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S" Année. — N- 280.

Charlcvillc, le 17 Octobre 1916.

JOURNAL DES PATS OCCUPÉS PARAISSANT QUATRE FOIS PAR SEMAINE
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QUELQUES QUESTIONS

La revue hebdomadaire hollandaise «De Torkoermt»,
paraissant à La Haye, vient de publier le très substantiel
article que voici :

« La question de savoir quel gouvernement devra, à la
fin. porter la responsabilité d'avoir déchaîné la guerre en
i y j 4, trouve, u eat vrai, aa réponte dam le* documenta
officiel!, qui montrent clairement que la jalousie de l'An-
gleterre et, comme conséquence, les efforta qu'elle a fait*
depuis de longue* année», en vue d'isoler l'Allemagne po-
litiquement et commercialement, sont le» vraie» causes de
la guerre.

Mais pour rétablir entièrement h vérité" qui, au début
de la guerre, fut trè* maltraitée par l'Entente, U eat impor-
tant de prouver que ce n'eat paa aux Puissances centrale»
qu'incombe, directement la faute d'avoir provoqué la confla-
gration.

Dans ce but, Je pose les questions suivante* :

i. De quel droit la Serbie entretenait-elle une agitation
politique austrophobe jusque dans la monarchie danu-
bienne ?

a. Est-ce que jamais-un Etat a fomenté sur le territoire
d'un autre Etat des menée* aussi honteuse*, que celles de
La Serbie, en Autriche-Hongrie r

3. Le conflit austro-serbe était-il vraiment un conflit
spécifique au*tro-aerbe ?

4. En vertu de quel droit la Bussie s'ingéra-l-elle dans
le conflit, finon en vertu de celui qui résultait d'efforta
militaires, droit que la presse française elle-même con-
damna si sévèrement r

5. De quoi droit et dans quelle intention la Russie mo:
ln!i-a-l-e!le contre l'Autriche et l'Allemagne ? -

6. Est-ce que»'}* victime d'un attentat peut "accepter qu*
le procè* aoit souÉli* i un tribunal d'arbitrage r

f. Comment'juger au point de vue inoral l'attitude de*
gnfîvernemeiiïf anglais et françal* qui ae rangèrent tou*
deux du côleWe la Russie ?

8 Pourquoi, dans le conflit au»tro~*erbe, I* France **
l'Angleterre ne ae aont-eîle* pas rangée* immédiatement
du côté de l'Autriche, alors qu'en 1909 elles avaient déjà
condamné l'altitude deJa Serbie ?

9. Pourquoi la Russie mobil»ait-elfe déjà le 34 juillet,
jour ou VAutriche-Hongrie envoya l'ultimatum a la Ser-
bie ? (Livre bleu anglais n*6.) - _

10. Pourquoi le ministre russe Sassonoff demanda-t-ÏI
le a4 iuillct déjà, à l'ambassade française, en présence de
l'amtîamdeur anglais, si la France tiendrait ses engage-
ments d'alliée et si l'Angleterre voulait promettre aon
appui efficace ?

11. Pourquoi Sas&onofï déclara-t-il le a5 juillet à l'am-
bassadeur d'AnglLlerre que la Kuesie était décidée à pren-
dre sur eJlele risque de la guerre, lî elle était sûre de l'ap-
pui de la France ? (Lhre bleu angla.? n" 17.)

13. Pourquoi Sassonoff exigea-t-il une promesse défi-
nitive de l'Angleterre (Livre bleu anglais n* 17). bien que
l'ambawadeur d'Angleterre à Saint Télersbourg eftt formel-
lement mil en garde Sassonoff, en lui représentant que
ceci ne ferait qu'augmenter les possibilités d'une guerre ?
(Livre bleu anglais n" 440

iS. Pourquoi le premier Lord de l'Amirauté doflna-l-il
le ai juillet aux escadres anglaises rassemblées pour les
manœuvres, l'ordre de ne pas ae séparer et pouiquoi Grey
donna t-il le 37 juillet officiellem/nt connaissance de cet
ordre aux gouvernements russe et fiançais P .

14. Pourquoi la France n'a-t-elle paa tenté un seul essai
d'opérer une pression aur la Russie, en lui conseillant la
modération, bien que l'ambassadeur d'Allemagne à Paris

eût, à plusieurs reprises, prié de le faire } (Livre jaune fran-
çais n™ 66, 67 et 85.)

