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r Année. — N> 249.

Charleville, le 25 Août 1916.

Gazette des Àrde

JOURNAL DES PAYS OCCUPÉS PARAISSANT QUATRE FOIS PAIS SEMAINE

On s'abonne dans tous les bureaux de poste

« GUERRE HUMANITAIRE »

Depuis que li technique moderne ■ forgé l**r-
mc' aérienne de* dirigeable* et de* avion», le* risquci
de L* guerre cuit augmenté pour la population ci-
vile. Jusque dam les régions éloignée* de* champ»
de bataille, celle-ci le trouve expoaée a dei danger»
jadis inconnus. Le» belligérant* respectueux du droit
des-gens tâchent, il est vrai, de réduire au minimum
ces dangers, en bornant leur» attaque» aux ville* forti-
ûecs et aux installations militaire! ; mai* cette restric-
tion même ne s.un.ut être, pour la population, une
sauvegarde absolue. * »
Du cûlé allemand on l'est e0oroé juaqu'ici d'épar-
gner, autant que possible, lei non-corn battants ; on
a eu pour ceux-ci des égards dépassant le* stricte» pres-
criptions du droit international, alor» que d'autre part,
l'Entente emploie ac» -aviateur» dan» le but évident
d'atteindre cl de terrifier la population civile de* ville*
paisibles, situées hors de la tone militaire.

Cette tactique n'est pas nouvelle. Elle"1 présente
une intime ressemblance avec celle de* Anglais mar-
tyrisant les femmes et les enfants des Bocri, pour
briser - ainsi la résistance morale du vaillant petit
pcuple.de paysans-guetrit-rs 1 '

En face de oette manière de faire la guerre, l'on
comprendra qu'en Allemagne-a us si l'on se demande de
plus en plus pourquoi l'on continuerait à restreindre
généralement l'emploi de l'arme aérienne, alors que
les adversaires de l'Allemagne ne considèrent le droit
international que comme un « épouvantltil u bon à
en imposer aux Boches, ou comme un moyen de propa-
gande servant à ameuter les Neutre* contre l'Alle-
magne sans cesse accuséçTîe tous le* méfaits pur ceux-
là même dont la conscience porte le poids écrasant du
crime du «Baralong» I *

Nos lecleqrs savent combien de victimes ces raid»
anglo-françnis firent déjà et continuent, hélas, à
faire parmi la population de la France et de la Bel-
gique occupées. Les autorités militaires franco-
anglaises ont fait semblant de l'ignorer jusqu'ici, bien
que les listes officielles de ces victimes leur soient par-
faiteinent connues.

Or voici qu'on vient de trouver on Belgiquc^un
manifeste lancé par dés aviateurs alliés et portant en
b'te la marque de provenance que voici :

JV 2539

j Service d'Aviation

tccïton Bombardements et Informations,

(iirrië escadrille A. E. P.

Il s'agit donc d'un document officiel, qui s'adœise
h Ut popûUitiun de* territoires occupés et du Luxem-
bourg neutre.

Le» auteurs1 de, cette feuille volante n'ont pas
haut" de débuter ainsi :

<i Dam la crumle.de jaire de nombreuse» victimes
parmi ta population civile ouvrière des ttrritoirtt
occupé». Tes Allies ont évité soigneusement, jusqu'à
jin rit, fle bombarder les bâtiments dTfitérkU même
militaire, pr--hcnta.nl la plus haute importance, placé»

à dessein loin derrière les lignes, au milieu des centres
très populeux, en plein territoire occupé. »

Voilà « qu'on ose-dire à une population qui
compta journellement dans ses rangs des victime*
frappées sans aucune nécessité militaire par les bombe*
de leurs propres compatriotes ou alliés t Plus loin,
!-) manifeste en question fait insulte à la population
du territoire occupé, lui reprochant de travailler pour
vivre, a'u lieu do ae croiser les bras pendant des mois
«t des années. Kt c'est à cette population laborieuse,
qui ne s'ahiite pas dans une oisiveté malsaine contre
les colère» de ses compatriotes et alliés que s'adresse
en première ligne cette déclaration, qui constate :

«Les rutfions alliées ont décidé de commun accord
de ne plus se laisser arrêter à l'avenir par aucune c'orv-
■fdeYafion humanitaire ou sentimentale, »

Sachons gré, au poi te-parolc des aviateurs alliés da
sa franchise et n'oublions pas celte.phrase qui sera la
réponse allemande chaque fois qu'on osera encore ca-
lomnier l'Allemagne et son armée I

