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-Année. — N« 313.

Tirage : 140,000 Kxetapla

Charleville, le 14 Décembre 1916;

JOURNAL DBS PAYS OCCUPÉS PARAISSANT QUATRE FOIS FAR SEMAINE
Ou s'abonne dans tous les bureaux de poste

LE PREMIER PAS VERS LA PAIX

DISGODBS PRONONCÉ Pffl LE CHANCELIER DE L'EMPIRE,

M. de BETHMANN-HOLLWEG,

le (2 Décembre 1916, à la Séance du Reichstag.

Messieurs,

C'est dans l'espoir que de nouveaux événements militaires favorables ne tarderaient pas
*t se produire, que Je Reichstag n'a pas été ajourné pour une longue période, mais que votre prési-
dent a été autorisé à fixer la date delà prochaine séance plémère. Cet espoir s'est réalisé plus
vite qu'on ne pouvait s'y attendre. Je serai bref. Les actes parlent :

L'entré» en guerre de la Roumanie devait amener l'effondrement de notre position et de
celle tle nos Alliés dans l'Est. En même temps la grande offensive sur la Somme devait percer
notre front occidental, tandis que de nouveaux assauts italiens paralyseraient l'Autriclie-Hongrie.

La situation était sérieuse. Mais, avec l'aide de Dieu, nos maguiBques troupes ont créé un
état de choses qui nous donne une sécurité plus grandi et plus complète que jamais. Le Iront
"occidental tient terme. Bien plus : maigri la campagne roumaine, il a été renforcé et s'appuie
ûujourd'bui sur des réserves en hommes et en matériel plus grandes que jamais.

Les mesures les plus vigoureuses ont été prises contre toutes les diversions italiennes.
Et tandis qu'à la Somme et sur le Karst (Carso). tonnait le feu roulant, pendant que les
RustM eaeeiUeient la. frontière orientale de Tunejiwnie, le teldmaréobal Hindeoburg, avec
sou génie stratégique sans' pareil et de6 troupes, dont l'héroïsme au combat et l'endurance
à la marche ont réalisé l'iuipoetible, rivalisant de vaillance entre Alliée, s'eet emparé de toute
la Vslacaie occidentale et de la capitale ennemie. Et llindeeburg agit sans relâche. Les opérations
militaires continuent. " - ' f ' "fl*S,**™*'^™*r

Les coups portés par notre épée ont en même temps élargi et mieux assuré nos ressources-
éceeoeiiques. De grands stocks jie vivres, de céréales, de pétrole et d'autres matières utiles sont
tombés entre nos mains en Roumanie, et l'on est en train de les transporter i lear d9stinatioi.

Nos propre* reesesrces, bien que restreintes, «ous auraient suS. Maintenant notre
sécurité économique est, e'de aussi, absolument hors de doute.

Sur nier, les exploits héroïques de nos sous-marins ne sont pas moins remarquables que
les grands événemenls siir'terro. Le spectre de la famine, dont" nos ennemis-nous ont menacés,
c'est conlre eux mêmes qu'il se dresse aujourd'hui implacablement.

A la'fin de la première année de guerre, Messieurs, S. M. l'Empereur disait dans son
manilcsle au peuple allemand : « Vivre de grandes clioses, rend le cœur de l'homme pieusement
riteki. »

Jamais noire Empereur, jamais notre peuple n'eurent un autre sentiment. Ils pensent de
r»6me aujourd'hui. Une stratégie géniale et l'héroïsme inouï de nos soldats ont créé des réalités
d'airain. Nos ennemis escomptaient notre lassitude intérieure; sur ce point encore ils se sont
trompqs.

Pendant que la guerre bat sou plein, le Reichstag vient de contribuer à ériger, sous forme
du service auxiliaire pour la Patrie, une nouvelle organisation de défense et d'attaque. Derrière
l'armée combattante te peuple travailleur est debout! L'énergie formidable de ta nation entière est
tendue vert le bal unique et commun.

Non, l'Empire ulleinand n'est pas la forteresse assiégée qu'auraient voulu en iaire ses
ennemis; il est un vaste camp d'armées, formidable et bien organisé, disposant de ressources
inépuisables, lort de ses fidèles alliances avec ses frères d'armes aguerris sous les drapeaux
ûustro-tiongrois, tares et bulgares!

Sans nous laisser troubler par les discours de nos ennemis, qui parlent tantôt de nos
prétendus desseins de domination mondiale et tantôt de notre « désespoir implorant la p'aix »,
nous avons suivi et nous continuerons à suivre notre chemin d'un pas terme, toujours décidés à
nous défendre et à nous battre pour l'existence de notre peuple, pour son avenir libre et aisuré,
mais fréta à tout instant à tendre la main pour conclure une ]xiix à ce prix. Car notre force ne
nous rend pas sourds aux responsabilités vis-à-vis de Dieu, de notre peuple et de l'humanité.

Nos idvi i saires ont esquivé nos déclarations chaque fois que nous nous disions prêts à
faire la paix. Aujourd'hui nous avons tait un pas de plus.