15. Pourquoi la France a-t-ello tourné en dérision»
toutes les tentatives de l'ambassadeur d'Allemagne, en fai-
sant la remarque que celles-ci n'étaient faites que* dans 1*
but de séparer la France do la Russie, tandis que la France,
eu même temps, priait l'Allemagne de conseiller la niodé-.
ration au gouvernement austro-hongrois ?

16. Pourquoi la Russie donna-t-elle l'ordre de mobili-
sation générale juste au moment ou l'Autriche manifestait
son désir de traiter directement avec la Rustic ?

17. Pourquoi le livre orange russe passe-t-il- entièrement
aous silence l'attitude conciliante, adoptée par le gouver-
nement austro-hongrois ?

18. Pourquoi la Russie, en donnant l'ordre de mobili-
sation, n'invoqua-t-elle aucune raison et pourquoi les mo-
tifs furent-ils communiqués seulement plus tard, lora de
la publication de cet ordreK aux ambassadeurs de l'En-
tente ?

19. Pourquoi le Chef de l'Etal-mnjor russe u-; i' le 37
et le a8 juillet, affirmé à l'attaché militaire allemand à
Saint-Pétersbourg, sur parole d'honneur, que les mesure*
militaire* prises étaient uniquement dirigées contre la

'Monarchie austro-hongroise (Livre jaune français n" 103)
et pourquoi invoqua-l-il, dans le rapport cité au n* 18 et
adreasé aux ambassadeurs français et anglais, comme pré-
texte dê la mobilisation générale, des mesures militaire*
que l'Allemagne était censée avoir prises déjà depuis plu-
sieurs jours (36 juillet) ) (Livre jaune français n" 118.)

30. Pourquoi le • gouvernement russe n'a-t-it demandé
ni à l'ambassadeur d'Allemagne ni à l'Empereur d'Alle-
magne des explications concernant cette prétendue
mobilisation allemande dont i> disait avoir des preuves P

II. Peut-on expliquer l'ordre de mobilisation générale
russe d'une autre manière que par le désir du parti mîli-
taire de faire un piu décitif pour provoquer sûrement la
catastrophe à un moment où l'Autriche-Hongrie se mon-
trait conciliante et par conséquent paraissait vouloir évil«r
la guerre ? *

33. Pourquoi Grcy ne comprit-il pas que la mobilisa-
tion de l'armée russe ne.pouvait être admise par l'Allema-
gne, tandis qu'au contraire l'ambassadeur d'Angleterre à
Saiut-Pélersbourg le comprit très bien et mit Grcy au cou-
rant de ses opinions P

a3. Pourquoi la France et l'Angleterre n'ont-elles fait
aucune objection au gouvernement rus»e, lorsqu'elles eu-
rent eonnmaiBU_dt l'ordre de moùiUafliiùn générale, jusl4
mu moment où Grey soumettait Un nouveau projet de mé-
diation et où l'Autriche, sur Ïf4 représentation* ura,santes
de l'AUemalgne, s'était déclarée prête à négocier directement
avec Satrît-Péters^burg T

a4. Pourquoi Grcy insisla-t-ii auprès de l'Allemagne
aur la cessation des préparatifs militaires, bien que von
Jagow représentât à l'ambassadeur d'Angleterre le danger,
intolérable pour l'Allemagne, de la mobilisation générale
russe, danger dont 1 évidence n'échappera à personne P

aâ. Pourquoi trouve-t-on dans l'édition originale du
Livre bleu anglais (parue le 6 août 1914 comme Livre
blanc), comme date d'un rapport le- ao juillet, alors qu'on
lit dans le texte « hier vendredi », ce qui est en désaccord,
— et pourquoi, dans la deuxième édition, a-t-on supprimé
aussi bien la date que le mot « vendredi]) ?

a6. Pouiquoi la falsification dont ou parle au n* so,
ainsi qu'une autre, du même genre, dans le Livra jaune
français, ont-elles été faite», sinon^jpans le but de créer l'ap-
parence que c'est l'Allemagne qui aurait commis le premier
acte agressif contre la France P (L'inexactitude d'autres rap-
ports parus dans le Livre jaune a été également démon-
trée.) . *
, 37. Pourquoi eat-il, au point de vue technique, a abso-
lument impossible d'arrêter une mobilisation commencée»
comme le Tsar le prétendit dans son télégramme à l'Em-
pereur d'Allemagne ?

FEUILLBTON DE La tGAZBIlh DUS AttDKNNBS* i

LE

« LE

Par Pierre Macl.