Le manifeste prédit ensuite de nombreuse attaques
aériennes à partir du premier août, i— comme si c'était
U du nouveau pour les populations de la France et de
la Belgique occupées ! il déclare que même les paisi-
bles trains de voyageurs ne seront plus ménagés à
l'avenir ; et il précise plusieurs villes de Belgique «t
du Luxembourg, auxquelles les aviateur» alliés annon-
cent leur visite, et termine en déclarant -Usuelle-
ment que h |«s Alliés déclinent d'avance tout*
responsabilité pour les nombreuses vies humaine» qui
devront être sacrifiée» dans l'intérêt supérieur de la
sécurité des opérât ions militaires, »

Les futures victimes sauront donc à quoi s^n tenir,
de même que les familles des personnes tuées jusqu'ici
par les bombes anglo-françaises, à l'église du « Sains-
Sauveur» de Lille par exemple, pour ne citer qu'un
seul cas de» plus récents.

Pour la gloire des Alliés et de leur «guerre huma-
nitaire », les listes régulières des t, Victimes de leurs
compatriotes » ne sont pas près de disparaître d* la
quatrième page de la u Gazette de» Ardennts » 1

BULLETINS OFFICIELS ALLEMANDS

Grand Quartier général, le 22 août 191t.
• Thé&lre de la guerre à VOuett.

Ln combats au Nord de la Somme ont pri» de nouveau
une plus, grande étendue. Plusieurs attaques anglaise» contre
l'»rc formé par notre ligne entre ïhicpval et Poxière» furent
rejelées ; un coin taillant a été perdu.

Au Nord-Est de Poxièrea et au Bois des Foureaux lM
colonnes d'astaut ennemie* l'elïondrèrcnt dans notre feu.
D'opiniâtre* combats l'engagèrent pour lt possession du
village Je Guillcmont, où l'adversaire pénétra passagère*
ment.

Le régiment d'infanterie wurtembergeoi» s Kaiser Wil-
helrn a a repoussé victorieusement toutes les attaque» at
tient le village solidement eo main. Plusieurs anlreprise*
partielles dei Français entre Maurepa» «t Cléry reitèrent
■ans succès, -

Au Sud de la Somme des forces françaises fraîchement
engagée* attaquèrent dans La lecteur d'Estrées-Soyécourt ;
de* tranchéea perdues ont été reprise* par oontrs-poussée ;
i officier, So homme» restèrent prisonniers entre jôÔ» mains.)

Théâtre de la guerre à VBtt,
* fron( du frldmaréehal von Hindenburg.

Au Sloohod les Russe» continuèrent leurs attaque*
opiniâtres dans la région de Rudlta—Cierwistcze. De U
ou v alêne bavaroise et des dragons austro-hongrois repoussè-
rent chaque fois l'adversaire avec les plus grandes perte»
pour lui, faisant prisonniers a officiers, 370 homrnei et pre-
nant a mitrailleuses. ., -

Des entreprises fructueuses contie les avant postes en-
nemis, près de Smolari, rapportèrent 60 prisonniers at
l mitrailleuses.

Au secteur du Luh et de 1a GiabciLa et plus au Sud des
attaquei russes l'effondrèrent, d'une façon générale, dan»
noa feux de barrage déjà. Prèi de Pienialu et de ZwyiyD
l'adversaire pénétra dana de cuurls élément! de tranché*;
près de Zwyayn il n'est pas encore rejeté.

Froni du général de aavalerie Archiduc Charte».

Des contre-attaques répétées des deux côtés du Czarny-
Cïeremosz contre nos positions sur le Stepanslu et la hauteur
de Krela n'eurent aucun Buccèar * .

Théâtre de la guerre aux Balkans.

Toutes les positions serbe» sur la Mallta-Nidre-Plenina
■ont enlevées. L'attaque progresse. L'ennemi "toulre-atla-
quunt a été plusieur» fois repoussé avec pertes sanglante» au
Dzemaat-Jeri et dam la région de la Moglena.

Entre le» lacs deHulkova et de Tahino» des forces fran-
-çaises sont rejetées au delà de la Struma ; plu» à l'Est k
crête de la Smijnica-Planina est gagnée.

Grand Quartier général, 1* 23 août 1910.
i_ Théâtre de la guerre à l'Ouest.

