Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,2): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ...: 2 — Paris, 1851

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MÉLANGES 0 ARCHÉOLOGIE.

HO
OBSERVATIONS.
Le pélican, à cause d'une fausse application qu'on en a faite souvent depuis deux siècles
surtout i, est l'animal auquel nous avons accordé le plus de place dans l'explication des
r/<? (n°° 52, 53; p. 96-102) ; et je ne puis d'ailleurs porter entièrement à la charge des
auteurs classiques l'histoire fabuleuse de cet oiseau. Il a hérité, chez les écrivains ecclésiasti-
ques, de quelques-unes des merveilles dont le vautour avait été doté par les anciens. J'en
avais dit un mot dans l'occasion que je viens de rappeler; mais je l'ai trouvé depuis beaucoup
mieux exposé par M. Leemans dans ses notes sur Horapollon (p. 278, 171, 179,, sq.). S'il ne
s'agissait que du pélican proprement dit, remplissant de poissons le sac de peau qui agrandit
son bec, les apportant à ses petits, et mourant plutôt de faim que de se nourrir avant de les
avoir repus, l'histoire naturelle répondrait seule de tout; mais, comme on voit, il s'agit d'un
oiseau qui verserait son sang pour rendre la vie à ses enfants après qu'ils ont mérité sa co-
lère. Là, l'observation ne se porte plus pour garant; il n'était point de figure qui se prêtât
bien à la réalité donnée par l'Évangile.
1 Je dois dire pourtant qu'à Rome, dans ia basitique mo- symboüsme quand on a placé le pélican au dessus du siège
de me de Saint-Pierre^ on s'est parfaitement conformé au vieux qu'occupe le grand pénitencier.
8 (Fig. 1).
TIGRE *.
Une beste est qui est apelée tigre, c'est une manière de serpent s. Gèle beste est de tel na-
ture qu'èle est si fière et si cruels que nushom vivans ne l'ose abiter^. Et quant il avient que
ceste beste a faons, et li veneor ont espié où il sont, si ii emblent* en tel manière com vos
orés chi dire. Li veneor prennent mireoirs et les portent avoec els quant il vont enbler le
faons de le tigre. Lors le gaitent tant qu'il le voient aler déduire, et que il n'es[t] pas sor sa
fosse à ses faons; et dont li emblent hors de sa fosse. Et li vénéor prennent lor mireors, et les
metent en la voie si comme il s'en vont. Et la tigre si est de tel nature que ne sera ja tant co-
recié se ele voit I mireor que il ne li covient ses ex aerdre^. Lors quide que ce soient si faon
qu'èle i voit ens ; et conjoit s'ymage par grant déduit, et quide chertai[n]ment avoir son faon
trové. Et se délite tant à regarder la beauté de sa bone taille, que èle en oblit à cachier^ cels
* Cet article manque dans R et S. s g; jg comprends bien cette phrase, ie mot acrdre s'y écar-
2 L'écrivain et ie miniateur ne sont point d'accord en ceci, tcrait un peu du sens que lui donnent aujourd'hui ies Picards;
* J'ignore s'ii faut substituer quetque autre mot à celui-ià. et signifierait : fixer, arrêter fortement. Cf. p. 130, note 105.
A Enlèvent, dérobent; LXT. involare (voler), que l'on a Cette déviation^ du reste, n'a rien de très étrange.
écrit parfois wi&cdare. s Chercher, poursuivre; rrAL. caccia, procacciare.
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