PREMIERE PARTIE.

— Je le devine, amiral. Qui donc, à votre place t*

Cul le» officiers, me* anciens camarades, qui vous en-
tnt, n'éprouverait pas la. même angoisse ? Or, votre
impuissance eat malheureusement absolue. Nous ne pouvez
•ortir de Brest. Une première escadre anglaise, de dix-huit
TaUseaux, croise dans l'Iroue ; une seconde, de doute au-
tre» v»i»»eaux, remonte de RocIkIoiI ; c'est elle qui vient
d'incendier Bordeaux et de bombarder buyonne.

. _ Beves-Youa donc cela d'une manière certaine P

«'exclama l'amiral.

_ Oui, amiral, comme je sais où se trouve présente-
ment noir* division des Antilles

_ Vraiment P On donc est-elle, selon vous P

_ j; moitié route, entre la Guadeloupe et le» Canarin,

ou U guette une autre escadre anglaise. Nos voisins ont
dégarni leur* Ho* américaines que, par un traite secret,
signé avant hier, Us oal cédées aux Etats-Uni». Hais, en
mémo temps, ils ont mi» la main sur l'archipel espjgnol,
«t huit vaisseaux sont mouillés de*ant Las Palmes.

— Bu vérité, — s'écria l'amiral au coml !e de la itu-
peur, — voilà d'étrange» nouvelles ! De qui les ton et vous P

— De aaet-snême. amiral, ■ répondit paisiblement
Jeumoat. — Je viens en droite ligne de Mudére. J'ai tra-
versé Ua doux escadre* anglaises qui évoluaient sûr la côte
espagnole; J'ai vu la nôtre appjn'il|er dans le golfe du
Mexique.

— Yoyesss, — fit le vieii officier, les sourcils froncés, —
vous voue trompez P Çchi n'est pas possible ! >i

a8. Pourquoi Grcy trouve-Ml insuffisante l'offre du
gouvernement allemand, offre qui fut en partie lépétée,
même une seconde fois, et qui disait : i° vouloir respecter
la neutralité belge ; a0 ne voulo.r annexer aucun territoire
français, jii en Europe, ni au dehors de l'Europe ?

ay. Pouiquoi Grcy ref01*4-11 d'indiquer le» conditions,
•OUI lesquelles l'Angleterre était prête à observer la neu-
tralité P

_ 3o. Pouiquoi Grey, aussi bien au conseil des ministre»
qu'à ta séance du Parlement, pn*so-t-iI sous filence le»
offre» faites par l'Allemagne p Pourquoi eut-il recours plu»
tard à t'excuse (Livre bleu angine n° taî) — mise au pilori
par Bernard Shaw — qu'il considérait les offres comme
avant été faites par Pambasiedeur d'Allemagne von Lich-,
nowsky personnellement, mais non point au nom du gou-
ve me ment ? _ ' ■

3i. Pourquoi le Livre bleu anglais pa»sc-t-il entière-
ment soub silence les autres offies, faites par le gouver:
nement allemand, lesquelles se trouvent même dans la
Livre jaune français (au n° i44) P

3a. Ne résultc-t-il-pas de la promesse faite pair l'Angle-,
teire à la France le 3 août et confirmée le jour suivant,
que l'Angleterre secourrait la France au ce» où la flotte
allemande attaquerait la côte française (Livre jaune n" i43
et Livre bleu anglais n* 1*58) parie que l'Angleterre se con-
sidérait comme déjil liée à la France par suite de l'accord
méditerranéen, quoique Grey assurât officiellement n'être
engagé par aucun accord ?

33. En examinant les question» précédentes, peut-on
"encore prétendre que la violation de la neutralité belge, qui
eut Heu le h août, est la véritable roijo.a de la participation
de l'Angleterre a la guerre ?

En pesant ces questions et encore un nombre d'autre*
points qui viennent h l'esprit de celui qui s'adonne à
une élude sérieuse des rapports officiels, ainsi#que de ceux
qui furent trouvés en Belgique et enfin des différentes dé-
clarations des hommes d'Etat, il est possible de for-
muler un Jugeaient sur le question de savoir : quels «ont
les politiciens responsables du déchaînement de la guerre
et quelle part de responsabilité p"ese sur le» différente»
épaules. »

BULLETINS OFFICIELS ALLEMANDS

- Grand Quartier général, lo 15 octobre 1916.
Théâtre de la guerre à l'Ouest.
Groupe d'armée du Kronprinz Rupprecht de Bavière.