Entre Thiepval et Pozière» les Anglais répétèrent en rslri
leurs attaque» ; au Nord d'Ovillers de* combats rapproché*
«urent lieu pendant la nuit. A lUtt du bois de* Foureaux,
ainsi que prè» de Maurepas, des entreprise* ennemies & 1*
grenade échouèrent. Les artillerie» développent lani arrêt
une grande activité.

Au Sud de 1* Somme, près d'Estrées, 8e petits élément*
de tranchée, ou les Françaia se maintenaient encore depuis
le ai août, ont été nettoyée! ; 3 ofûcieri et ijJ3 hommes res-
tèrent prisonniers entra nos mains.

Sur la rive droite de la Meuse nous repoussâmes des atta-
ques ennemies à la grenade dans le secteur de Fleury. Sur
la montagne boisée de petit» combats d'infanterie tournèrent
, à notre avantage.

Théâtre de la guerre -d l'Ett.

De la mer aux Csrpalbc» aucun événement essentiel.

Dans les montagnss neu» élargîmes notre posihonjur k
•tara-Vipciyna en enlevant d'assaut de nouvelle* position*
•nnemie» ; nous avons sait à cv(te ee**ii«n 200 prisonnier»,
. parmi lesquels se trouve un étal-major d* bataillon, pris
a mitrailleuses et repoussé de» contre-attaques.

De» deux coté» de Czarny—€zercmoBzcs les tentative*
russes pour reprendre lea positions perdue» restèrent sans
aucun luccès.

Théâtre de la fuerre aux Balkans.
L* nettoyage du terrain sur le* hauteurs k LOuest du lac
d'Oalrovo a fait d* bon» progrès. De» «ttaque* terbes répé-
tée* dans la région de la-Moglena sont repouseées.

BULLETINS OFFICIELS FRANÇAIS

Pana, 1T août 1916, soir.
Sur 1b front de la Somme, notre artillerie a'esl montrée' active
•I a exécute de nombreux tirs Se doalruction sur lea organisations
ennemies. Aucune ecUon d'infanterie. Le chiffre des pnaunaiers
valide» (ails par noua au nord de la-Somme dana la journée

d'hier dépaaae deux cents. Noua avona capturé cinq miu-aillcuae*.

Canonnade habituelle aur le reste du Iront.

Pana, 18 août 1918, 3 heurea.

Au nord de la Somme, pluaieun tentatives de contre-attaque*
ennemies, aur noa nouvellea posiUona au aud-eit de Maurepas,
•ot été briseca par not [eux. Noua avons fafl doa pnaonniers.
Au aud da la Somme noua avons trouvé quatre mitrailleuaea en
déblayant lot trancheee prise» par noua au aud de Belloy. Sur La
rive droite de U Meuie, une attaqua de noa troupei noua a per>
mis, après un violent combat, de chaaaer lea Allemands de la parti*
du village de Fleury qu'ila occupaient. Quelquea fracliona enna»
eues ae tnanticnnent encore dans un petit pSté de ruines,, aitut à
La baicre eat. Kntre Thiaumont et Fleury, noa troupea onl égale-
ment réalisâ de lensihles progrès. Cinquante pnaonmera dont un
•Ificier aonl restés entre uns marna amai qu'une milrailleuae.

Partout ailleum, nuit rdnUvémenl calnir.

l'aria, 18 août 1616, aoir.

Au nord de la Somme, uuo attaque de noa troupea dirigés aur
1* parue de Maurepaa occupée par lea Allemande, nous a permi»
«Venlevor, au coure dun brillant assaut, une notable portion du
village amai que le calvaire wtué au aud-eel. Noua avona fait
deux cents priaonmera validca dana cette opération. Entre Msq-
repaa et 1a Somme, nous avona élargi nos positions S l'eal d*
la roule de Maurepaa à Cléry. Sur la tive droite de la Meuse,
■oua avona pourautvi notre action offensive en cKasaant lenneml
de deux redoulea fortifiée» au nord-ouest de Vouvrago de Thiau-
BDont. Une centaine d'Allemande non blessés, dont cinq officiera, "
•nt été capturée par noui amai que trois milrailleuaea. A l'ait du
bois de Vaux-Chapitre, nous avona aen<iM-'menl progresa* SUS
abords de la roule du fort de Vaux.

