
land Bonaparte pour solliciter son appui en faveur de
la nouvelle fondation. M. Léon Bonnat a annoncé à ses
collègues que le prince, vivement intéressé par le
projet de l'Académie des Beaux-Arts, mettait à sa
disposition un don de 100.000 francs.

Séance du 17 janvier

La villa Velâzquez. — M. François Flameng, pré-
sident, donne lecture d’une lettre du prince Bona-
parte qui confirme sa libéralité à l’égard de la villa
Velâzquez dont nous parlons plus haut.

L’Académie vote des remerc;ements à son géné-
reux donateur, et décide que la direction de la
villa Velâzquez sera confiée à M. Pierre Paris, direc-
teur de l’Institut français des hautes études hispani-
ques à Madrid.

Les statuts de la villa Velâzquez sont préparés
en ce moment par M. Lyon-Caen, secrétaire de
l’Académie des Sciences morales, et seront soumis
à l’approbation de l’Institut au cours de la pro-
chaine séance trimestrielle des cinq Académies.

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BIBLIOGRAPHIE

Paul Ginisty. — Les Artistes morts pour la

patrie. Seconde série. •— Paris, F. Alcan. Un vol.

in-8, de vm-159 p.

Dans un volume paru il y a trois ans, M. Paul
Ginisty avait donné la nomenclature, hélas ! déjà
longue, des artistes morts pour la France durant les
dix-sept premiers mois de la guerre (août 1914 à fin
décembre 1915). Ce second volume, établi après la
fin de l’affreuse tuerie, est destiné à compléter le
premier et contient, comme celui-ci, des notices dé-
taillées sur chaque artiste. On doute néanmoins, à
constater l’omission de certains noms qu’il suffisait
cependant de relever dans les archives des Sociétés
d’artistes exposants aux Salons, que cette liste,
quoique publiée sous le patronage du ministre de
l’Instruction publique dont une préface ouvre le
volume, soit complète. Et l’on regrette également que

(1) Galerie Barbazanges, 12-27 janvier. — (2) Galerie
Vennier, 3-31 janvier.
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