Puissante lutte d'artillerie, de part et d'autre de la Somme;
elle s'étendit vers le Nord jusqu'au ùela de l'Ancre et at-
teignit la plus grande intensité entre Courcelelte et Ran-
rjQiirt, ainsi que sur le front de Barleux—Ablaincourt. De*
attaques anglaises aboutirent au Nord da Thiepvarau corps
à corps dans nosjignes. A un endroit l'ennemi a pris pied ;
partout ailleurs il est rejeté avec les plus graves pertes-
Dans la région de Lesboeufs l'adversaire fut repoussé.

Le» Français attaquèrent entre Barleux et Ablaincourt ;
II» ont pris pied dans le village et dan» la sucrerie.de Gener-
mont; à part cela ils furent repoussés. La partie Sud d'Ab-
laincourt est en notre possession.

Groupe d'armée da^Kronprtnz allemand. .

A l'Est de la Meuse le feu d'artillerie ae renforça par

moments.

w Théâtre de la guerre à l'Est.

Au front à l'Ouest de Luck l'activité de combat •'est
maintenue vi\e. Un puissant feu d'artillerie qui s'étendit
au front de Siniawka (su Stochod) jusqu'à l'Est de Go-
roc h ow environ, inaugura des attaques russes qui se bor-
nèrent, hier, au terrain boisé au Sud de Zaturcy et à 1*
région de Bubnow et furent repousâées.

Un sourire glissa »ur les lèvre* de Philippe de Jeumont

qui répondit :

— Cela est tellement possible, amiral, que je viens voue
offrir de porter moi-même à In division menacée tel avis ou
tel ordre qu'il vous plaira de me donner.

11 se fit un profond silence. L'amiral marchait à paa
saccadés dans l'étroit réduit. Les officiers gardaient le si-
lence, se considérant' avec stupeur. Jeumont restait impas-
sible, sttejidaiil la réponse.

« Mon cher, — dit enfin 1* vieux chef, — vous parka
avec trop d'assurance pour que je veuille mettre en doute
vos affirmations. Mais, en vérité, je crois rêver. Comment
pourriei-vous franchir seul le aone d'investissement, al
noua ne le pouvons pas, nous, avec le* dix Taitseaux dont
nous disposons P

— Comme je l'ai franchie pour venir à voua, amiral.
Vous êtes à la surface de l'eau, surveillé» par des force*
triples en nombrv, observés par cet oiseau de malheur qui
plane depuis hier sur no» cotes. Moi, je passe dessous et
J'entre où je veux, »

Pour le coup, la curiosité surexcitée de l'auditoire attei-
gnit son paroxysme.

u Pré tend riez-vous donc, — s'écria M. de Kervéuan,
disposer d'un sous-marin supérieur i ceux que nom possé-
dons ? Nous avons le a Français u, I* « Algérien t, U « Gym-
note » et bien d'sutres. Mais, lu.11 qui3 nous comptions en
tirer parti, les expériences concluantes sont encore à faire.
La guerre nous a pm littéralement au dépourvu.

— Pas moi, — répondit le jeune homme, dont lea^yeux
brillèrent de fierté. — Mon »oua-marin »e nomme le » Ven-
geur u. Voici un ao que je navigue à son bord. J'ai pénétré
trois fois avec lui djiis 1^ rade de Spithead ; j'ai -visité Dou-
rres, Folkcstone, l'embouchure de la Severn, de l'Humber,
du Shunnon J'en sais les passes, et je connais, à fond, e'eat
te cas de le diie, nmi u la routd des Cygnes », comme l'appe-
laient les Normands, m.ns celle des Grands Squales. Voilà
pourquoi je puis sorti r du Goulet ou y rentrer à mi* fantai-
sie, et porter vos avis à nos frère», encore dan» l'ignorance
de la félonie que l'Angleterre vient d^ commettre.

— Des preuves ? fit vivement l'amiral. — Je veux des

us les fournir tout de lutte, amiral Le
touillé sous une roohe de» Tas-de-Poi».

i !

! Vengeur

Entre tes ligne* menant de Pluchow et de Rohatyn à
Tarnopol et à 1s Narajowka l'activité augmenta également
Dans les Carpathes nous avons repria le sommet du Smotreo
perdu le 31 septembre. Dan» le secteur d* Kirlibaba de*
troupes austro-hongroises remportèrent d«s avantage» dan*
l'attaque et firent prisonniers 444 hommes.