Canonnade habituelle but le reste du frwlti

-Earis, 19 août 1916, 3 heures.
, Au nord de la Suoinie; l'ennemi au cours da la nuit a lancé k
■lusteura repriaes dea conlrc-altaquea violente» sur lea position»
•onquiaea par aoua nier et les joura précédente, depuis la région
au nord de Maurepas jusqu'à Cléry. Toutea eea tentative» briaée*
par no» feux de milraïUeuse» et par lea coiilre-oQenâive» éner-
gique» dé noa grenadiera n'ont eu aucun auccèa, aauf en un point
ou l'ennemi • pria pied dana un petit élément da tranchée au nord
de Maurepas. Noua avona fait cinquante nouveaux prisonnier»
pendant la nuit. Au aud de la Somme, la lutte d'artillerie S été très
Vive dans les régions au aud du Belloy cl-d'Estrées. pur 4a riva'
gauche d» la Lieuse, hier en On de soirée, lea Allemands ont
dirigé deux attaques k la grenade *ur un ulllent au nord-cal du
réduit d'Avocourl et aur n«» tranchées de la cote 304- Eu aucun
point, l'ennemi n's pu aborder noa lignes et il a du regagner se»
positions de départ en laissant dea morts el des blesaéa sur 1»
terrain Sur la rrvo droite, lea combats engages hier se sont pour-
sin v, s aVec acharnement No» troupe» ont conquis, pied S pied,
rilot de maisons en ruinée que l'ennemi occupait encore i la lisière .
eat de Fleury Tout le viilflge est actuellement en notre powssioo
analgré deux violentée Cont»e-aUa<ques aflemandea qui n'ont eu
d'autre résultat que de coûter des pertes ssnglsntcs A l'ennemi.
Osna la région S l'eat du bois de Vaux-Chapitre, I» lutte à la
grenade a est pouratuvio aux abords de la roule du fort de Veux.
Lea reacliona aeses vive» de» Allemand* n ont causé aucun chao*
gameuL appréciable. Le nombre dea prisonnier» validis faits par
soua aur ia rive droite, dan» lea combats du 17 et du 18, dépaaa*
trois cent». Le bombardement a été très violent de part-et d'autre
atans la région dea attaques.

Nuit relativement calme aur le reste du froiu

La yuene aérienne : Sur le front de le Somme, le sous-licu-
esnaol Guynemer a abattu, dana la journée du 17 août, ion Irei-
wiim\ avion et, dans la Journée du 18, son quatorzième, qui esl
tombé eelre Bouchaveanea et Cléry. Dana la Journée du 17, 1*
■oui-lieutenant llaurtaux a également descendu un appared aïlo-
snand, et qui porte 1 cinq le nombre des avions ennemis dont
e* pilole a triomphé jusqu a ce jour. ,

BULLETINS OFFICIELS ANGLAIS

irrujii uuiut/uui.;
Luudtéa, 17 août lVlb, 2 fa. et ta h. soir.
Le combat que nous avoue Uvsé hier soir parrallélemeni à
l'avance trançaiae sur Meurcpe» nous a permis de faire progrès*
■er noa lignaa k l'ouest et au aud-ouest de Qudlamont, A roussi -
du bol» de» Foureaux, trou cent» mètre» de tranchées ennemie»
située» k environ troia centa métré» de no» ancieonea ligue» sont
tombée entre no» maiu». Une attaque allemande a été arrêtée nei
par nos feux de m lira die uses S t'est de la ferme du Mouquel. Noua
avons faut exploser une muie et en avons occupé le ciaiére san»
grande résistance k l'ouest de Vuny. Dca camouflets ont joué dp

-FliL-lLl.LlUN OE LA tGAZhTTB DBH AHDbNHBS* iO

Lk VSCTOIRE

l'a'r Paul ACKEH.

— ^all^^rll^'ment, vous n'avei pas le temps. Maia un de
vos amis devrait s'en prtnecuper k votre pièce. Vous auries
"tort, jt vous l'nssure, de négl'oCf ce <ïue Jc vou' 3* raut
n ivea [iss d'aini qui soit au courant de ce» sorte* d'affaire*,

je me niuls k votre entière disposition.

l'ami, appujé sur une aile de l'oiseau, écoutait, son der-
-nirr rive* [rsppé, celle con%enation, La longue curioaité" de
■ Le lj'.r.it l'impatientait, et il discernait qu'elle échauffait
jtssoVé. S'il avait pu, il aurait conseillé k Houard de ne pas
répun.lr-c k Le Dorât quand celui-ci le questionnait; mal»
Hoi'rfiii était si fier d élaie: sa »cience, qu'il aurait parlé jus-
qu'au aoir. Pacot lui a\ait uièuie lancé k voix basse : k En

voilà ua que je f____rais dehors, si j'étais 1* patron. » 11

imaginait que, de^ant les refus d'André, Le Dorât ne persis-
tent pas. Au conlra.re, Le Dorai continuait.