Le 1" août 1914 la constitution a fait peser sur S. M. l'Empereur en personne toute la
décision la plus grave que jamais Allemand ait dû prendre : l'ordre de mobilisation, que lui
arracha la mobilisation russe.

Durant cm Longues et pénibles années de guerre l'Empereur n'a eu qu'une pensée: rendre la
paix à une Allemagne dont l'existence serait pleinemeut assurée après une lutte victorieuse. Per-
sonne ne saurait mieux en témoigner que moi qui porle la responsabilité de tous les actes gouver-
nementaux. Pénétré du profond sentiuii'iit de son devoir moral et religieux envers son peuple et
l'humanité entière, l'Empereur eslime que le moment est venu de piendre l'initiative d'une action
eflicielle pour lu paix. C'est pourquoi Sa Majesté a décidé, en plsin accord et eu
sommiin avec ses grands Alliés, de proposer aux Puisaanoes ennemies û'enta-
mer das négociations de piilx

Messieurs, j'ui remis ce matin aux .représentants des Puissances qui sauvegardent nos
droils dans les pays ennemis, — savoir les représentants de l'Espagne, des Euts Unis d'Amérique
et de la Suisse — une note adressée à toutes les Puissances ennemies, en les priant de la leur
remettre. Ou agit de mèm. aujourd'hui à Vienne, à Conslantinople et à Solia. Les autres Etats
neutres cl Sa Sainteté le Pape sont également avisés de notre démarche.
Cette note est ainsi conçue :'

<• IÂ guerre ta plus formidable que l'histoire ait connue ravage depuis deux uns etdemi une
gran 'c parue du monde. Cette catastrophe, que les liens d'une civiluiUion commune et plus que
miltunâArc n'ont pu arrêter, trappe l'Humanité dans son patrimoine le plus piécicux. Elle
men.iee d'ensevelir sous ses ruines te progrès moral et matériel, dont l'Europe s'enorgueillissait à
l'aube du vingtième siècle.

Dans cette lutte, l'Allemagne et s»9 alliés : l'Autriche-Hongrie, la Bul-'
garie et la Turquie, on fait preuve de leur force indestructible, en remportant
des succès considérables sur des adversaires supérieurs en nombre et en
matériel de guerre. Leurs lignes inébranlables résistent aux attaques incessantes des armées
de leurs ennemis. La récente diversion dans les Balkans a été rapidement et victorieusement con-
trecarrée. Les derniers événements oi\t démontré que la continuation de la guerre ne saurait briser'
leur force de résistance. La situation générale les autorise bien plutôt à espérer de nouveaux'
succès.

C'est pour défendre leur existence et la liberté de leur développement
national g, ne les quatres Puissances alliées ont été contraintes à prendre les
armes. Les exploits de leurs armées n'y ont rien changé. Pas un seul instant
elles ne se sont départies de la conviction que le respeet des droits .des autres
nations n'est nullement incompatible avec leurs propres droits et intérêts
légitimes. Elles ne cherchent pas à écraser on à rnéantir leurs adversaires.
Conscientes de leur force militaire et économique, et prêtes, s'il le tant, à
continuer jusqu'au bout la lutte qui leur est imposée, mais animées en même
temps du désir d'arrêter le ilôt de sang et de mettre fin aux horreurs de la
guerre, les quatre Puissances alliées proposent d'entrer, dès a présent, en
négociations de paix.

Elles sont persuadées que les propositions qu'elles y apporteraient et
. qui viseraient à assurer l'existence, l'honneur et le libre développement de
leurs peuples, seraient propres à servir de base au rétablissement d'une paix
durable. Si, malgré oette offre de paix et de conciliation, la lutte devait continuer, Us quatre
puissances alitées sont déterminées à la conduire jusqu'à une fin victorieuse, en déclinant solen-
nellement toute responsabilité devant l'Humanité et l'Histoire.

Le fauvrrnenmvt unpirialtl'hontieur de prier par l'obligeante entremise de votre sZxeellmce

le gouvernement ....---- de voutotr bien transmettre la présent» tMimuintien eu §eu-

vernement........» • ■

Ueesiesr», a» Mois «"aott 1914 nos adversaires soulevèrent la «question de puissmse*" qu'est

la guerre mondiale. Aujourdlbai*nous soulevons la question humaine de la paix ! I*a ïèponse de
nos ennemis, nous l'attendons avec le calme que nous tiennent notre lorce niiwi»ar* et exté-
rieure et notre pure conscience.

Ri noe tdfersairee refusent, s'ils veulent prendre sur eux le poids, grand eemme un
monde, de toutes le» horreurs qui s'ensuivront, le cœur allemand sentira renaître alors, jusque
dus la plus humble chaumière, ta flamme d'une sainte colère contre ces ennemis petueast lemrs
desseiis de conquête et d'anéamisMssent jusqu'au refus d'arrêter l'hécatombe huauuite 1

Dans oette grande heure de dwfin nous avons pris une grande décision. Celte etewien est-
impMgnôe du sang des centaines de milliers de nos fils et de nos frères, qai ont sucriâé leurs vies
pourla sécurité de la Patrie.