En Transylvanie,

Sur le front Est combats avantageux avec des arrière*
garde» ennemies. Dans les cols-frontière d« la région de
Burzy aucun changement essentiel.

Des deux côtés du col de Szarduk des attaques roumaine*
furent repouaaéea. L'adversaire est de nouveau chassé de la
partie de la crête, où il avait pris pied avant-hier.

Théâtre de la guerre aux Balkans. j
Groupe d'armée du feldmar^chal von Mackcnsen.
Aucun changement.

Front de Macédoine,
De* fortes attaques ennemies ont échoué à l'Ouest de la
ligne de Monastir-Elorina ; des tentatives d'attaque à l'Est
de la ligne furent repoussée*. Dan» l'arc de i» Cerna le*
eombat* continuent »»n» changement de situation.

Grand Quartier gênerai, le 16 octobre 1916.
Groupe d'armée du Kronprinz Rupprecht de Baviirt,
Dan» la région de combat de la Somme l'activité de* aiv
tllleriea se maintint vive toute la journée . Au Nord-Est de
Gueudecourt une poussée anglaise pénétra sur une petite
largeur dans notre première tranchée, qui fut de nouveau
complètement reprise par contre-poussée. Les Français atta-i
quèrent, le matin et le soir, nos positions à l'Ouest de
Sailly et furent repoussé» ; au Sud-Ouest du village, par
une alerte contre-poussée.

Groupe, d'armée du Kronprinz allemand.
Don» le* Argonne* et sur les deux rives de la Meute le

feu d'artillerie reprit par intermittence.

Thédtre de la guerre à l'Est.
Front da feldmaréchal Prince Léopold de Bavière.
A l'Uuv'-t de. Luck, dans le secteur de Zubïno-Zaturcy,
de forte» attaques, préparées par un violent feu d'artillerie,
s'effondrèrent avec de lourdes perte* pour l'ennemi:

De» attaque* partielles au Sud de la ligne de Brody—
Lemberg et dan» le* bas-fonds de la Graberka échouèrent
également.

D'importante» force» russes furent engagées dans une
vaine attaque en colonnes profondes, à la Najarowka, entre
Lipnica-Doina et Skomorochy ; ici aussi nous avons pu in-
fliger à l'ennemi de lourdes pertes.

Front du général de cavalerie Archiduc Chartes.

Dan3 les Carpathes des bataillons allemands, élargissant
leur succès au Smolrec, repoussèrent des contre-attaques et
firent prisonniers 3 officiers 38i hommes. Au D. Coinan
de* troupes bavaroises prirent d'assaut-plusieurs tranchée*
m s es.

A l'Est de Kirlibaba des contre-poussées russes ont été
rejetées lors des opérations offensives de régiments austro-
hongrois. Le chiffre des prisonniers dépasse 1000.

Au Sud-Est de Dorna Watra le» troupe» alliées refou*
lèrent l'adversaire au delà de la vallée de la Neagra.

ha Transylvanie
les combat» continuent à la frontière roumaine.

rhédfre de la guerre aux Balkans.
Groupe d'armée du feldmaréchal î on Muckcnsen.
Aucun changement de situation.

Front de Macédoine.

Dan» le secteur d* la Cerna, des deux coté» de Brod, dea
attaque» violente» de troupes serbes, répétée* dana la nuit,
restèrent aana succea ; de» attaques partielles prè» de
Orunisto et au Nord de la Nidae Planina furent repoussée,
avec des perte* considérable» pour l'ennemi.

Dan» vingt minute», il fera nuit et les vigies de l'aérostat ne
distingueront plu» rien d* vos mouvements. Voua platt-il de
venir jusqu'au point que je vous ai signalé ? Je vous ferai
le* honneurs de mon sous-marin et je partirai emportant
vos ordre». Ma vitesse est de 3a nœud» à la turface ; de ai
aous l'eau. Dans quatt* jour», au plu» tard, la division de*
Antilles sera prévenue. »

Une foi» encore, une certaine hésitation se produisit.