D'un mouvement raisonné, Pacot ae rapprocha d'André.

— kfo&sieur, dlt-3, bsen qu'il ne fût qua trois heures et
èktmic, c'àal lljeuw du rei^os. Je ferme l'atelier, n'cit-ce pa» t

André le considéra, un peu déconcerté ; Pacot lui hVd*
t'cul uii pclil •_'[.■. . ,

— Oui, oui, acquiesça André.

— Je vous demande paidou, monsieur, dit Paoot k Le
Doiat, mais U fnul que je ferme l'atelier.

Et d'un air innocent, il le poussait dehors.

Madeleine te promenait dans-le jardin, Undla que M"*
Cra\an remettait k la mère Picquet des provisions apportée»
de Pans, car elle se hguiB.it que, même k Amieni, on n'ache-
tait que de mauvaises denrée*.

André se dirigea vert Madeleine. Décidément, e*tt* petit*
ne pratiquerait jamais la aeine mesure : pesnondS* avec ex-
cès k Paria pour lea projeta d'André, elle leur témoignait
maintenant un dédain rldicul*. Usa» Ut* toile, asua* doute.

•rui n'avait pas deux sous de cervelle ; mais l'indifférenc*
•îs cette tète folle blessait le jeune homme et il voulut qu'alla
U sut.

— Votre enthousiasme pour l'aviation n'a pas duré long-
temps ou, ee qui est plu» probable, mon aéroplane d* vous
Intéresse guère. #

sisdeleine le regarda bien franchement :

— A Paris, js vous al irrité, parc* qne je vous approu-
vai» svec trop de chaleur. Je n'ai pas oublié la leçon.

— Oh 1 répliqua-t-il, brusquement décontenancé, certes,
je n'aime paa beaucoup les éloges.... un peu incompétents,
mais enfin de lk i....

Elle se taisait.

— Alors, vous ne voulez paa voir l'aéroplane ?
Elle montre, l'atelier,

— Votre atelier est fermé.

Et, comme s'd se fût agi d'une chose insignifiante, elle
ajouta :

— Mon frère me racontera.

—» U connaît, en effet, dit-il, les lèvres pincées, l'appa^
■ail aussi bien que moi.

Pierre pénétrait dans le jardin ; Madeleine l'appela.

— Pierre, voulez-vous marcher un peu avec moi le long
A* ta rivière.

Elle ]..:'■ 1, sans un mot de plus, André dans 1* jardin.
1 la suivit des yeux, qui traversait avec Pierre la passerelle
é* l'écluse et remontait vers le pont. Elle n'avait pas ouvert
too ombrelle, et, abritée du soleil par son grand chapeau,
aile s'en allait d'une démarche aoupls. Malgré une sourde
sotère, U ne put l'empêcher de trouver qu'elle était char;
■saute.

' L* loir, Pscot, en quittant l'atelier, a'excusa :
-— Cet après-midi, monsieur André, quand ce monsieur
•sait lk, qui voulait tout savoir, Je me sui» permit.,.. Je
l'aurait pat dû..., enlin, j* l'ai rni» hors de l'atelier...,
C«*t bicarré, il m'sgaçait.

— J* vou» remercie, Pacot, répondit André.

Et en même temp» il réenlendit ce ton négligé avec lé-
sasse! Madeleine lui avait Jeté : e Mon frère me racontera. »
sik 1 oui, Pacot avait Joliment bien fait.

VI

— Alors, o'est pour demain, monsieur André t

— Oui, madame Pacot, demain, k cinq heures du matin.
Hou» avons conduit l'appareil aù champ st nous l avons
ssunisé.

— Et Pacot passera la nuit dsns le hangar ?

■— Non ; 11 y tenait, mais ce n'est pis la peine. Derrière
suie porte solide et bien verrouillée, l'appareil ne craint
rien.

Mu Pacot respirait devant sa porte, avant dîner, l'air
frai» du soir. Bernadette, assise par terre, faisait, avec une
grande attention, couler du sable sur sou brus, tandis que
La petito Joséphine, emprisonnée dans sa chaise, élevait,
droit devant eile, arec oérémoni*, une cuiller de bois.