Dans cette guerre des peuples, qui a révélé d'une façon inconnue jusqu'ici, les aires
horreurs de la lerre, mais aussi toute la grandeur du courage et de la volonté doet ftseeiiie est
capable, rinlelligenet et la mai» humaine ne sauraient atteindre aux choses suprêmes. Dieu
jugera I .

Nous voulons suivre notre chemin, la tête haute et sans peur, décidés à continuer lu lutte,
mais prêts à faire la paix !

L'ADRESSE AU PAPE

Voici le texta de la lettre adressée à S. E. le Cardinal-Secrétaire. d'Ët'at pour le prier d» remettre k

S. S. le PupH la note des Puissances Centrales :

« D'ordre-dê mon gouvernement, j'ai l'honneur de transmettre à votre Eminence ta copie d-joivjê
d'une commun ication dont le Chancelier de l'Empiré- fait part aujourd'hui aux gouvernements des paip dut
tant en nueire avec l'Allemagne, par l'entremise des Puissances chargées de la protection des intérêts sfis*'
- rnaml» et dans laquelle le gouvernement impérial se-déclare prit à entrer en négociations de paix. Le §oucer-[
nement impérial et royal d'Autriche-Hongrie, le gouvernement impérial ottoman et le gouvernement royal dê
Bulgarie ont fait une dHiarclw analogue. Les raisons oui ont guidé l'Allemagne et ses alliés sont claires.' -
Dcpùïs deux ans et demi, une guerre terrible ravage l'Europe. Des œuvres de civilisation sans nemire ont
été détruites, de vastes régions ont été inondées de sang, des millions de braves soldats ont péri sur la tkamips*'
de bataille, des millions sont rentré* dans leur patrie mutilés et infirmes. Il n'y a guère une famille qu^
n'ait été plongée en deuil. Les conséquences désastreuses de cette terrible lutte pèsent lourdement nsrn seulement-
sur les belligérants, mais aussi sur les neutres, Le développement du commerce et de l'industrie, frmi du,
travail des peuples en temps de paix, est arrêté et compromis. Les meilleures énergies des nations ont ét£,
accaparées par la gunre, au détriment de la production dans tous les domaines de notre activité. L'Europe
qui s'appliquait jadis à propager la religion et la civilisation, qui chercliait à trouver la solution de prx^
oléines sociaux,.l'Europe, cadre de la science et des arts, ressemble aujourd'hui à un grand tmsnf mlHtaire,]
oà l'œuvre de longues années va être détruite.

L'Allemagne mène une guerre de défense contre set ennemis qui poursuivenfe
le but de l'anéantir. Klle combat pour assmrer l'intégrité de ses frontières et la
liberté du peuple allemand, pour le droit qu'il réclame d'employer librement ses
énergies intellectuelles et ècos.omiquea dans un concours pacifique et sur le pie*
d'égalité avec les autres nations.

De plus en plus se mainfenteut les projets de conquête de nos ennemis, mats tous leurs efforts n'ont pu
ébranler les armées ttfrofyues des alités qui protègent les frontières de leurs pays, fortes de la contnzimn què
jdtnais l'ennemi ne paivwndj* u bisser mer murde fer. Ceux qui combattent sur le front savent qu'île sont
appuyés par la natxun tout entière, animée d'un amoicr de la patrie prêt aux plus grand* sacrifices et décidée
à défendre jusqu'à la dernière extrémité le pairtmowe de son travail intellectuel et économique, son #ro/t(ru-
sation sociale et le sol sacré de la pslrte.

Sûrde sa forée, mais voyant devant lui le triste avenir de l'Eurooe eà **tt«,
guerre continue, saisi de pitié devant la misère inouïe de l'Humanité, l'Empirer
allemand, d'aocord avec aaa Alliés, ri-pète solennel*.- ment ce que le Chancelier a fiéji
déclaré, il y a ua an : que l'Alleos-ag-ne est prête à r<. ce au monde la p&isç, en posant
devant le moade entiexr la question, s'il n'y a pas iiw/tm de trouver la base d'un»
extente.

Depuis le premier jour de son pontifient. Sa Sainteté le Pape n'a cessé de montrer de la façon U plus^
'énéreme sa sollicitude pour les vietivte* mneml>raWe's de cette guerre. Elle a atténué tes souffrances et Beiouc*r
l des milliers d'hommig frappes parla teUastrophe. S'inspirant des idées élevées de snn ministère, S*£
Sainteté a sain chaque occasion pour chercher, dans l'intérêt de IBumamlé, à mettre un terme A ta (tu«ts»
sanqleutte. Le gouvernement impérial a la ferme confiance que l'initiative des quatre pwaances trorseara une
accueil bienveillant auprès de Sa Sainteté et que leur œuvre de pau pourra comi'tcr sur i ■ .■■ appui (fsf

Saint-Stige.. a
 
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