Puis l'amiral, tendant les deux mains à l'ancien officier,
kii dit d'une voix tremblante d'émotion :

u Jeumont, ce que voub allez faire, comme ce que vous
ave» déjà fait pour la patrie, vous met au premiur rang de*
vrai» héros. Je suis heureux de vous féliciter publiquement,
devant vos anciens frères d'srmus, et pour vous prouver
non eetûue et ma confiance, je vais m* rendre avec voua
Jusqu'à votre bateau merveilleux. Là, Je vous donnerai U*
ordres que vous demandée, u

Il eat nuit. La mer est calme. Au large, le» vaisseaux
anglais »e laissent bercer par la molle ondulation des va-
gues. Sous la blsnchs lumière de le lune, ib> profilent leur»
pesantes mUee* de fer, toujours sous pression, car il n'y
s pas de mouillage sûr eu cette région et il faut »e tenir
prêt à tout I-es Français sont gen» d'audace, et U n'y aurait
rien d'nxvpoesible à' ce que, brusquement, les as<Fégés de
Brest tentassent une «ortie à la faveur des ténèbre*,

Or, ils savent combien oette marine, inférieure en nom-
bre, est redoutable par la inpérierrté de *x$ officiers et da
•ca équipages. 1!b savent qu'imlépi'aHamiiient d- -. gardes-
cotes, des cuirassé* et des croiseuis, le prémter port du
.Nord de la France contient un nombre rcwpaettbla d* tor-
pilleur», que ceux-ci sont placés sous les ordres de com-
mandants dont rintenigeuce et la vaitlaoce sont à toute
épreuve et que, |lialgré leurs projet leurs puissent» et la
gnbe de rayon* qu'ils lancent stu- U surface paisible, les
géants de la ruer peuvent lira uns eu défaut, qu'un* »*ul*
torpille suffit s aa^jntù' l'œuvre dti trois ans de travail
dans les chanlieis _nariti;nee, quarante nrllions et la vie
de huit cent» niurin».

Ce n'est paa tout. Il» savenl, eu outre, que la France
possède un engin terrifiant, tes terrible* "ousiiiarini
dont ou affectait de rire de l'autre coté du détroit ; qu'elle

'«n a présentement trente parés dans se» divert ports «t vingt
autre* en construction.

Aussi s* tiennent-ils aur leur» garde», car le soin de leur
conservation exige qu'ils^ demeurent à des niveaux qui

"permettent l'évolution rapide des énormes masse» mou-
rantes, en même temps que la profondeur minime s'oppose
à l'arrivée inopinée des invisibles assaillants.

Dan» le ciel, au-dessus ds leurs mêla, au-dessus de l'im*
mense nappe glauque, •« balance le feu rouge du ballon,
l'astre sanglant d* oette guerre sournoise et perfide. Il eat
là, l'aérostat vigilant qui les informe d* tous les mouve-
ments de -leurs ennemis à terre. Mais, en ee moment, au
sein de ce* ténèbre* épaisse», l'œil de la machine de proie
n'a plus le regard assez puissant pour percer l'opaque man-
teau de la nuit, et le» vaisseaux sont réduit» à leurs seules
forces.

Ah 1 si le» prunelles avaient le pouvoir de sonder
l'abîme, elle» apercevraient, au-dessous de la flottaison dts}
cuirassé» et de» c-roiieuri, quelque chose qui chemine dana
l'ombre, une masse d'acier et de iule, un gigantesque poi*V
son de métal, teuaat l'eau à cinq métrés de profondeur et
. mouvant cireulalrement se* quatre hélices, à la façon d'un
Jeu de turbines.

Cett masse de fer, ce monstrueux poision, c'est le
«Vengeur» du jeune «t hardi comsnandsnt Philippe dv
Jeumont.

U marche, non i l'aveuglette, mais en se guidant t
l'aide de quatre longue» antennes flexibles qui, au moindtia
choc, préviennent, par une sonnerie électrique et uae aU
guiltc pivotant »ur un cadran, le» sombres navigateurs enr
fermés dan» l'étroite coque mobile. Il» connaissent «niil
les ohstHclcs et peuvent mesurer leur route jusqu'à molaa
de deux mètres des grands fonds. En même temps, ce*|.
fonds leur sont révélés par des sondes traînantes, également
munies de fils conducteurs. De puissant» projecteur» lancent
alors, à travers des lentilles appropriée», de» jet» de lueuES
éclairant le» paroi» rocheuse* ou les bancs de sable. D**]
• mie l'obstacle est signalé, les caisses à air du sons-nwna-
■ emplissent, pendant que le* emmes d'eau »e vident. Dca]
poids retenus au niveau de la quille se déolancheiit et den
cendent à la façon d'une ancra, et le navire invisible m
monte tout entier à la surface. ■

(A suivre.)
 
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