Depuis que les Paoot étalant arrivés," André, la journée
ssrrainée, venait souvent causer avec *ux. La bonne hu-
meur de Pacot lui au phi tout de suite, et aussi cet intérêt
qu'il prenait k ton Lravail, ne marchandant ni »on temps ai
sa fatigue, k la différence de Rouard qui ne fournissait Ja-
mais que ses heures d'atelier.

Un dlinunche, seul perce que Rouard, depuis qu'il ne '
pouvait plus pécher, Cleit ré^ulioreinent à Paris, André
était entré, par hasard, chez le» Pacot. L'intérieur était ma-,
desle, muis d'une réjouissant* propreté ; U feoinie, aans étr*
coquette, soignait sa personne et sa mise, cornm* elle soi-,
gnait aon logement ; les deux enfants, aimables, ne s'eifa- -
touchèrent pas. Il avait aenti lk un calm* bonheur, trèa difj
ferent des autres bonheurs qu'il avait croisés lur su route, ai"
agitée, ou ti Avantageux, «t il était sorti, ravi do le rencon-
trer si près do sa maison, peul-ùlre inèi'ne un peu créé par
lui, parce qu'U aiait eu. bcauin, un jour, d'un ouvrir ajus-
teur. Un* seconda fois, il était reeté plut lon^ieuips. L*
femme lui avait raconlé tu vie. Pu» plus que Pacot, oit*
n'était de Paris, niais du Soissonmns, de Villers-Uotterets.
OiphcJino k dix-huit ani, et recueillie pur la tante, blanchis-
seuse, dans l'avenue Gambett*, elle avait connu Paeot trois
an» plu» tard. Oh I elle s'était bien renseigné* sur lui, cor-
sa suyc6se ne voulait pas céder, suns réflexion, nu mouve-
ment de son cœur. Pai-ot étmt rangé, économe, n allait prcS-

fju* jamsi» su cabaret ; par exemple, U ne aavaît pas, ainsi
que le disait Rouard, se faire valoir. Alors ils l'étsient ma-
rie*, U y avait de cela six ans, ci jamais Pacot n'avait mérité
un reprocha. Uèxne U ave prenait jamais de décision sans la '
«oosulter, car il prétendait qu'une femme s toujours plu» d*
bon sens qu'un homme. Maintenant, k la campagne, dana
seur petit* maison, svec un patron tel que M. André, ils ne
■ouhaitaient rien d* plus. L» construction de l'acroplan*
passionnait Pscot ; chaque soir 11 en entretenait sa femme.

Elle parlait avec ce jeli sourire, heureux qui avait déjà
frappe André, quand U U saluait k U gare. La simplicité da
ses confidence*, kt doueeur distinguée de M*' Pucot, la
fenlillesiu des «niants avaient, depuis, ramené souvent La
Jatuue homme. Rounrd a* joignait k lui rarement : lié avea
féclusisr, il préférait l'sceompagner k l'estaminet, place da
l'Eglise.

— lit vous avez conliauce, monsieur André ? interrogea
M" Pacot.

— Si f*. n* v» pss demain, dit Pacot qui suivait, ça ira
sxuès-dentain.

C'était se phras* familière.

— Oh I hii, dit M" Paoot, il n'est jamai» découragé.
André avait initaUé tWnadclte sur ses genoux ; la petit»

s* terrait contre lui ; l'autre, jalouse, tendait ses bras dodu».

— Vous voyez, monsieur André, dit M™ Pacot, si la ca-m3
p» . j v leur profite.

hlle relirait do La chaise Joséphine et la dressait en l'air»
La petite remuait se* jtmbes grasses d'où le» chaussette*
roses tombaient ; elle avait de beaux yeux bleus et des jouea
sonde*. , —
s— Ble ne marche pas encore, dit André.

— Ole commence, expliqua la mère. Maia elle a le eora*
tru[> gro» et le* jambe» trop faibles. Et puis, quel appéHf
•Ile a I

Pacot saint l'enfant tout les bras, et, l'appuvunt entra
ses jambes, U la guids. L'enfant levait un pied, te posait d«
travers avec lourdeur, levait l'autre, le balançait, le posait,
d un grand coup, comme pour s emparer de la teir», et

riait, »a robe et son tablier rciitmitant au cou.
~~ 1 %tnvre)*
 
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